Savoir lire, écrire, compter et naviguer

Philippe Quéau

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Philippe Quéau, « Savoir lire, écrire, compter et naviguer », Revue Quart Monde [Online], 163 | 1997/3, Online since 05 March 1998, connection on 24 October 2020. URL : https://www.revue-quartmonde.org/389

Les technologies de l'information requièrent une nouvelle instruction de base. Les illettrés du virtuel risquent de nouvelles exclusions sociales. Comment relever ce défi ?

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Société de l'information

Revue Quart Monde : Vous êtes parmi ceux qui considèrent la révolution de la communication et le développement d'Internet, « le cyberbang » dites-vous, comme une mutation de première importance. Comment définiriez-vous la nature de l'évolution en cours et où identifiez-vous les principaux risques d'exclusion ?

Philippe Quéau : La question d'Internet aujourd'hui peut être comparée à celle de l'alphabet au temps de Jules Ferry. Le dix-neuvième siècle a vu passer la France d'une société rurale à une société industrielle. Ceci a produit de très grands changements et les politiques ont su accompagner ce mouvement d'ampleur. Jules Ferry, en demandant la création d'une école gratuite, laïque et obligatoire, a permis une mise à niveau d'une importante partie de la population, au plan de la maîtrise des processus intellectuels nécessaires au passage à l'industrialisation, notamment l'alphabétisation.

Je considère que le défi d'Internet et de tout ce qui est derrière cette technologie est du même ordre. On peut craindre aujourd'hui une multiplication des formes d'exclusion car les sociétés ne cessent d'augmenter en complexité. Des nouvelles formes d'illettrisme et d'analphabétisme par rapport aux modèles intellectuels sous-jacents à cette société d'information, vont apparaître. Ce ne sont pas simplement de l'illettrisme et de l'analphabétisme au sens où on l'entend habituellement, c'est-à-dire simplement la maîtrise de la lecture et de l'écriture.

En effet, la manière de se déplacer dans la virtualité des informations devient de plus en plus subtile, et maintenant, la manière de créer de la valeur passe de plus en plus par des formes sophistiquées.

Wall Street, Hollywood, Silicon Valley, sont des industries de manipulation symbolique, bons modèles e ce que la civilisation est en train de devenir. Pour résumer, on va aller vers une civilisation de plus en plus abstraite. Cette abstraction du rapport au réel prend une valeur au plan économique, au plan du travail, au plan de la citoyenneté. Il y a plusieurs niveaux d'abstraction croissante dans la vie quotidienne, dans la vie de travail, dans la vie avec les autres, qui seront de moins en moins intuitifs, de moins en moins évidents, qui nécessiteront non seulement d'être alphabétisé mais en plus d'avoir acquis un début de culture abstraite.

Je voudrais insister sur ce point : ce n'est pas parce que vous manipulez une souris et que vous cliquez que vous comprenez ce qui se passe au niveau de l'abstraction. Il ne suffit pas de savoir jouer avec trois jeux, ou même de naviguer sur Internet qui sont le b-a-ba de la nouvelle alphabétisation. Il reste à maîtriser le vocabulaire, la syntaxe, la grammaire, la rhétorique, la philosophie de ces nouveaux langages.

Personnellement, je crains que se reconstitue, à frais nouveau et de manière plus radicale, ce qui s'est passé il y a trois mille ans avec les grands prêtres maniant les hiéroglyphes et le bas peuple coupé de l'accès au savoir. Aujourd'hui, un écart risque de nouveau de se creuser car, désormais, ce que l'on pourrait appeler l'alphabet n'est pas simplement le zéro et le un en informatique, c'est une capacité à se représenter des plans de conscience, des plans de modélisation, des niveaux de réalité. Prenons un exemple : des milliers de milliards de dollars transitent chaque jour sur Internet ou sur les systèmes de transaction électronique bancaire en temps réel, avec des modèles mathématiques très sophistiqués. Ces modèles font jouer le cours des monnaies et, pour une bonne part, justifient la suppression en quelques heures de milliers d'emplois car cela correspond à une ligne de profit « normale » selon le capitalisme.

