240 - Joseph Wresinski, une pensée qui marche

Mis à jour le mardi 31 janvier 2017.

Celles et ceux qui l’ont connu en ont été souvent durablement marqués et gardent de lui un souvenir intense, qu’ils ou elles l’appellent Wresinski, père Joseph, ou Joseph Wresinski. À la veille du centième anniversaire de sa naissance1, notre dossier explore à nouveau les multiples facettes de ce personnage dérangeant que fut le fondateur d’ATD Quart Monde. Nous avons choisi de donner la parole à des femmes et des hommes de tous âges, conditions ou appartenances, sur plusieurs continents, qui ne l’ont pas connu de son vivant, mais l’ont découvert par ses écrits, par le Mouvement qu’il a fondé, par l’influence qu’il a exercée dans les contextes les plus variés.

Engagé avec les amis du Mouvement au Cameroun, Blaise Ndeenga confie : « Parfois on se demande d’où nous viendra la force pour continuer le lendemain... ». Avant de constater : « Je suis réconforté parce que cinquante ans plus tôt, Joseph n’avait pas été compris »

C’est Pinar Selek, militante politique turque ayant chèrement payé sa résistance à toute forme de domination, qui tutoie Joseph Wresinski comme un ami indispensable à sa lutte d’aujourd’hui. C’est Chandra Kimbaya Skaff, sri-lankaise, employée comme servante dans les pires conditions aux Moyen et Proche-Orient, qui se sent soutenue dans son propre combat par la volonté du père Joseph de défendre la dignité de tout homme. C’est encore Sergio Lobos Balcarlel, du Guatemala, Gabriella Kiss en Hongrie, Barwende Médard Sané en Centrafrique, qui témoignent de la fécondation de leur réflexion universitaire par les outils dont Joseph Wresinski a doté le Mouvement qu’il a créé. Les membres du Quart Monde réunis récemment en Université populaire à Caen (France) se sentent eux aussi héritiers de cet homme, l’un des leurs, dont l’action et la pensée les poussent sans relâche à comprendre les racines de l’exclusion sociale et de la misère, et à les combattre.

Pas question cependant de lisser toutes les aspérités du personnage ni d’oublier combien parfois il était difficile à comprendre. Des jeunes ancrés dans les sociétés d’aujourd’hui, volontaires du Mouvement en formation, nous livrent sous la plume de Semyon Tanguy-André leur perplexité devant l’homme tel qu’il leur apparait à cinquante ans de distance, leur difficulté à trouver, derrière les éléments de contexte dépassés, le souffle qui l’animait. Au bout de cette rencontre entre générations, c’est la confrontation avec l’exigence formulée par Wresinski sur la qualité de notre présence aux personnes les plus pauvres qui leur apparaît, invite pressante à un engagement dans la durée. La pensée Wresinski : un outil actuel et performant pour bâtir un avenir sans exclusion.

240-002-Sommaire