Le 2 décembre 1851, le coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte, qui se fera couronner empereur sous le nom de Napoléon III, arrache à Victor Hugo tous ses privilèges : il était académicien, ancien pair de France, député, il entre dans la clandestinité et prend la tête de la résistance républicaine. Il avait tout, il n’a plus rien et n’est plus rien qu’un proscrit. Il fuit à Bruxelles, puis il est chassé de Bruxelles (1851-1852) ; il s’installe à Jersey, puis il est chassé de Jersey (1852-1855) ; il s’installe à Guernesey à partir de 1855. Il vit, à son échelle, ce qu’il écrira plus tard du prophète Job :
« Tombé, il devient gigantesque. Tout le poème de Job est le développement de cette idée : la grandeur qu’on trouve au fond de l’abîme. Job est plus majestueux misérable que prospère. Sa lèpre est une pourpre. »
Il poursuit néanmoins son combat contre la misère en vers et en prose, dans ces premières œuvres d’exil que sont Napoléon le Petit (1852), Châtiments (1853) et Les Contempla...
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