N° 237, 2016/1   •  À hauteur d’enfant
Dossier

“Écoutez, grand-mère pourrait être célèbre !”

Charo Carrasco
Traduction de Bruno Dabout
  • p. 22-27
  • publié en février 2016
Résumé
  • Français

L’auteure évoque les évolutions de la relation qu’elle a nouée avec Helena, Indienne Apache parlant anglais, et avec ses petits-enfants, à Gallup2, dans un ancien village minier3.

Texte intégral

Les petits-enfants d’Helena ont été les premiers que nous avons rencontrés. Helena vivait avec eux dans un petit appartement près du parc où tous les jeudis nous installions la bibliothèque de rue. Après la bibliothèque, un des animateurs accompagnait les enfants chez eux et échangeait quelques mots sur les activités, sur les enfants, sur la séance, avec un adulte qui les recevait sur le pas de la porte.

La première fois où nous avons accompagné Brenda et Orlando jusqu’à leur maison, Helena a ouvert la porte et plusieurs enfants ont commencé à vouloir se faufiler pour voir ce qui se passait4. Elle nous a expliqué qu’elle prenait souvent soin de ses petits-enfants l’après-midi après l’école. De nombreuses fois, nous nous sommes arrêtés devant son appartement pour la saluer, surtout quand ses petits-enfants jouaient devant la porte. Ses petites-filles les plus jeunes prenaient nos mains. Si nous avions quelque chose dans nos mains, elles demandaient ce que c’était. La grand-mère devait leur prendre un bras pour les inciter à dire au revoir et les retenir de l’autre main. Ce fut l’une des raisons qui nous ont motivés à lui faire une proposition. Nous avons donc commencé à rendre visite à Helena le mardi après-midi. Elle a d’abord accepté de laisser les enfants, venant de plusieurs pâtés de maisons alentour, utiliser sa salle de bains. Puis nous avons demandé à Helena si elle désirait que nous venions chez elle avec des livres et quelques jeux. Il n’y a pas eu grand-chose à expliquer, elle a été presque immédiatement d’accord. La première fois que nous sommes venus, nous avions avec nous presque tous les documents de la bibliothèque de rue. Nous nous sommes installés à l’extérieur de l’appartement, sur les marches du perron. Nous avions amené des livres à plusieurs histoires, des logiciels et un ordinateur de jeux. Les enfants plus âgés étaient heureux et nous ont toujours demandé de revenir. Mais pour les petites filles plus jeunes qui se trouvaient dans l’appartement avec elle, Helena disait qu’elles étaient encore petites, et que le danger des voitures était trop proche. Je pense qu’elle est venue, une seule fois, s’asseoir à l’extérieur avec ses petits-enfants.

Helena s’implique

Un après-midi, quand nous sommes arrivés à l’animation, elle nous a invités à entrer dans la maison. Ce petit geste a marqué une nouvelle étape. Je me souviens d’un premier mardi, où nous avons vu qu’elle avait préparé la maison pour nous accueillir ; les enfants étaient tous assis sur le tapis du salon en espérant que nous sortions de nos sacs le matériel que nous leur avions apporté ; cinq paires d’yeux qui nous regardaient anxieusement, et mettaient leurs mains dans nos poches. Helena se tenait assise dans un coin sur une chaise et recommandait la patience et le silence aux enfants. Nous, nous étions trois animateurs avec des livres, des puzzles et quelques jeux.

Nous nous sommes assis sur le tapis avec les enfants, nous avons lu des livres individuellement, en groupes, joué avec les jeux. Nous avons parlé un peu avec Helena. Notre première conclusion après cette expérience était de découvrir le nombre d’enfants et combien il était intéressant de voir les enfants dans leur environnement familial et la réaction positive d’Helena, depuis notre arrivée jusqu’à notre départ. Un autre après-midi, lorsque nous avons frappé à la porte, la personne qui a ouvert a dit qu’elle était une fille d’Helena, que celle-ci n’était pas à la maison mais qu’elle avait laissé des instructions. Comme toujours, la maison était prête pour l’animation et les enfants se sont précipités pour s’asseoir sur le tapis. Nous avons répété ce même format de visite peut-être trois fois, presque toujours Helena et les enfants nous attendaient. Nous avons alors décidé que je continuerais seule les visites.

