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Perspective de la pauvreté en Suisse

Georges Enderlé
  • publié en février 1992
Résumé
  • Français

Ce texte est extrait d’une conférence prononcée en allemand1 à Fribourg (Suisse) le 11 juin 1990. L’auteur, qui rappelle l’importance des seuils matériels dans une économie monétaire, propose de définir la pauvreté en se reflétant au concept de « qualité de la vie », lié à la possibilité d’agir librement. Il identifie des « champs d’action réduits » constitutifs de la pauvreté dans les domaines de l’habitat, de la communication et de l’environnement en premier lieu, dans ceux de la consommation et des loisirs ensuite, dans celui, très important, du travail et enfin, dans celui de l’éducation. Il expose ensuite la réflexion reprise dans l’extrait suivant sur la pauvreté à l’aube du XXIème siècle en Suisse et en Europe.

Index

Index chronologique

1992/1
Texte intégral

Trois réflexions vont structurer mon analyse :

Tout d’abord, j’exposerai pourquoi je pense que la question de la pauvreté va devenir plus importante et plus cruciale dans les années 1990.

Ensuite, j’énoncerai les arguments éthiques que je considère comme fondamentaux pour que nos sociétés combattent la pauvreté de manière constante et efficace et puissent la vaincre.

Enfin, j’essaierai de dégager quelques orientations concernant le droit à la sécurité d’existence pour l’an 2000 dans le cadre d’une meilleure protection sociale en Suisse et en Europe.

La pauvreté : une question plus importante et plus urgente

La pauvreté, au cœur de l’état de prospérité, deviendra dans les années 1990, un problème encore plus important et plus urgent. Il me semble que cette pauvreté va s’accroître encore et que ses effets vont encore s’accentuer. C’est pourquoi j’aimerais faire valoir quelques remarques.

Un premier domaine concerne la compréhension que l’on a de la pauvreté, que ce soit du point de vue des sciences sociales et, en particulier, d’un point de vue économique, ou de celui qu’en a l’homme de la rue. Dans une très grande mesure la complexité de cette question est, à mon avis, sous-estimée. Par exemple, d’un point de vue intellectuel, elle est considérée comme relativement simple et de peu d’intérêt théorique. On croit pouvoir résoudre les problèmes de pauvreté par des mesures indirectes (croissance économique générale, système général de sécurité sociale) et en fait, on se contente de quelques explications ou même de quelques règles pratiques simples et faciles. On ne prend pas suffisamment au sérieux le fait que la pauvreté a toujours été extrêmement difficile à extirper jusqu’à présent, tout au long des siècles la pauvreté a toujours accompagné l’homme.

Ceci, cependant, ne veut pas dire qu’il doit en être ainsi dans le futur. Je suis, au contraire, convaincu que la pauvreté peut et doit être systématiquement vaincue.

Mais cette réalité historique devrait nous donner conscience qu’il ne suffit pas d’appréhender et de traiter la pauvreté comme un simple problème socio-technique. Il est en effet encore très courant – je viens de l’évoquer – de considérer que la croissance économique, à elle seule, éliminera du monde la pauvreté. Cette illusion nourrie par beaucoup, pendant des décennies, dans le contexte de la politique sociale, comme dans celui de la politique du développement, doit être abandonnée, car la prospérité n’a pas réussi à s’infiltrer jusqu’au sein des population de la pauvreté.

La pauvreté sera un problème plus important pour un deuxième groupe de raisons.

La qualité de vie est étroitement liée au champ d’action (à la liberté réelle) dont l’individu dispose dans les domaines comme le travail, la formation, le logement, la culture, la santé. Par conséquent, l’amélioration de la qualité de vie signifie l’élargissement des champs d’action individuels que la pauvreté limite extrêmement.

Quant au domaine du travail et de la formation, il est  très difficile d’établir des pronostics à long terme sur l’évolution du marché du travail et du chômage, en particulier aujourd’hui à la veille du marché unique européen, de l’ouverture de l’Allemagne de l’Est et des Etats de l’Europe de l’Est.

