Comme on en parle

Martine Hosselet-Herbignat

p. 2

References

Bibliographical reference

Martine Hosselet-Herbignat, « Comme on en parle », Revue Quart Monde, 278 | 2026/2, 2.

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Martine Hosselet-Herbignat, « Comme on en parle », Revue Quart Monde [Online], 278 | 2026/2, Online since 01 June 2026, connection on 01 June 2026. URL : /11956

Les représentations des personnes pauvres dans la sphère sociale jouent un rôle crucial dans la construction des perceptions collectives, des mentalités comme des politiques publiques. Que ce soit dans la littérature, la bande dessinée, la chanson, le cinéma, sur les réseaux sociaux ou dans le discours politique, les mots et les images façonnent notre regard sur la pauvreté, sur celles et ceux qui la vivent.

Si certaines œuvres dénoncent les inégalités et favorisent une compréhension nuancée, la plupart du temps les personnes confrontées à la pauvreté « sont parlées » par d’autres, leurs propos utilisés en illustration d’analyses développées loin de leur réalité.1 Nous nous interrogerons en particulier sur la puissance du « cadrage », sélection de certains éléments autour desquels les médias construisent un récit.2

Un certain cinéma français, sous couvert de lucidité quand il parle de classes sociales, se révèle en réalité surtout confortablement condescendant.3 Romantiser la pauvreté ou au contraire rejeter « hors normes » les personnes qui la vivent conduit à banaliser la violence dont elles sont victimes.

« Comme à l’époque du Radeau de la Méduse, les plus pauvres, ceux qui ne répondent pas aux normes des classes supérieures, ceux qu’on utilise comme main d’œuvre facilement remplaçable (…) sont abandonnés à la misère, voire même à se noyer dans l’oubli total. »4

Que nous apprennent en particulier notre rubrique Écouter Voir, nourrie par le cinéma d’actualité depuis 2009, et la rubrique À voir, dans le Journal mensuel d’ATD Quart Monde, débutée en 2013 ?5 Que nous disent les enfants qui ont répondu au questionnaire du Centre de recherche et d’information sur la littérature pour la jeunesse, de ce qui peut, via les médias, limiter leur compréhension de la pauvreté ?6 Pour ouvrir le regard de ces jeunes et enfants sur des réalités mal connues, éveiller leur sensibilité et nourrir leurs engagements, il se trouve des auteur.es de littérature proposant des textes « à saveur sociale » qui les encouragent à exercer leur pouvoir de lecteurs.7

Par leur parti-pris artistique, certain·es cinéastes optent pour raconter « une dignité ordinaire, une fierté tranquille, une façon d’occuper l’espace librement, comme une réappropriation du regard » pour ceux et celles qui sont le plus souvent absent·es dans les projets culturels.8

Prenons les moyens d’écouter les plus pauvres si nous voulons adopter un regard critique sur les représentations complexes et ambivalentes qui les concernent au premier chef.

1 Voir l’article de Marie-Josée Dupuis et Normand Landry en p. 35.

2 Voir l’article de Baldwin van Gorp en p. 9.

3 Comme l’analyse David Fonseca en p. 40.

4 Voir l’article des militants de LST en p. 14, et la photo de couverture.

5 Voir la compilation faite par Bella Lehmann Berdugo et Marie-Hélène Dacos-Burgues, p. 3.

6 Voir p. 29.

7 Marie-Christine Hendrickx rend compte de son travail d’autrice en p. 16.

8 Voir l’article de Marie Milliard en p. 19.

1 Voir l’article de Marie-Josée Dupuis et Normand Landry en p. 35.

2 Voir l’article de Baldwin van Gorp en p. 9.

3 Comme l’analyse David Fonseca en p. 40.

4 Voir l’article des militants de LST en p. 14, et la photo de couverture.

5 Voir la compilation faite par Bella Lehmann Berdugo et Marie-Hélène Dacos-Burgues, p. 3.

6 Voir p. 29.

7 Marie-Christine Hendrickx rend compte de son travail d’autrice en p. 16.

8 Voir l’article de Marie Milliard en p. 19.

Martine Hosselet-Herbignat

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