Quand je vais rendre visite à Helena, nous parlons de beaucoup de choses. J’ai l’impression que la vie de ses filles n’est pas facile. Helena est consciente de la fragilité de ses enfants. Elle se sent responsable de les accompagner, de les soutenir, d’essayer d’être là pour eux.

« …Ce sont des adultes, les parents… Je ne peux pas intervenir, je suis grand-mère ».

Une de ses filles a huit enfants (l’aîné a dix-huit ans et le cadet quatre ans), Helena s’occupe de deux d’entre eux depuis qu’ils sont presque bébés. James est arrivé quand il avait quatre ans et Brenda quand elle n’avait même pas un an. Il m’a fallu un certain temps pour comprendre que ces huit enfants étaient tous de la même fratrie par la mère.

« Quand ils étaient bébés, le père a eu une dépression très profonde. Un jour il y avait tous les volets fermés et les lumières éteintes. J’ai dit à ma fille, il faut faire quelque chose, vous devez vous faire aider. Quelques jours plus tard, il est venu chez moi : ‘Je vais laisser les enfants’… et personne n’est venu les chercher. Comme ma fille n’est pas réapparue pour les prendre, ils sont restés avec moi ».
« Ces deux enfants sont venus à moi juste quand je commençais à avoir des problèmes de dos ; je devais l’accepter, ce sont mes enfants, ils font partie de moi ».

Brenda et James appellent leur grand - mère « maman ».

J’admire sa façon d’exprimer son amour chaleureux et ferme, maternel et filial en même temps. Surtout quand elle a avec elle sept des huit frères et sœurs. J’ai l’impression que la situation est difficile pour les enfants, parce que James est le troisième enfant de la fratrie, Brenda est la sixième. Comment et pourquoi la mère a été d’accord pour les séparer du reste des enfants, je ne sais pas. Et peut-être y-a-t-il des bouts d’histoire que je n’ai pas compris. Parfois, j’ai l’impression que les enfants ont des relations entre eux comme des cousins. Mais elle est là pour leur rappeler qu’ils sont frères et sœurs, que leur mère et leur père veillent sur eux. Parfois j’ai l’impression que ces mots n’ont pas le même effet sur James et Brenda. Mais cela me frappe encore, les efforts de cette femme pour renforcer les liens de la fratrie.

Souvent, dans le petit appartement, il y a plus de huit enfants, parfois aussi ses neveux et d’autres parents. Parmi ceux-ci, un jour est venue Debbie, une jeune fille de vingt-et-un ans de physique très agréable. Helena m’a dit fièrement qu’elle a achevé ses études secondaires et effectué aussi une formation de technicienne en radiologie : « Je lui ai proposé de rester vivre avec nous, et de rechercher un emploi ici ». Une semaine plus tard, quand je suis revenue en visite, j’ai demandé des nouvelles de sa nièce et Helena a secoué la tête…

« Elle est de retour à Albuquerque. J’ai voulu l’aider à ne pas aller errer dans les rues, se saouler, fumer… C’est une fille qui a du talent ; sa vie pourrait être différente si elle était soutenue et si elle est prête à prendre sa chance… Personne ne prend soin d’elle, sa mère est alcoolique, elle ne connaît que cela de la vie ».

Je la regardais et je l’écoutais en silence. Leur appartement compte seulement deux chambres (une des chambres est sous-louée à Travis, le premier fils de son fils aîné), un petit salon et un espace cuisine.