C'est une vision plutôt pessimiste. Est-ce pour vous une façon de tirer une sonnette d'alarme, en particulier dans un pays comme la France ?

Si dans un pays comme la France, les nouvelles valeurs ajoutées arrivent dans le domaine informationnel, dans celui des nouvelles abstractions, la « prolétarisation » de parties importantes de la population va s'accentuer : celles qui sont déjà privées du moyen de compréhension du monde d'aujourd'hui faute d'instruments intellectuels et d'outils de navigation mentaux pour se repérer, vont aggraver leur retard. De nouvelles couches de la population risquent, elles aussi, d'être coupées de ces évolutions.

Là encore, je me permets d'insister : je ne crois pas que le politique aujourd'hui, en France, soit suffisamment conscient du choc frontal, je dirais « civilisationnel », qui est en train de se préparer et qui prend sa racine dans une inadaptation de la formation. Je pense qu'il y a le risque absolument réel d'une augmentation d'un « Quart Monde informationnel » De même qu'il y a un Quart Monde lié à la société industrielle, on peut faire l'hypothèse qu'il y aura une augmentation d'exclusion dans la civilisation du virtuel.

Le lien social se distend aujourd'hui du fait de la crise. Il va se distendre davantage, car l'écart entre les nouveaux « sachants » et les « non-sachants » va s'aggraver. En effet, ces techniques sont catalytiques. Plus vous les maîtrisez, plus vous êtes capable de progresser. Aujourd'hui dans les systèmes d'éducation, on met sur des voies de garage définitives des enfants qu'on laisse s'enfermer dans leur illettrisme. Ce constat va devenir de plus en plus pertinent à terme.

Face à tout cela, il n'y a qu'une seule solution, c'est la formation pour tous à l'information, à la société de l'information. Illettré et analphabète dans les années cinquante ou soixante en France, on trouvait encore du travail. Dorénavant, être capable de lire fonctionnellement un texte ne suffit plus. Les machines le font aussi bien. L'automatisation liée à la mécanisation du savoir va mettre de plus en plus de gens au chômage. Il n'y a pas de salut hors de la formation de tous, pour tous. Un nouveau type de formation doit prendre en compte ce nouveau contexte global, qu'on appelle mondialisation, globalisation, virtualisation, dématérialisation.

Selon vous, toute l'énergie doit être mise dans la formation à l'utilisation et aux concepts qui sont derrière ce inonde virtuel. Avez-vous des pistes concrètes à nous partager à ce propos ?

Entre cinq et dix-huit ans, les enfants et les adolescents doivent avoir accès à une vraie maîtrise intellectuelle. Lire, écrire, compter, étaient les trois mots clés de l'éducation depuis Jules Ferry. Mais ce n'est plus suffisant : il faut ajouter naviguer. Naviguer dans l'abstraction, comprendre et analyser les différents plans de lecture réel, virtuel.

De sa volonté d'élargir l'éducation à tous, Jules Ferry avait fait un mot d'ordre pour rénover la France du dix-neuvième siècle. Cela n'a pas été sans mal ; il a eu des ennemis de tous bords. Aujourd'hui, on retrouve la même priorité. Il faudrait qu'une volonté politique aussi forte soit à nouveau exprimée. Le système éducatif français fabrique des exclus simplement dans le cadre industriel de la société. Si on ajoute la dimension de cette société post-industrielle et informationnelle, de très sérieuses questions se posent sur la pertinence de ce système éducatif.

Aujourd'hui, j'ai le sentiment que les enfants se contentent trop souvent de cliquer dans des jeux. Dès qu'on veut passer à l'étape suivante, plus abstraite, il manque des chaînons que ne proposent ni l'école qui n'a pas les moyens financiers, administratifs ou intellectuels pour le faire, ni le marché dont ce n'est pas la priorité.

