Paul Adam, Charité et assistance en Alsace au Moyen Âge

Éditions. Istra, Strasbourg, 1982, 311 pages

Marie-Reine Bitsch

Bibliographical reference

Paul Adam, Charité et assistance en Alsace au Moyen Âge, Éditions. Istra, Strasbourg, 1982, 311 pages

References

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Marie-Reine Bitsch, « Paul Adam, Charité et assistance en Alsace au Moyen Âge », Revue Quart Monde [Online], 124 | 1987/3, Online since 01 June 1988, connection on 30 May 2024. URL : https://www.revue-quartmonde.org/8705

Les pauvres, les miséreux, sont des composantes de la société au Moyen Âge. Jusqu’à avènement du christianisme (IVe siècle), les indigents étaient pris en charge par le village. Avec l’implantation des abbayes et des communautés religieuses, les nécessiteux vont trouver aumône aux portes des abbayes et des églises.

A partir du XIIe siècle, la misère s’accroît en même temps que les villes. Les paroisses, grâce à un grand nombre de donations et de rentes, peuvent fonder des hôpitaux de pauvres, des hôpitaux spécialisés et des hospices pour les enfants abandonnés.

Les pauvres permettaient aux classes d’exercer la charité pour le rachat de leurs fautes ou le salut de leur âme. La création ’un hôpital de pauvres, l’organisation de la collecte et de la distribution d’aumônes (repas, vêtement, etc.) visaient à secourir, à panser des plaies, mais en aucun cas à changer un ordre social.

Ce livre insiste sur le développement des hôpitaux et autres établissements de soins en Alsace. Si l’origine de ces établissements est toujours liée à une donation et à une volonté de secourir les plus pauvres, leur développement n’est souvent possible, que grâce à la prise en charge de malades fortunés qui peuvent aider à financer l’établissement, mais qui, en contrepartie, exigent un logement, de la nourriture et des soins différents. L’hôpital des pauvres deviendra, au cours du Moyen Age, l’hôpital des bourgeois aisés avec une annexe pour accueillir des miséreux.

A la fin du Moyen Âge, quand l’Alsace passe à la Réforme, les hôpitaux des pauvres continuent à fonctionner avec les subsides des Magistrats des villes. Cependant, la pauvreté étant alors considérée comme une plaie à combattre, l’aide n’est plus accordée à tous indifféremment. Les miséreux doivent désormais faire la preuve de leur moralité et de leur volonté de s’en sortir. D’hospices pour les pauvres, les hôpitaux sont devenus des établissements de cure.

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