Anne Case et Angus Deaton. Morts de désespoir.L’avenir du capitalisme

PUF, 2021

Annick Mellerio

p. 62-63

Bibliographical reference

Anne CASE et Angus DEATON. Morts de désespoir. L’avenir du capitalisme. PUF, 2021, 395 p.

References

Bibliographical reference

Annick Mellerio, « Anne Case et Angus Deaton. Morts de désespoir.L’avenir du capitalisme », Revue Quart Monde, 260 | 2021/4, 62-63.

Electronic reference

Annick Mellerio, « Anne Case et Angus Deaton. Morts de désespoir.L’avenir du capitalisme », Revue Quart Monde [Online], 260 | 2021/4, Online since 01 December 2021, connection on 25 June 2022. URL : https://www.revue-quartmonde.org/10520

Comment les excès du capitalisme détruisent les classes populaires américaines et ruinent tous leurs espoirs.

Les auteurs sont partis d’une observation : le taux de mortalité se remet à augmenter chez les Blancs d’âge moyen aux États-Unis, avec en particulier trois causes : les suicides, les overdoses et les maladies alcooliques du foie.

Les certificats de décès indiquant toujours le niveau d’instruction du défunt, les auteurs ont pu constater que cette hausse du taux de mortalité concernait les Blancs moins instruits, ceux qui n’ont pas de master (quatre années d’études après le bac).

« La structure de l’économie a changé, délaissant l’industrie au profit des services, où les emplois sont moins bien payés, où les syndicats sont moins bien implantés et où les travailleurs ont moins de pouvoir face à leurs employeurs. »

« Sur le lieu de travail, la ségrégation se fait aujourd’hui le plus souvent selon le niveau d’études. […] Les entreprises délocalisent beaucoup de tâches faiblement qualifiées qui étaient jadis accomplies sur place ». « Les travailleurs externalisés ne font plus partie de l’entreprise principale… »

Cette ségrégation se retrouve dans l’habitat, entraînant également une inégalité dans l’accès aux établissements scolaires.

La baisse des salaires et la perte de qualité des emplois ont ainsi entraîné la destruction de tout un mode de vie.

Par ailleurs la santé coûte extrêmement cher aux États-Unis.

« Les employeurs confrontés à une forte hausse de leurs contributions peuvent décider que certains postes ne seront plus assortis d’une assurance santé… »

« Alors que le commerce et l’automatisation ont rendu la classe ouvrière plus vulnérable, les entreprises et les législateurs n’ont pas saisi l’occasion de renforcer le filet de sécurité pour minimiser les dégâts. » Ils ont réduit les salaires et distribué le revenu vers le haut, au détriment du travail et au profit du capital.

Annick Mellerio

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