On ne retrouve pas, dans le cursus scolaire du cours préparatoire jusqu'à la terminale, la formation à l'utilisation et aux concepts qui sont derrière ce monde virtuel. Pour avoir accès à un niveau simple de compréhension de ce qu'est un programme d'ordinateur, il faut généralement avoir passé son baccalauréat, être entré dans une filière scientifique. Il n'y a pas encore les documents pédagogiques supports, les institutions-relais pour autoriser une démocratisation à l'accès à l'informatique. Et je crains que nous soyons dans une situation transitoire où le mal s'aggrave du fait d'un manque de vision politique.

Mais je voudrais quand même avancer un point optimiste : dès que la volonté politique existe et qu'un minimum de conscience et d'action se met en place, la duplication peut aller très vite. Il suffit qu'un groupe de pédagogues se mette en place à titre volontaire et commence à créer un cours d'informatique ou un cours sur Internet pour que cela serve au monde entier.

Cette technologie autorise une très grande amplification du travail fait. Mais si le travail n'est pas fait, l'écart se creuse. Certains l'utilisent à leur profit exclusif, dans l'optique du marché. L'efficacité incroyable de la spéculation vient justement de cette extraordinaire capacité à gérer en temps réel quantité d'informations et de tirer parti à la microseconde des différences de cours entre monnaies, de rendement entre taux.

Internet et les nouvelles technologies d'information ont aussi ce point extrêmement positif de ne pas coûter cher. Si la volonté politique existait en France, une toute petite fraction du budget de l'Éducation nationale suffirait à équiper les écoles.

C'est une technologie très puissante car elle a des effets catalytiques. Plus vous naviguez sur ces océans d'informations, plus vous apprenez à vous servir de ces informations. Ces réseaux offrent la possibilité de créer des communautés virtuelles d'action qui, par exemple, permettraient à des écoles de partager des expériences pédagogiques positives. Il suffit de les mettre sur le Web et n'importe qui peut les charger gratuitement.

Le « bien » disponible sur Internet se multiplie, avez-vous dit. Nous avons quand même le sentiment qu'un « bien » qui serait sur le Web peut passer inaperçu.

Il faut croire à l'effet amplificateur. Sur Internet, il y a tout : le pire et le meilleur. Dès qu'une chose est de bonne qualité, cela se sait. Prenez le réseau Internet lui-même. Il est resté pendant vingt-cinq ans dans les laboratoires militaires américains. C'est devenu le phénomène que tout le monde connaît aujourd'hui car, au début des années quatre-vingt-dix, il y a eu l'étape simplificatrice du World Web Web, c'est-à-dire la possibilité de cliquer sur des liens entre des informations. Ce rapport naturel à l'information accessible à tous, a été rendu possible par des chercheurs du CERN à Genève. Ensuite, un petit groupe d'étudiants américains a développé Mosaïc, l'un des premiers navigateurs. Mosaïc était cet « un peu de bien » qui a été immédiatement dupliqué et est devenu une norme.

Cette dynamique-là, appliquée à d'autres actions, peut très vite faire le tour du monde. Autrement dit, si par exemple des associations aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne ou ailleurs, développent des méthodes, des cours, des stratégies, il est très facile par Internet de récupérer leurs expériences et d'en faire bénéficier d'autres encore. Et réciproquement. Il y a un effet d'amplification de toute action positive. Mais il y a aussi un effet d'amplification des actions négatives. Et pour tous les absents de ces actions.

Internet est à l'imprimerie ce que l'imprimerie fut aux moines copistes. Gutenberg, c'est la Réforme, c'est Luther, c'est la Contre-Réforme, c'est toute la possibilité de l'accès personnalisé au savoir.

Cette coupure a fait l'Europe et la Renaissance. Aujourd'hui, elle se voit mondialisée avec un nouveau paradis, qui est l'accès électronique au savoir. Internet est une machine à créer des courts-circuits entre des parties éloignées du monde, et des gens très divers. Dès que l'on rentre dans ce jeu-là, on crée de la valeur qui peut être immédiatement reprise, divulguée, enrichie...

