Des actions qui s’imposent au plus tôt (encadré, p. 46)

Paolo Adurno

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Paolo Adurno, « Des actions qui s’imposent au plus tôt (encadré, p. 46) », Revue Quart Monde [Online], 131 | 1989/2, Online since 05 November 1989, connection on 08 December 2019. URL : https://www.revue-quartmonde.org/4120

Index chronologique

1989/2

C’est un honneur pour moi d’être ici présent avec vous, et de vous communiquer la solidarité de la Conférence européenne des syndicats.

Le mouvement syndical est né comme mouvement de justice sociale pour la lutte contre la misère, pour le respect et la dignité de chacun, pour l’égalité des chances de chaque enfant face à ses vis-à-vis. Et, malheureusement, même après cent cinquante ans de lutte, nous sommes encore loin du compte, la preuve est là, je crois, devant nous.

Pour nous, avoir un travail est fondamental. C’est fondamental pour ne pas tomber dans la misère, fondamental pour en ressortir. Car on vient encore de le dire, le travail est important, non seulement comme source de revenu, mais aussi comme moyen d’intégration pour l’individu et toute sa famille dans la société, comme moyen de se définir par rapport à soi, par rapport aux autres. Et nous, en tant que syndicats, depuis des années, nous menons un grand combat, tant au niveau national, qu’au niveau européen, le combat contre le chômage, le combat pour la création de millions d’emplois nouveaux, stables, garantis.

Mais les gens qui vivent dans la pauvreté – et combien on les comprend – n’ont pas le temps d’attendre que revienne la période du plein emploi. Il y a une série d’actions, témoignages de solidarité, qui s’imposent et qui s’imposent au plus tôt. Il en est une série que soulignent les interventions des délégués des Universités populaires du Quart Monde. Nous devons mettre en jeu notre force syndicale pour que soit généralisé le minimum d’existence au niveau de la Communauté européenne, que le droit à être soigné soit généralisé, qu’il y ait des directives européennes interdisant de mettre les gens sur le trottoir pour cause d’insolvabilité, qu’il y ait des directives européennes qui abolissent ces gestes imbéciles que sont les coupures d’eau, de gaz, d’électricité, où, à travers une anonyme manette, on ne se rend pas compte des drames que l’on peut produire de l’autre côté.

Ce sont là quelques uns des engagements concrets dont le mouvement syndical peut se faire le promoteur vis-à-vis de la Commission des Communautés européennes, vis-à-vis du Parlement européen, pour que des dispositions soient adoptées à travers les directives.

Paolo Adurno

Membre de la Confédération européenne des syndicats

CC BY-NC-ND