Le changement dans le nombre des animateurs a donné une impulsion d’interaction différente. Helena a commencé à avoir un rôle beaucoup plus actif, les enfants étaient plus indépendants dans leur interaction avec les livres. J’ai observé qu’Helena lisait des livres à ses petits-enfants. Cette dynamique ne semblait pas nouvelle dans la routine familiale. Elle était fière quand les filles (Alissa, cinq ans, Bethany, un an, et Lesley, quatre ans) comptaient, disaient le nom de quelques lettres de l’alphabet ou des couleurs : « Bravo, you are smart ! (Bravo, vous êtes brillants) ».

Charo et Helena collaborent

Il y a un moment dans l’animation où les enfants sont prêts pour un temps entre eux, jouer, interagir, etc. Alors, elle et moi, nous les observons et nous parlons. Un jour, elle m’a remerciée d’être là, d’apporter « cela » aux enfants, qui pour elle, était quelque chose de très important. Elle m’a demandé quel genre d’enseignants nous étions, et si nous visitions de nombreuses familles en effectuant ce type d’activité, etc. Je lui ai expliqué en termes très généraux notre rôle en tant que volontaires, et notre volonté de soutenir les parents dans les efforts qu’ils font pour leurs enfants. J’ai aussi expliqué qu’on ne visitait pas toutes les familles des enfants que nous rencontrons mais en fonction des familles.

Helena se soucie de l’évolution de chacun de ses petits-enfants et fait part de ses préoccupations à leurs parents et, si nécessaire, elle recherche des ressources complémentaires pour améliorer la qualité de leur vie. Actuellement, elle recherche une possibilité d’obtenir un soutien scolaire pour Brenda. Le niveau d’écriture et de lecture de celle-ci n’est pas très bon et certaines caractéristiques de ses difficultés font penser à un certain degré de dyslexie. Comme Brenda est sous sa tutelle, elle est allée personnellement demander de l’aide à l’école, mais l’école n’a pas répondu positivement à cette demande. Cela ne l’a pas démoralisée et elle continue à explorer d’autres moyens, car il est très important pour elle de savoir si, oui ou non, sa petite-fille a besoin du soutien d’un professionnel.

Parfois, je l’ai trouvée très enthousiaste au sujet de cette recherche de soutiens. L’autre petit-fils pour lequel elle est profondément préoccupée est Dylan. Parfois, il semble enfermé dans son monde, parfois il devient très violent et brise des objets, parfois il ne veut pas aller à l’école. Apparemment, un jour, l’école a recommandé qu’il prenne un thérapeute, puis elle m’a expliqué :

« Je suis sortie très déçue de cette visite… Le médecin est un très vieil homme, un homme blanc… C’était clair que mon petit-fils traversait une période difficile à ce moment, il avait besoin de soutien. Et tu sais de quoi le médecin m’a parlé ?… Des abus que les Blancs ont exercés sur les Indiens, des moutons qui ont été tués, des terres qui leur ont été volées, de la frustration que nous avons accumulée au fil des générations, des traumatismes que cela a générés en nous, etc. Je lui ai répondu que ce n’était pas l’histoire des peuples autochtones américains qui faisait souffrir mon petit-fils, que pour moi, ce qui est arrivé il y a longtemps n’était pas ce qui importait en ce moment, que je préférais m’occuper de ce qui se passait aujourd’hui. Mais ce qui m’a le plus indignée, c’est une de ses questions : ‘Connaissez- vous un peu d’Histoire ?’ Oui, je lui ai répondu, et il a encore demandé : ‘Qui admires-tu ?’ J’ai répondu : ‘Napoléon, Louis XIV’ ; le médecin m’a regardée et il m’a dit : ‘Ce sont des étrangers, tu n’admires pas les grands hommes indiens ?’ ».