Les personnes très pauvres qui se rassemblent au sein du Mouvement international ATD Quart Monde expriment leur aspiration à découvrir l'autre. Avec Internet, nous voulons leur permettre de nouer des contacts. D'une certaine façon, nous bâtissons, autour du monde entier, une communauté bien réelle où des personnes très défavorisées se retrouvent avec d'autres, et se renforcent car elles ont un combat commun. Cette mise en relation appuie une vie locale. Nous pensons que les gens y trouvent la force de bâtir des solidarités car ils savent qu'ailleurs cela se bâtit également ainsi.

A l'aide d'Internet, il peut y avoir une forte interaction entre le local et le global. C'est ce que l'on appelle la « glocalisation ». Le local peut se renforcer de sa connexion au global. Par exemple, en créant un atelier Internet dans une banlieue, vous permettrez aux enfants de rêver et d'agir virtuellement, de rencontrer d'autres enfants et de créer des solidarités à l'échelle internationale ou nationale. On peut imaginer de lutter contre les ghettos du réel par le « communitarisme » virtuel.

Il ne faut pas opposer réel et virtuel, ce n'est pas l'un contre l'autre mais l'un avec l'autre. La notion de virtuel, comme celle d'alphabet, est essentiellement intellectuelle, c'est une manière de se représenter les choses. On en a besoin pour se figurer le monde. Si on comprend cela, on peut agir dans le réel. Sinon, on risque d'être hors du coup

Le premier niveau d'action, qui est local, est de faire des cours, des écoles, des coopératives d'informatique ou d’Internet. Le second est de créer des communautés virtuelles d'action. Une fois les groupes constitués, ils peuvent mettre leurs moyens ensemble. Mais, il est clair que la communauté virtuelle, avant d'être virtuelle, est une communauté.

Le virtuel est une fenêtre ouverte sur le monde où l'on peut vraiment agir, rencontrer virtuellement. Mais cela implique toujours un retour au réel. Aujourd'hui, je crains que les jeunes défavorisés n'utilisent le virtuel que comme une drogue mentale, un refuge dans les images. Or le virtuel peut permettre d'agir. C'est très différent de la télévision qui n'est que consommation passive. L' « Intemaute » agit : il tape sur un clavier, il envoie un message, il est en prise avec le réel, il échange, il crée des communautés.

En France, les jeunes doivent savoir que l'on peut aller voter et que c'est important. C'est un acte citoyen, démocratique, qui peut faire changer les choses. Mais aujourd'hui, ce n'est pas suffisant, il faut aussi aller sur Internet. C'est aussi important car c'est là que se situe l'action, que changent les choses, que se créent des groupes de pression. C'est là qu'en quelques heures, se montent des opérations de solidarité, d'actions coordonnées. Le militantisme sur Internet donne des résultats.

Comment une organisation comme l'Unesco prend-elle en compte les nouvelles technologies de l'information ? Quels enjeux, quels défis identifie-t-elle pour sa mission au service du développement et de la paix ?

L'Unesco a comme ambition que les Etats membres aient accès au réseau de communication. Sa stratégie est, d'une part, de créer un domaine public de l'information qui puisse être, sur Internet, l'équivalent de la bibliothèque publique, d'autre part, d'encourager l'utilisation de ces technologies au service du développement. Dans le domaine du développement, notre ligne prioritaire est d'insister sur la formation des formateurs, d'encourager la création de communautés virtuelles d'apprentissage. Il y a ainsi toute une dynamique liée au monde scientifique qui vise à connecter les laboratoires du Sud et du Nord dans des collèges virtuels.

Nous avons le sentiment que l'Unesco peut davantage intervenir sur le contenu, tout ce qui est infrastructure échappant à ses faibles capacités de financement. Aux Etat-Unis, le gouvernement fédéral est le premier producteur d'information et l'on constate un vrai effort de démocratisation de l'accès à ces documents. En France, au contraire, il n'y a pas de véritable politique de mise à disposition de l'information. Ainsi, avoir accès à un texte de loi revient aujourd'hui à 700 FF de l'heure par Minitel ; aux États-Unis, accéder à l'équivalent est gratuit. Nous pensons remplir notre rôle en défendant plus particulièrement l'idée du domaine public à l'information.

