Nan Joyce, Traveller, an autobiography

Gill and Macmimman LTD, Goldenbridge, Dublin, 1985, 119 pages

Diana Faujour

Référence(s) :

Nan Joyce, Traveller, an autobiography, Gill and Macmimman LTD, Goldenbridge, Dublin, 1985, 119 pages.

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Référence électronique

Diana Faujour, « Nan Joyce, Traveller, an autobiography », Revue Quart Monde [En ligne], 132 | 1989/3, mis en ligne le 18 mai 2020, consulté le 24 octobre 2020. URL : https://www.revue-quartmonde.org/8868

Nan, voyageuse irlandaise, confie à Anna Farmar son histoire. Elle retrace le chemin suivi par sa famille et son peuple, selon les histoires racontées par ses parents et ses propres souvenirs d’enfance. Autrefois, les voyageurs tenaient une place et jouaient un rôle dans la société irlandaise ; ils faisaient de la ferblanterie, par exemple, ou travaillaient sur les marchés. Mais avec l’évolution de la société, il y eut de moins en moins de place pour eux. Dans les années 70, ils furent chassés de tous les côtés, rejetés à l’hôpital comme à l’école, harcelés par la police et par des sédentaires. Beaucoup étaient réduits à mendier, à voler.

Le père de Nan meurt dans un poste de police quand elle a douze ans. (La police ne dira jamais à la famille dans quelles circonstances). Sa mère est arrêtée peu après. Pendant son année de prison, Nan et sa sœur de quatorze ans s’occupent seules de leurs sept frères et sœurs plus jeunes qu’elles.

Elle témoigne non seulement de sa vie, qui reste toujours aussi dure, mais du sort de son peuple. Dans les trois derniers chapitres, on la voit devenir figure publique. Un jour, avec d’autres voyageurs, elle refuse de bouger quand la municipalité veut les chasser. Quelques sédentaires se mettent de leur côté. Un journaliste vient avec une caméra et Nan a l’occasion de prendre la parole. Ainsi se déclenche un mouvement de voyageurs qui réclament le respect.

Nan est souvent à la tête des manifestations ; elle forme des groupes surtout en Irlande. Elle se présente dans les élections locales, ce qui lui vaut encore plus de publicité et cinq cents votes, mais cela attire aussitôt l’attention de la police qui l’arrête pour des vols qu’elle n’a pas commis.

Nan Joyce est maintenant assez connue en Irlande. Il y a eu du progrès depuis le début de sa carrière publique : les gens portent maintenant un meilleur regard sur les voyageurs. C’est pendant une de ses interventions en juin 1983 qu’elle a parlé du quart monde (un terme presque jamais entendu en anglais) :

« Vous êtes très inquiets pour le sort du tiers monde. Vous devriez penser autant à nous, le quart monde. Nous sommes les pauvres d’Irlande, des exclus dans notre propre pays. Nous vivons en caravane, parmi les rats. Nos enfants souffrent d’autant de maladies que les enfants du tiers monde ».

CC BY-NC-ND