Une machine à neutraliser la lutte des classes
Le cinéma français contemporain ne « représente » pas les classes sociales : il les administre symboliquement. Sous couvert de sensibilité, de justesse et de « regard humain », il produit une mise en scène pacifiée de la domination sociale, parfaitement ajustée aux attentes du champ culturel bourgeois qui le finance, le légitime et le consomme. Des films comme À pied d’œuvre (Valérie Donzelli, 2026), Connemara (Alex Lutz, 2025), Partir un jour (Amélie Bonnin, 2025), En fanfare (Emmanuel Courcol, 2024), L’Amour ouf (Gilles Lellouche, 2024), Leurs enfants après eux (Ludovic et Zoran Boukherma, 2024), mais aussi Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait (Emmanuel Mouret, 2020), Les enfants des autres (Rebecca Zlotowski, 2022), ou En attendant Bojangles (Régis Roinsard, 2021), relèvent tous d’un même régime idéologique : faire exister la classe sans jamais laisser apparaître la lutte de classes.
Ce cinéma français contemporain prétend rega...
Full text document will be published online on December 2026.
