Merci de m’avoir invitée à prendre la parole au nom de toutes les personnes qui sont blessées, à cause qu’elles ont été internées, placées de force, à qui on n’a pas donné la chance d’un avenir. Nous sommes là aussi pour penser à toutes les personnes qui sont décédées à cause de ces injustices et ces violences.
Enfant, j’ai toujours entendu dire qu’il n’y avait rien pour ma mère et moi. Pourtant, je la voyais travailler. Elle allait en forêt ramasser le bois pour cuisiner et pour le chauffage. Elle nettoyait la maison, faisait la lessive dans l’eau gelée de la fontaine.
Pourtant ma mère et moi n’étions tolérées qu’à la cave.
Après l’école enfantine à Fribourg, j’ai été séparée de ma mère et placée dans plusieurs institutions.
Cela a duré en tout 20 ans et 3 mois, 20 années volées de ma vie.
Avec nous, tout a été fait pour qu’on ne coûte rien à la société ; grâce à nous, il fallait plutôt que de l’argent rentre. Au lieu de pouvoir aller à l’école, j’ai été enfermée dans une petite chambre...
Ce document sera publié en ligne en texte intégral en septembre 2026.
