251 | 2019/3Chanter la dignité

Disponible en ligne à partir du 1er mars 2020

« Dans les aldeas du Guatemala comme les mornes d’Haïti, les slums d’Afrique ou d’Asie et les bidonvilles d’Europe, partout j’ai entendu les familles qui se débattent dans l’intolérable misère, chanter leur dignité », écrivait en 1987 Joseph Wresinski. Comment, dans l’histoire humaine, le chant a-t-il été un instrument de libération, l’affirmation d’une dignité inaliénable ?

Appelant à la dignité malmenée mais présente en chaque auditeur et interprète, les chants des exploités, des pauvres, des parias font partie du patrimoine immatériel de l’humanité. Le chant est un chemin de libération. Ici et là, des chorales se sont créées avec des hommes et des femmes sans domicile, en prison, échappés de l’enfer des migrations forcées, hébergés dans des foyers, dans des quartiers mal réputés à la périphérie de nos villes. Des chefs de chœur et des choristes, professionnels ou amateurs ont voulu transmettre leur bonheur de chanter, refusant que cet art demeure le privilège de quelques-uns.

 

PROCHAIN DOSSIER : Entrer en militance

Là où des hommes sont condamnés à vivre
dans la misère, les droits de l’homme sont violés.
S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré.

Père Joseph Wresinski

 

Gravé en octobre 1987 sur l'une des dalles centrales du Parvis des libertés et des droits de l'homme, place du Trocadéro à Paris, cet appel émane directement d'un homme issu du peuple de la misère.

La revue Quart Monde en découle. Elle a l'ambition d'établir et de nourrir un courant de pensée issu de la vie des plus pauvres. Elle rend compte d'actions et d'études qui peuvent être des chances à saisir pour le monde de demain. Elle aborde les questions de société telles que les vivent ceux que la misère fait taire, ceux qui, à leurs côtés, cherchent à comprendre et agir, ceux qui veulent porter ces questions au coeur de leur profession et de leurs recherches.