J’aime écouter les gens, dans le bus, dans le quartier, à travers des centaines de podcasts. Le constat que ces vies que l’on dit ordinaires sont trop souvent réduites à des clichés ou des stéréotypes, m’a poussée il y a une dizaine d’années vers le documentaire de portrait. Une façon de faire un peu de place aux personnes que la société tend à ignorer, celles que l’on n’entend pas ou si peu, et tenter de rééquilibrer la balance. Éclairer également le travail de fond des centres sociaux et des associations engagées qui doivent s’adapter sans cesse à des budgets de plus en plus restreints. C’est souvent grâce à l’espace de rencontre qu’ils offrent que j’ai pu échanger de manière plus profonde avec des personnes issues de quartiers défavorisés, comme l’association Destination familles située rue d’Aubagne à Marseille.
Au fil des tournages, ces rencontres m’ont beaucoup apporté mais m’ont également permis de mieux cerner les pièges inhérents à ma démarche. J’étais consciente de l’ambigu...
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