Quand elle a eu fini de me raconter cet épisode, elle a bougé la tête avec un signe de fatigue et de colère. Ce geste m’a rappelé avoir entendu un homme indien me dire au marché aux Puces quelques mois auparavant : « Ils sont incapables de voir l’homme que je suis, ils préfèrent croire que je suis un Indien. »

À plusieurs reprises Helena m’a parlé longuement de son désir que Lesley et Bethany puissent recevoir une certaine forme de stimulation précoce (pré-école) ; elle m’a parlé de cette expérience avec certains de ses petits-enfants, et combien cela leur avait apporté pour leur développement personnel et scolaire.

« Quand James était petit, il a pu être inscrit dans le programme FACE (Famille et enfants Éducation de la Nation Navajo) et quand il a été à l’école, il savait comment faire face au défi de l’école, tout n’était pas nouveau pour lui. Maintenant James est dans un programme pour enfants doués. J’ai essayé de faire la même chose pour Brenda, mais à ce moment-là mon dos me faisait très mal et je ne pouvais quitter la maison ; ses parents m’ont soutenue pour m’aider à trouver un programme, mais en vain… »

« Bethany est une fille très intelligente ; je lui ai appris l’alphabet, les couleurs, les nombres à savoir jusque sept. Lesley est très timide, elle a du mal à parler, elle parle toujours comme un bébé ; mais je tente ce que je peux pour la stimuler à la maison… Espérons que ses parents cherchent quelque chose pour elle… »

Au fil de mes visites, l’idée d’avoir des séquences de stimulation précoce s’est construite presque naturellement comme le résultat de nos discussions et de mon observation. Pour ma part, je suis heureuse de contribuer aux efforts d’Helena, et d’avoir quelque chose de concret à proposer sur lequel échanger. Elle se sent tellement impliquée dans cette idée que lorsque son téléphone sonne au milieu de notre activité, elle prend seulement le temps de dire : « S’il vous plaît, rappelez plus tard, les filles sont dans leur session d’apprentissage ». Parfois, lorsque nous avons travaillé sur quelque chose de concret comme des collages, des modèles de moules, elle met le travail des filles sur le réfrigérateur pour le montrer plus tard à leurs parents, quand ils viennent les chercher.

Un après-midi, la mère d’Alissa appelle alors que nous travaillons avec de l’argile. Les filles font un bonhomme, en commençant par la tête et terminant avec les pieds. Alissa a travaillé de manière très concentrée. Alors que c’est fini, elle commence à monter une deuxième couche de pâte. La grand-mère demande ce qu’elle fait et elle répond : « Les vêtements » ! Cet après-midi Helena n’a pas hésité à dire à sa fille au téléphone ce qu’Alissa était en train de faire. Il y avait de la joie et de la fierté dans sa voix.

Alissa, la sœur de Bethany, a le syndrome de Down5. Actuellement, elle est inscrite dans le programme scolaire régulier tout en recevant une aide destinée aux enfants en situation de handicap. Helena m’a expliqué un après-midi que l’apprentissage d’une enfant comme Alissa est lent, mais qu’il est très important qu’elle reçoive une stimulation continue. C’est ainsi qu’avec Alissa, nous faisons un programme de stimulation de trente minutes. Pour moi, cette expérience est très importante, car c’est la première fois que je travaille en étroite collaboration avec un enfant ayant des besoins spéciaux à cause d’une maladie créant un handicap. Alissa revient de l’école dans un bus réservé aux enfants ayant des besoins spéciaux, Helena sort la chercher quand le bus s’arrête en face de sa porte, et lui dit : « Allons viens, l’enseignante est en train de t’attendre ».

Au cours de ces trente minutes d’animation, Helena joue un rôle de soutien en tant que médiatrice pourrait-on dire, et elle montre de la fierté à chaque geste positif des filles. Parfois, quand les filles sont très fières d’elles-mêmes, elles font un signe en direction de leur grand-mère et il y a presque toujours une étreinte mutuelle.

