Bella e perduta

Un film de Pietro Marcello

Bella Lehmann Berdugo

p. 52

References

Bibliographical reference

Bella Lehmann Berdugo, « Bella e perduta  », Revue Quart Monde, 258 | 2021/2, 52.

Electronic reference

Bella Lehmann Berdugo, « Bella e perduta  », Revue Quart Monde [Online], 258 | 2021/2, Online since 01 June 2021, connection on 17 October 2021. URL : https://www.revue-quartmonde.org/10331

Dans la région de Naples, le film1 nous montre la vie de Tommaso, simple berger qui vit dans une caravane2. Épris de beauté, il prend soin bénévolement du palais de Carditello abandonné, pillé par la mafia, envahi d’ordures. L’« ange de Carditello » veille aussi sur un jeune bufflon (les mâles sont voués à l’abattoir), Sarchiapone. Tommaso meurt mystérieusement non sans avoir confié l’animal aux bons soins de Polichinelle, personnage mythique masqué - il écoute les morts pour parler aux vivants3 - et tout à la fois homme vagabond de bonne volonté.

Dès lors commence le périple du jeune bovin aux côtés de son protecteur, de ferme en maison, de champ en route, de village en colline. Et surtout, en voix off, Sarchiapone - tel un Candide - nous parle : » J’aurais préféré naître sur une autre planète plutôt que dans un monde qui me prive d’une âme ». À travers ses yeux noirs, la beauté de la nature nous assaille à chaque plan, souvent filmée au levant ou au couchant du soleil.

Loin des clichés apparaît un pays rural, incarné par les visages et les regards de femmes et d’hommes humbles. Ils offrent l’hospitalité à l’étranger vêtu de blanc et à l’animal doux, avec simplicité, sans mots inutiles. « Pour qui est né avec un grand nom et une grande chance, la terre est bonne » souffle Sarchiapone le bufflon, esclave chez les hommes.

Fiction à la lisière du documentaire, conte métaphorique et peinture réaliste, accompagnée d’une musique classique éclectique, une œuvre à visée écologique, très originale, très émouvante ; il suffit de se laisser porter.

1 Bella e perduta, Pietro Marcello, Fiction, 2015, Italie, 1h27, VOST.

2 Le titre est emprunté aux vers de l’Opéra de Verdi, Nabucco.

3 Dans la civilisation étrusque et romaine.

1 Bella e perduta, Pietro Marcello, Fiction, 2015, Italie, 1h27, VOST.

2 Le titre est emprunté aux vers de l’Opéra de Verdi, Nabucco.

3 Dans la civilisation étrusque et romaine.

Bella Lehmann Berdugo

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