Appels en cours

N° 248, décembre 2018, "Vivre en grande pauvreté à l’ère du numérique : chance ou handicap ?"

Articles attendus pour le 1 octobre 2018

 

Dès les années 80, au sein du mouvement ATD Quart Monde quelques-uns s’interrogeaient: ceux qui ne maîtrisent pas l’informatique seront-ils les analphabètes de demain ? Dans la foulée, des projets pilotes ont été mis en place : ateliers informatiques dans les quartiers oubliés pendant les Festivals des Savoirs, rencontres régulières autour d’ordinateurs avec des personnes vivant à la rue,…

Aujourd’hui, nous ne sommes plus au bord du ruisseau, mais bien en plein courant, en pleine mer, en pleine ère du numérique. Un certain nombre de craintes se sont cristallisées quant à l’impact des transformations humaines, sociales et sociétales engendrées par l’omniprésence du numérique dans la vie des plus pauvres. L’observation de leur vécu quotidien révèle les dysfonctionnements du « tout numérique ».

Quelles sont les répercussions pour les personnes qui ont un accès difficile à la lecture, à la maîtrise de l’ordinateur, à un abonnement internet et téléphonique fiable ?… Pour celles qui doivent régulièrement remettre à jour leurs dossiers administratifs, chercher un emploi ?

Pour les jeunes en situation d’exclusion, internet et les réseaux sociaux ouvrent-ils une réelle et nouvelle chance d’exister de manière positive vis-à-vis d’autres, sur le web et dans la vie réelle?

Quelle réflexion a-t-on par rapport aux enfants en difficulté d’apprentissage scolaire ? Les relations école-famille sont-elles rendues plus faciles par l’usage des transmissions électroniques ?

Quelles actions sont-elles mises en œuvre, ici et ailleurs, pour rendre l’usage du web ouvert à tous ?

Internet est-il une chance pour les pays les plus pauvres et surtout pour les populations les plus démunies qui y vivent et sont parfois employées littéralement comme esclaves pour extraire les matières premières nécessaires à notre consommation numérique ?... Une chance pour les populations qui sont jetées sur les routes des migrations forcées ?

Nous proposons de réfléchir à partir de faits concrets, d’initiatives menées auprès des plus pauvres, mais aussi de la réflexion des personnes connaissant elles-mêmes la grande pauvreté.

Que nous apprennent de leur côté les travaux réflexifs de recherche tels que ceux menés sur l’invisibilité des plus pauvres dans la réalité sociale, mais aussi sur le net? Par quels canaux les plus exclus peuvent-ils aujourd’hui accéder à une ouverture au monde ?

Nous nous demanderons enfin quelles sont les recherches et expériences qui nous permettent d’agir afin de démocratiser et d’orienter le monde numérique de demain, pour une meilleure maîtrise par tous.