Je peux affirmer que ses souhaits ont encore gagné en force à voir l’enthousiasme de ses petites-filles. Un jour, elle m’a dit qu’elle était allée se renseigner sur le programme FACE dans le village voisin de Yah Ta-Hey. Elle m’a fait part de sa déception que le programme ait été arrêté, et qu’à la place, on ait ouvert un programme d’école maternelle (pour les enfants de quatre et cinq ans).

Je me suis demandée si je connaissais des programmes à proximité de son quartier. Une partie de notre travail à ATD Quart Monde est de nous informer de ce que existe comme services et programmes sociaux dans la commune. Lors de ma visite suivante, j’ai apporté à Helena le dépliant d’un programme dont elle ne m’avait jamais parlé. On l’a lu ensemble, elle ne le connaissait pas. Je l’ai laissée libre de contacter les animateurs ou non. Elle m’a dit la fois suivante qu’elle avait téléphoné et pris un rendez-vous avec une éducatrice.

Trois semaines se sont écoulées depuis la première visite de l’éducatrice et apparemment un rythme de visite hebdomadaire est déjà établi. Helena me dit après la première visite :

« Le jour où est venue l’éducatrice, Bethany était seule avec moi ; je lui ai fait un test, elle a dit que c’est une fille très intelligente. J’en ai parlé à la mère de Lesly, pour qu’elle puisse aussi avoir des séances ».

Pour moi, ce changement marque une étape dans notre relation entre elle, sa famille et les volontaires d’ATD Quart Monde, et je suis heureuse que cela ait été possible avant que je ne parte. De cette manière, l’équipe peut construire une nouvelle étape avec liberté, créer en fonction de la situation un nouveau rythme de rencontre, d’échange, etc. On est presque à la fin octobre. Je suis à un mois de mon départ. Je le lui ai annoncé et nous avons échangé sur ce changement. Je lui suis reconnaissante de m’avoir fait confiance avec ses petits-enfants. Sachant que je ne parle pas bien la langue et que, sûrement je ne serais pas d’une bonne influence sur ses petits-enfants à ce niveau, je l’ai remerciée d’être restée avec moi pendant les animations et de m’avoir soutenue.

Après, nous avons parlé du volontariat, des changements de responsabilité, etc. Je lui ai expliqué qu’ATD cherche à engager des personnes de différentes origines, langues, cultures, etc. sur un projet visant à changer la société. Un projet dans lequel les pauvres sont des participants actifs. Nous parlons du nouveau projet d’ATD aux USA : The role we play (Le rôle que nous jouons). Ses petits-enfants étaient près de nous lorsque nous en parlions. Je lui ai demandé si elle voulait faire partie des personnes interrogées. Elle a tourné la tête vers ses petits-enfants et a dit : « Écoutez, grand-mère pourrait être célèbre ! ».

Peut-être que ce sera le début d’une nouvelle étape.

Notes

2 Gallup est connu pour être le « Cœur du pays des Indiens » parce que c’est une ville située au centre de la réserve Navajo et où habitent également plusieurs autres tribus.

3 Texte traduit de l’espagnol par Bruno Dabout.

4 Quand elles se sont rencontrées pour la première fois, l’auteure parlait un anglais de niveau débutant.

5 Ou trisomie 21.

Pour citer cet article Charo Carrasco, « “Écoutez, grand-mère pourrait être célèbre !” », Revue Quart Monde, Année 2016, À hauteur d’enfant, Dossier, mis à jour le : 26/05/2018,URL : https://www.revue-quartmonde.org:443/6554.
Auteur

Charo Carrasco

Péruvienne, Charo Carrasco est volontaire d’ATD Quart Monde depuis 2001. En Bolivie pendant sept ans, elle y a travaillé avec des enfants, des mamans, et un groupe de professeurs dans l’esprit Tapori (Voir aussi l’article page 9). Après plusieurs années en France, puis quatre ans à Gallup (Nouveau-Mexique), elle est maintenant à Cuzco (Pérou) avec une responsabilité nationale.