Cédric SADIN-CESBRON. “Habiter en CHRS

Faire comme chez soi quand on n’a pas de chez‑soi. Éd. ÉRÈS, 2023

Brigitte Bureau

Bibliographical reference

Cédric SADIN-CESBRON. Habiter en CHRS. Faire comme chez soi quand on n’a pas de chez‑soi. Éd. ÉRÈS, collection Trames, 2023, 340 p.

References

Electronic reference

Brigitte Bureau, « Cédric SADIN-CESBRON. “Habiter en CHRS” », Revue Quart Monde [Online], 269 | 2024/1, Online since 01 March 2024, connection on 22 June 2024. URL : https://www.revue-quartmonde.org/11346

Ce livre, tiré du mémoire de recherche en Master 2 mené par Cédric Sadin-Cesbron avec le département « Analyse et conception de l’intervention sociale » de l’Université de Lyon 2, présente deux particularités : 

  • son terrain d’étude est le Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale (CHRS) dans lequel Cedric Sadin-Cesbron exerce en tant qu’éducateur spécialisé,

  • l’auteur s’est adjoint un groupe de co-chercheurs constitué de plusieurs résidents et anciens résidents qui ont enquêté avec lui et contribué à sa réflexion.

Autre particularité : l’auteur a choisi de glisser des scènes de vie, parfois déconnectées du propos en cours, mais qui donnent au lecteur le sentiment de partager le quotidien de ce CHRS, fait de rencontres formelles et informelles entre les résidents et le personnel, de tensions et de moments de grâce, de violence et de fraternité, de trajectoires chaotiques. Ces courts récits permettent ainsi que les thèmes de la recherche soient ancrés dans l’expérience et confrontés à la réalité vécue par les professionnels et les résidents.

L’idée de départ du mémoire est d’interroger la place et le sens des CHRS comme outil des politiques d’hébergement, de logement, et plus globalement de lutte contre les exclusions.

Partant du public très vulnérable accueilli dans le CHRS où il travaille (hommes seuls ayant vécu de longues périodes à la rue, des incarcérations, souffrant d’addictions et/ou de maladies psychiques), il montre dans un premier temps les limites de l’application du courant « un logement d’abord », qui ne répond pas à la demande et aux besoins de toutes les personnes et accentue la pression exercée par les structures pour raccourcir les temps d’hébergement.

Plus largement, il analyse les notions du « chez soi », du « comme chez soi », de l’hospitalité, et de « l’habiter ». Cette interrogation sur l’hébergement amène l’auteur à analyser le fonctionnement global des CHRS, les contradictions dans lesquelles les personnes hébergées et les travailleurs sociaux se trouvent piégés malgré eux, entre protection et contrainte. Il plaide pour la création de petites structures offrant des possibilités diverses et variables, répondant avec souplesse aux besoins des personnes de se poser quelque part, d’être traitées dignement, de choisir leurs interdépendances avec la société, en fonction de leurs souhaits et capacités, et pour la durée qui leur convient.

Brigitte Bureau

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