Revue Quart Monde - Tous les numéros

Année 2015

N° 236, 2015/4

Se gouverner “têtes ensemble”

En 1976, Eugen Brand,… engagé comme volontaire à ATD Quart Monde depuis quatre ans, rencontrepour la première fois Markus,assis sur l’escalier à l’entrée de sa cité d’urgence à Bâle où a lieu un Pivot culturel. Du haut de ses dix ans, le petit garçon l’interpelle : « Pourquoi je te ferais confiance ? » Mais au moment de se quitter à la fin de l’après-midi, Markus lui lance :« Si tu veux, je peux t’aider ! »

En 1997, un jeune de la République Démocratique du Congo vient faire ses études en Suisse. Il y rencontre Tapori, le Mouvement des enfants qui veulent être les « amis des sans amis »,… Rentré chez lui, il met sur pied, avec d’autres jeunes, plusieurs groupes d’enfants Tapori.

Le projet d’ATD Quart Monde est un contrat de confiance mutuelle qui se construit jour après jour entre celles et ceux qui se trouvent dans les situations les plus extrêmes d’exclusion et de discrimination, et l’ensemble de la société. C’est aussi la raison première de la gouvernance que ses membres cherchent à bâtir, à la suite et dans les pas du fondateur, Joseph Wresinski, décédé en 1988.

N° 235, 2015/3

Petits enfants, grands défis

Celui qui a été à l’initiative du Mouvement ATD Quart Monde, [...], a ouvert, dans le bidonville de Noisy-le-Grand, un jardin d’enfants pour les petits enfants afin que leurs mamans puissent souffler... C’était un acte inattendu de la part d’un prêtre, […] C’était cependant un acte réfléchi. Joseph Wresinski, s’opposant fortement aux discours ambiants, développait alors une pensée originale sur le sens de l’enfant, sur le sens d’une naissance en milieu pauvre : […] Il n’éludait pas pour autant les questions de la qualité de vie de l’enfant dans sa famille. Il posait à sa façon et modestement la question de l’aide à la parentalité. Il s’agissait, pour beaucoup d’entre eux, de parents ayant eu des difficultés dans leur enfance. […] La parole est ici donnée aux intervenants qui se sont formés au respect et à l’éveil des petits enfants, à la connaissance de leur environnement, par un long compagnonnage avec des familles en grande précarité, en Europe, en Haïti, à Madagascar, en Amérique du Nord.

N° 234, 2015/2

Silence, on tourne !

Au même titre que la littérature ou la peinture, le cinéma a très souvent eu rendez-vous avec la pauvreté et la misère. À travers la fiction comme à travers le genre documentaire. Comment donne-t-il à voir la pauvreté et celles et ceux qui la vivent, la subissent, la combattent ? [...]
Nos interlocuteurs dans ce dossier, qui présente plusieurs interviews, sont des réalisateurs, des auteurs, des acteurs reconnus publiquement, mais aussi leurs spectateurs, amateurs du 7e art. Amateurs : nous irons surtout à la rencontre de ceux et celles qui ont eu du plaisir à entrer dans un univers les mettant en scène sous un jour nouveau, plus nuancé que le gris du quotidien de leur vie difficile. Plaisir, travail, surprise, découverte de leur propre grandeur…. [...]
Les pages qui suivent souhaitent donner un coup de projecteur sur un cinéma qui offre aux plus pauvres, souvent qualifiés d’invisibles par ceux qui ne les voient pas, de passer de l’obscurité à la pleine lumière ; un cinéma mobilisateur où ils sont eux-mêmes à la manœuvre, ayant prise sur l’image qu’ils veulent renvoyer d’eux-mêmes ; et dont chacun, quelle que soit son histoire, sorte plus conscient et plus résolu à lutter contre la fatalité de l’exclusion.
 

N° 233, 2015/1

Esclavage d'hier et d'aujourdhui

S’il est un dossier dont la lecture introduit dans un univers qui saisit aux entrailles, c’est bien celui de ce numéro, qui - sans avoir les moyens de remonter aux périodes antique et moyenâgeuse - aborde l’existence, hier comme aujourd’hui, de la pratique de l’esclavage.

Dès le 14e siècle, en Europe orientale, des groupes de familles Roms furent retenus « dans des chaînes et des fers », considérés comme des biens meubles, en un esclavage héréditaire, absolu et mal connu ; la traite négrière se mit en place à partir du 15e siècle. De nos jours, alors que, selon l’article 4 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme de 1948, « Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude. L’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes », l’esclavage persiste.