N° 180, 2001/4   •  L'eau : un bien commun ?
Courrier

Garder l’espoir

Mme L. et Mme P.
  • p. 51-52
  • publié en novembre 2001
Texte intégral

Les professionnels avaient confiance

Je ne peux pas m’empêcher de prendre la plume pour partager avec vous quelques réactions personnelles à l’arrivée du numéro Projets familiaux1 de la revue.

Ma première réaction fut : « c’est beau, c’est bien d’écrire sur ce sujet... » mais dans la réalité, quel labeur et que de difficultés à surmonter pour entendre ou faire entendre les projets des familles, pour les aider à réaliser leurs projets et à vaincre les obstacles, qui sont parfois des deuils ! [...].

La veille, j’avais été anéantie en apprenant le décès d’un bébé de trois mois et demi, né prématuré d’une maman sortie de prison (pour homicide) et ayant trois enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance. Depuis la naissance de l’enfant, les professionnels et moi-même accompagnions la maman qui souhaitait reconstruire sa vie grâce à cet enfant... Démarches, recherche d’un logement, accompagnement lors des visites en néonatalogie, installation matérielle du petit appartement, accompagnement de l’enfant et de sa mère qui le prenait en charge avec toute sa volonté d’être une bonne mère depuis la sortie de néonatalogie... Une relation de confiance était née entre la mère et les professionnels. Comment va-t-elle pouvoir revivre ?

Les professionnels avaient confiance après ce deuil tout en sachant les risques qu’ils prenaient... Jeudi, j’apprenais que la brigade des mineurs allait nous interroger, pour la deuxième fois en six mois ! Nous faisions confiance aux familles, aux parents, en leur apportant tout le soutien qu’ils semblaient attendre et espérer de nous, et pouvoir supporter. C’était un échec ! Comment y croire encore ?

Alors ce numéro est arrivé à un moment propice... Grand merci pour ces écrits qui nous permettent de garder l’espoir [...].

Je rencontre régulièrement l’équipe de prévention du territoire et actuellement nous sommes en pleine discussion sur la place de la mesure éducative dans le projet familial. Je compte bien faire partager la lecture de ce numéro.

Un autre groupe de professionnels travaille avec moi sur l’amélioration de la prévention : les deux derniers numéros peuvent être sources de réflexion pour eux.

Pour revenir au sujet des projets familiaux et compléter en quelque sorte [...], je pense qu’un nouveau numéro autour d’un réel partenariat avec les familles [...] pourrait peut-être nous faire avancer encore un peu plus. (Mme L., France)

La richesse des témoignages

Le numéro Enfants placés2 m’a beaucoup impressionnée par la richesse des témoignages donnés, notamment par des militants Quart Monde. En Italie, un cas de placement d’enfants avait suscité de fortes réactions dans la presse, particulièrement dans Repubblica du 26/1/94 : « Ils n’ont pas un logement décent, le tribunal retire les enfants aux parents » et faisant allusion aux polémiques suscitées, l’article soulignait : « Le pédiatre a fait plus, il a décidé de se démettre de ses fonctions de directeur adjoint de l’Institut pour l’enfance, par mesure de protestation [...]. »

J’ai lu que le placement en institut n’est plus la solution jugée préférable pour l’enfant. Nous avons connu le cas d’une famille : après que la mère a quitté le foyer, les trois enfants en bas âge ont d’abord été placés dans un institut tenu par des sœurs pendant quelques mois et ensuite, après enquête, ces enfants ont été confiés aux grands-parents paternels chez qui vit désormais le père. (Mme P., Italie)

Notes

1 Cf. numéro 179.

2 Cf. numéro 178.

Pour citer cet article Mme L. et Mme P., « Garder l’espoir », Revue Quart Monde, Année 2001, L'eau : un bien commun ?, Courrier, mis à jour le : 16/01/2019,URL : https://www.revue-quartmonde.org:443/1808.
Auteur

Mme L.

Mme P.