N°235 - Petits enfants, grands défis

Mis à jour le samedi 29 août 2015.

Introduction et sommaire du dossier

Celui qui a été à l’initiative du Mouvement ATD Quart Monde, dès sa création en 1957, a ouvert, dans le bidonville de Noisy-le-Grand, un jardin d’enfants pour les petits enfants afin que leurs mamans puissent souffler, «  pour qu’elles soient moins fatiguées  ». C’était un acte inattendu de la part d’un prêtre, et dont la justification en surprit plus d’un. C’était cependant un acte réfléchi. Joseph Wresinski, s’opposant fortement aux discours ambiants, développait alors une pensée originale sur le sens de l’enfant, sur le sens d’une naissance en milieu pauvre : «  Valeur gardée, la seule peut-être qui permette à l’homme dans la misère de se sauver ». Il n’éludait pas pour autant les questions de la qualité de vie de l’enfant dans sa famille. Il posait à sa façon et modestement la question de l’aide à la parentalité. Il s’agissait, pour beaucoup d’entre eux, de parents ayant eu des difficultés dans leur enfance1.

Dans ce dossier, Catherine Dolto, un demi-siècle plus tard, exprime à son tour les raisons pour lesquelles elle ne croit pas à la fatalité de la misère. Ceux qui se trouvent au creux d’un engrenage qui peut apparaître fatal ont la possibilité, par leurs choix personnels et collectifs, de s’en affranchir. Cependant, rien de magique, mais un travail de terrain quotidien, éclairé par cette conviction profonde.

La parole est ici donnée aux intervenants qui se sont formés au respect et à l’éveil des petits enfants, à la connaissance de leur environnement, par un long compagnonnage avec des familles en grande précarité, en Europe, en Haïti, à Madagascar, en Amérique du Nord. Des responsables de programmes nationaux et internationaux se mobilisent sur le soutien à la parentalité, la valorisation de la langue maternelle, l’accueil dans les crèches ou les classes maternelles dès deux ans, le suivi médical, les solutions alternatives aux placements, etc.

Des expériences et pratiques alternatives « marchent », comme Loczy, Montessori, qui ont été évaluées sur plusieurs décennies.

Avec force et sagesse, certains des bénéficiaires de ces « aides et programmes ciblés » rappellent cependant que l’homme - le petit d’homme - doit être au centre de mesures toujours guettées par le piège de la technicité, exprimant que « dans l’éducation, chacun a sa part » à jouer : parents, communauté, professionnels, responsables politiques. Le respect du petit enfant et la mobilisation pour son développement fondent en effet un projet de société, que les parents vivant dans l’extrême pauvreté nous rappellent… « Sachant que seul est libre qui use de sa liberté, et que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres » (extrait de la Constitution suisse).

Sommaire

ÉDITORIAL

« Les droits humains, c’est mon quotidien ! » Isabelle Pypaert Perrin.

DOSSIER

Introduit par Martine Hosselet-Herbignat.

Apprivoiser le livre. Marie-Christine Hendrickx.

«  Je ne crois pas à la fatalité de la misère ». Catherine Dolto.

Créer des environnements éducatifs multilingues. Zorica Trikic, Dawn Tankersley, Samanta Baranja.

« C’est mon petit bonhomme qui nous maintient… » Martine Courvoisier.

Inclusion, protection et développement de la petite enfance. Sheldon Shaeffer.

Bébés Bienvenus. Roseline Bernard.

Le Programme Adoption Sociale à Naples. Giuseppe Cirillo, Paolo Siani.

Loczy , vers la construction psychique du petit d’homme. Gentile Manni

Autour du berceau. Marie-Christine Jouno.

Respect du petit enfant, respect de chacun. Chantal Laureau.

AUTREMENT VU

Hors-jeu ? Gérard Bureau.

ÉCOUTER VOIR.

Films : Zaneta, Charlie’s country. Marie-Hélène Dacos-Burgues

FONDAMENTALES

Bernadette Cornuau, Geneviève de Gaulle Anthonioz : deux témoins pour notre temps. Jean-Michel Defromont, Anne-Claire Brand.

REVUE DE PRESSE

Le risque d’une génération perdue

LIVRES OUVERTS PROCHAIN DOSSIER : Une gouvernance « Têtes ensemble »