Jean-Christophe Combe. “L’humanité ne se négocie pas

Éd. de l’Aube. Coll. Paroles d’Acteurs, Essai, La Tour d’Aigues, 2021

Daniel Fayard

Bibliographical reference

Jean-Christophe Combe. L’humanité ne se négocie pas. Préface du Pr Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix 2006, Fondateur de la Grameen Bank, Postface de Philippe Da Costa, Président de la Croix Rouge française. Éd. de l’Aube. Coll. Paroles d’Acteurs, Essai, La Tour d’Aigues, 2021, 152 p.

References

Electronic reference

Daniel Fayard, « Jean-Christophe Combe. “L’humanité ne se négocie pas », Revue Quart Monde [Online], 261 | 2022/1, Online since 01 March 2022, connection on 17 May 2022. URL : https://www.revue-quartmonde.org/10631

L’auteur est engagé depuis une dizaine d’années au sein de la Croix-Rouge française. Depuis 2017, il en est le Directeur général. Cette organisation humanitaire internationale, fondée il y a 160 ans par Henry Dunant (premier prix Nobel de la paix) compte aujourd’hui en France presque cent mille volontaires.

« Par la somme des actions qu’elle déploie, de ses métiers, des établissements qu’elle gère, des territoires sur lesquels elle est implantée, la Croix-Rouge est un opérateur de santé globale… Aucune autre structure ne peut prétendre avoir un arc d’intervention aussi large, du secourisme à la maraude, de l’accompagnement des seniors en EHPAD à la distribution alimentaire, de la formation aux gestes qui sauvent à l’aide humanitaire, de la sécurité civile à la vaccination… Nous agissons pour protéger et relever sans condition les personnes en situation de vulnérabilité et construire, avec elles, leur résilience. Les petites comme les grandes catastrophes, les accidents industriels comme les accidents de la vie sont notre lot quotidien. »

Jean-Christophe Combe illustre avec fierté l’histoire, l’évolution, l’organisation interne (les rapports bénévoles-salariés), la déontologie (le principe de neutralité dans les conflits) de cette entreprise hors du commun. Il fait état des défis récents auxquels elle est confrontée, comme la crise sanitaire engendrée par le Covid‑19 et la crise migratoire, qui l’obligent à adapter ses pratiques pour pouvoir assumer ses missions dans de nouveaux contextes sociopolitiques.

Au-delà des descriptions et des analyses, le récit recèle un enthousiasme en faveur de l’engagement, un appel à l’action, l’ambition d’un projet de société. Car s’il faudra toujours être en mesure de répondre aux urgences humanitaires, sans doute « à d’autres fléaux que nous réserve l’avenir », il importe de s’y préparer. D’abord, au cœur de nos fragilités et de nos angoisses pour le futur, s’entraider à « renouer avec l’espoir, fondé sur la certitude de notre commune capacité à faire front, à agir tous ensemble, les uns pour les autres ». S’en donner les moyens. Que des formations aux premiers secours et aux risques systémiques soient déployées dans les écoles, les universités, les entreprises. Que s’ouvrent de nouveaux lieux coopératifs associant les citoyens autour d’activités de l’économie sociale et solidaire répondant aux spécificités locales. Investir dans le lien social. Cultiver la résilience. Prendre soin les uns des autres.

Comme le dit Muhammad Yunus dans sa préface, « C’est à chacun de nous d’aider l’humanité à reprendre son destin en main. » Un message plein d’optimisme pour les générations à venir.

Daniel Fayard

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