François-Paul Debionne, La santé passe par la dignité, l’engagement d’un médecin

Ed. de l’Atelier, Ed. Quart Monde, 2000, 237 p. , préface de Michel Manciaux

Daniel Fayard

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François-Paul Debionne, La santé passe par la dignité, l’engagement d’un médecin, Préface de Michel Manciaux, Ed. de l’Atelier, Ed. Quart Monde, 2000, 237 p.

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Daniel Fayard, « François-Paul Debionne, La santé passe par la dignité, l’engagement d’un médecin », Revue Quart Monde [Online], 173 | 2000/1, Online since 27 May 2020, connection on 24 November 2020. URL : https://www.revue-quartmonde.org/9500

1 mars 2000

1 août 2000

« Pendant vingt-cinq ans, je me suis battu pour le droit à la santé. Mais au moment où je termine la relation de cette aventure humaine, je tiens à le redire, avec toute la force de mon expérience : sans la dignité‚ les droits de l’homme sont des caricatures, des coquilles vides.

Il m’aura fallu des années pour comprendre, en actes et en vérité, et pas seulement en paroles, que l’important pour les plus démunis, ce n’est pas de leur procurer des soins, un logement, du travail... Il faut le faire évidemment ! Mais ce qu’il faut d’abord, c’est reconnaître leur dignité d’êtres humains. A partir du moment où ils se sentiront considérés comme des personnes, et alors seulement, on pourra prétendre combattre, « avec » eux, pour mettre fin aux conditions infra-humaines dans lesquelles nous les laissons, non pas vivre, mais survivre. (…)

C’est dans le cadre de l’Institut de recherche d’ATD Quart Monde qu’a mûri mon engagement. J’ai rejoint ensuite les « travailleurs aux relations humaines », premier nom des volontaires de ce Mouvement. Cette approche des plus pauvres a transformé ma vie et celle de ma famille, elle m’a rapproché de l’essentiel, de l’universel, elle m’a donné l’audace de me battre contre des idées reçues et d’avancer des propositions considérées comme utopiques, folles, voire révolutionnaires. Le temps est venu de dire merci à tous ceux qui ont nourri et accompagné ma démarche. Car, c’est bien d’une aventure collective qu’il s’agit, même si ma relation est d’abord celle de l’un des acteurs, d’un témoin parmi d’autres d’une évolution considérable des mentalités et des structures. (…) S’il revient au législateur d’actualiser l’expression des droits fondamentaux, c’est à chacun de nous, en sa qualité de citoyen, de s’engager pour introduire, dans sa pratique quotidienne, professionnelle ou autre, ce regard riche d’estime, ce regard qui ouvre les voies d’une authentique relation, sans lequel oser parler de dignité serait indécent ».

Daniel Fayard

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