«Indicateurs sociaux : démarche bureaucratique ou participative ?»

Gilda Farrell

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Gilda Farrell, « «Indicateurs sociaux : démarche bureaucratique ou participative ?» », Revue Quart Monde [En ligne], | 2002/, mis en ligne le 18 octobre 2010, consulté le 29 septembre 2020. URL : https://www.revue-quartmonde.org/4842

Index chronologique

2002/01

1. Une motivation croissante pour construire des indicateurs sociaux

Une diversité d’intervenants essaye de recourir plus systématiquement aux statistiques sociales :

Organismes intergouvernementaux, Commission européenne, Ministères chargés des politiques sociales, Associations caritatives, Chercheurs, Mouvements militants dans le domaine de la lutte contre la pauvreté.

La motivation générale semble se trouver dans l’inquiétude face à la réduction des dépenses sociales dans un contexte d’inégalité grandissante.

Les motivations spécifiques correspondent aux objectifs et aux rôles propres à chacun de ces intervenants.

- Motivations des organismes intergouvernementaux

Accroître la responsabilité des secteurs public et privé dans les politiques sociales ;

Suivre, par des approches et des études comparatives, l’évolution sociale ;

Faire accepter de nouveaux concepts en facilitant leur intégration dans des politiques sociales susceptibles de suivi ;

Homogénéiser le relèvement statistique.

- Motivations de la Commission et des institutions européennes

Harmoniser l’approche de la politique sociale des États membres et favoriser un apprentissage réciproque ;

Surveiller la politique sociale de façon à l’encadrer dans les critères de stabilité monétaire et de compétitivité économique ;

Rendre les États membres attentifs à l’augmentation de la pauvreté et de la disparité entre régions : protéger le modèle social européen ;

Améliorer la coordination entre les différents niveaux d’intervention en ce qui concerne l’offre de services.

- Motivations des ministères chargés des politiques sociales

Suivre les résultats qui découlent de l’application des politiques et des programmes d’intervention ;

Evaluer le coût des interventions par rapport aux résultats ;

Vérifier les programmes qui marchent le mieux et les améliorer ;

Suivre l’évolution du marché du travail comme mécanisme privilégié d’accès à la protection sociale ;

Vérifier si les disparités régionales restent contenues ;

Gérer les négociations avec les partenaires sociaux ou les organismes de la société civile.

- Motivations des chercheurs

Valider les instruments de mesure du bien-être et de la pauvreté ;

Compléter les données statistiques par des relèvements additionnels à partir d’enquêtes ;

Suivre l’évolution des tendances en termes d’égalités/inégalités ;

Formaliser l’expérience de terrain.

- Motivations des associations caritatives chargées de la prestation de services

Montrer la pertinence des interventions propres ;

Mettre en évidence les conséquences de la réduction des interventions ou des fonds disponibles ;

Évaluer le coût des interventions par rapport aux résultats ;

Vérifier les programmes qui marchent le mieux et les améliorer ;

Démontrer que la logique de marché/compétitivité ne peut pas toujours s’appliquer aux interventions sociales ;

Légitimer sa propre position lors des négociations.

- Motivations des mouvements militants dans le domaine social et de la lutte contre la pauvreté

CC BY-NC-ND