Il y a une histoire que nous aimons entendre raconter. Une histoire qui flatte notre fierté et nous soulage du poids du destin. C’est le mythe du mérite : l’idée que le succès est le reflet limpide du talent et de l’effort, la juste récompense pour ceux qui ont su s’engager, le résultat naturel d’un jeu équitable où les règles s’appliquent à tous de la même manière. Cette histoire est profondément ancrée dans les sociétés occidentales, mais avec des différences significatives. Aux États-Unis, par exemple, le mythe s’épanouit comme un véritable dogme laïc : ceux qui ont, ont mérité ce qu’ils ont ; ceux qui n’ont pas, n’en ont pas fait assez. En Europe du Nord, en revanche, le mérite coexiste avec un sens plus large de la justice : même ceux qui ont échoué méritent d’être pris en charge, et ceux qui ont couru plus vite peuvent souvent le faire parce que quelqu’un d’autre leur a ouvert la voie.
Méritocratie et choix politiques
La question centrale est que l’adhésion au mythe n’a pas une ...
Ce document sera publié en ligne en texte intégral en septembre 2026.
