Ressources pour l’action

Martine Hosselet-Herbignat

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Martine Hosselet-Herbignat, « Ressources pour l’action », Revue Quart Monde [Online], 216 | 2010/4, Online since 01 June 2011, connection on 30 November 2022. URL : https://www.revue-quartmonde.org/5020

Les actions, les recherches et les politiques déployées pour faire face à la persistance de l’extrême pauvreté n’atteignent que rarement les personnes sans voix, les plus faibles et les plus vulnérables. Elles ne sont ni consultées, ni associées pour penser et construire des alternatives alors qu’elles ont un savoir de résistance lié à leur expérience de vie.

Pour infléchir cette tendance récurrente, il s’agit d’innover résolument en matière de lutte contre la pauvreté. En 2008, au niveau du monde, un processus renouvelé d’évaluation programmation a été engagé par ATD Quart Monde. Le contrat d’engagement 2008-2012 en est issu, décliné en cinq points1. Il lance un Appel à s’unir pour un monde sans misère.

A mi-chemin de ce parcours, ce dossier propose une réflexion à partir de projets significatifs menés en divers pays.

De Haïti arrive cette réflexion en forme d’interrogation : Pourquoi l’aide internationale a-t-elle tant de mal à atteindre les plus pauvres ? En France, des comités « Solidaires pour les droits », initiés conjointement par ATD Quart Monde, Amnesty international, le Secours catholique, travaillent à une évolution de la vision de l’extrême pauvreté, interprétée comme une violation des droits, tandis qu’à Lille un collectif associatif se dote d’une convention l’engageant dans un projet pilote de promotion familiale sociale et culturelle de tout un quartier. L’évaluation de trente ans d’histoire du Mouvement en Alsace pour atteindre les plus pauvres, agir à partir d’eux et avec eux introduit une notion peu prise en compte dans les pratiques d’action : agir sur plusieurs générations. Au Guatemala s’est menée, en partenariat avec le gouvernement, une recherche sur les indicateurs à inventer pour rendre visibles les enfants les plus pauvres, en particulier en matière d’éducation.

Ces actions innovantes, misant sur un engagement à long terme, en particulier celui du volontariat inventé par le Mouvement, ont un coût. Cependant, « l’argent n’est pas le nerf de la guerre, il est avant tout un trésor de paix », rappelle l’un des auteurs, en écho à Doña Raquel, disant : « Je ne peux pas vivre en paix si j’ai un enfant qui a faim, si j’ai un enfant qui ne va pas à l’école… » Des moyens mis au service de la construction d’une paix juste : un autre défi permanent relevé par ATD Quart Monde.

Ces pratiques sont-elles généralisables ? Peut-on assumer que l’approche de certaines populations soit considérée comme incontournable ?... Autant de questions soulevées par ce dossier visant avant tout à poursuivre une réflexion avec tous ceux - élus, associations et citoyens- qui se sentent concernés par l’urgence de donner corps et existence aux espoirs des plus pauvres : être activement sollicités et impliqués dans la compréhension des situations, pour traduire ensuite avec d’autres cette connaissance en projets, vers une société sans exclusion.

1 Voir l’article de P. et C. Heyberger, B. Tardieu, p.25.

1 Voir l’article de P. et C. Heyberger, B. Tardieu, p.25.

CC BY-NC-ND