Au printemps dernier, un grand débat national s'est ouvert en France autour du projet de loi d'orientation pour le renforcement de la cohésion sociale. Ce débat va probablement se poursuivre. Ne faudrait-il pas que cette loi intègre les points que vous avez soulignés : la formation, un droit à l'accès aux informations du domaine public ?

Je crois qu'il faut prendre en compte ces considérations car la société est en voie d'éclatement. Le lien social est d'autant plus difficile à concrétiser que, désormais, il passe par le virtuel. Jusqu'alors, la simple proximité physique dans une ville, permettait le frottement des classes sociales. La proximité du réel induisait une interpénétration des cultures, des modes de vie. Aujourd'hui, on vit non pas dans le réel, mais dans des espaces virtuels. Je travaille quatre heures par jour dans le virtuel. Mais le financier le fait aussi, tout comme le scientifique... On est plus proche de son collaborateur de San Francisco ou de Tokyo avec qui on est en relation par mail ou par le Web, que de son voisin de palier.

Le virtuel, en tant que catégorie de l'action professionnelle, culturelle, va avoir comme premier effet radical la dissolution du lien social. Les frontières naturelles n'ont plus de sens. Les octets, les kilobits d'information, passent en temps réel sur les réseaux mondiaux mais les frontières réelles sont dans les immeubles, dans les rues. Il y a un émiettement de la société, une pulvérisation du lien social. Les exclus ne comprennent pas ce qui leur arrive. Jadis, on craignait les Huns et les envahisseurs venus d'Asie.

On les craignait car ils étaient bien réels, bien identifiés. Aujourd'hui, les envahisseurs sont virtuels...

La crise que nous connaissons n'est que l'amorce d'une crise plus profonde.

13 % de chômage n'est pas un plafond, ce peut très bien être le début d'une aggravation beaucoup plus considérable. On peut penser, sans être spécialement pessimiste, que la France connaisse 25 % de chômage avant dix ans. C'est dans la nature même de l'évolution technologique.

Une exclusion intellectuelle se prépare. Elle n'était pas si grave à l'époque où 60 %, 70 % des Français vivaient à la campagne. Il y avait une vraie culture populaire au sens propre. On pouvait très bien vivre sans la culture urbaine.

Aujourd'hui, cette culture populaire a disparu et n'est remplacée que par des cultures abstraites, des cultures urbaines, des cultures virtuelles, qui ont leur valeur mais qui sont de plus en plus inaccessibles.

Si on admet cette prémisse, il est d'autant plus important et d'autant plus urgent de se saisir de ces nouveaux champs comme de la nouvelle école, de la nouvelle université, de la nouvelle société à bâtir. Il ne faut pas simplement se demander si ce sera facile ou pas ; ce ne sera peut-être pas très facile. De toute façon, chacun doit agir car le contexte va changer, avec ou sans lui. Il vaut mieux être avec, car le monde de demain sera largement dépendant dans sa structure, dans ses modes de fonctionnement, de ces technologies. Ce que nous vivons aujourd'hui n'est pas juste un média qui viendrait s'ajouter au cinéma, à la télévision ou au téléphone. Il s'agit de quelque chose de plus profond. Ce n'est pas simplement une technique mais quelque chose qui a trait avec une manière de se représenter le monde, d'agir sur lui.

Philippe Quéau

Polytechnicien et ingénieur de l'École supérieure des télécommunications, Philippe Quéau a créé en 1980, le groupe de recherche Image de l'INA, avant d'organiser Imagina, le Forum international des nouvelles images de Monte-Carlo. Directeur de recherche à l'INA jusqu'en 1996, il est aujourd'hui directeur de la division de l'information et de l'informatique à l'Unesco. Il a publié aux éditions Champ Vallon/INA : Éloge de la simulation, De la vie des langages à la synthèse des images, 1986 ; Metaxu : théorie de l’art intermédiaire, 1989 ;  Le Virtuel, vertus et vertiges, 1993. (Propos recueillis par Nicole de Clermont-Tonnerre et Pierre Klein)

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