Des études récentes (juin 1990) prédisent par exemple, pour la République fédérale d’Allemagne, en l’an 2000, une diminution de moitié du nombre des sans-emploi ; ce qui entraîneraient aussi une diminution des chiffres de la pauvreté. Cependant ces pronostics supposent qu’une politique active sera menée sur le marché du travail et que l’environnement pourra supporter la croissance des dix prochaines années. Mais même dans ce cas, les compétences exigées pour obtenir un poste augmenteront à cause de la rationalisation renforcée par la concurrence internationale. Ceci impliquera des qualifications professionnelles plus élevées, conditions auxquelles tous ne pourront évidemment pas satisfaire. Même s’il est difficile d’apprécier le nombre de ceux qui seront laissés pour compte, il serait trop optimiste de le considérer comme minime. C’est un nombre croissant de personnes qui ne pourront suivre cette évolution et seront en conséquence laissées de côté. Ceci signifie donc un risque croissant de pauvreté.

Dans le domaine du logement, plus particulièrement en Suisse, le risque de pauvreté va s’accroître considérablement. On sait que, dans les dernières années, le marché foncier et immobilier s’est beaucoup  dégradé. Tant qu’un petit pays est pauvre, on n’est pas particulièrement riche, ce qui était le cas pour la Suisse jusqu’au milieu de ce siècle, la pression sur les marchés foncier et immobilier n’est pas particulièrement forte. C’est aussi le cas quand les gens disposent de beaucoup d’argent face à une offre quasiment sans limite, comme aux Etats-Unis. Quand, au contraire, comme dans la Suisse de cette fin de siècle, le pays est si petit que l’offre de logement ne peut être augmentée que de façon très limitée, la pression d’énormes capitaux s’exerce sur les marchés foncier et immobilier créant une situation toujours plus explosive. Cette évolution augmente évidemment les risques de pauvreté parmi les personnes qui disposent des plus bas revenus, et aussi des revenus moyens.

Un troisième ensemble de réflexions conduit à prévoir la progression de la pauvreté

Suite aux nombreuses études actuelles sur la pauvreté, des couches plus larges de la population prendront probablement conscience de ce phénomène. Ceci ne signifie cependant pas que cette prise de conscience engendrera un  comportement différent vis-à-vis de la pauvreté. En effet, différentes attitudes qui, à mon avis, sont très répandues dans les pays de prospérité, gênent ou même empêchent la lutte contre la pauvreté.

La pauvreté reste dans l’esprit de beaucoup, qu’ils l’expriment ou non, une faute morale, attribuée en premier lieu aux pauvres eux-mêmes. L’individualisation et la privatisation extrêmes du problème de la pauvreté conduisent les non-pauvres à penser que, si seulement les pauvres le voulaient , ils pourraient se sortir de leur situation ; ils auraient un champ d’action largement suffisant pour obtenir l’argent nécessaire pour vivre. C’est donc plus ou moins volontairement qu’ils ne saisiraient pas leurs chances. De ce point de vue, leur situation apparaît nettement meilleure que celle des pauvres du tiers monde. Ils habitent dans un pays de prospérité où chacun peut obtenir le nécessaire pour vivre. Les pauvres seraient donc simplement trop fainéants, vivraient au crochet des gens convenables, et surtout, jetteraient l’argent par la fenêtre lorsqu’ils en ont.

Autre attitude qui fait obstacle à la lutte contre la pauvreté, le culte de la performance pure et dure, qui court le danger d’adopter un comportement de darwinisme social. La pauvreté paraît alors être le résultat mérité de l’incapacité ou des performances limitées des pauvres. C’est un produit fatal de l’évolution de l’humanité, regrettable subjectivement, mais objectivement acceptable. Si l’on veut jouir des avantages de la compétition; il faut, dans la perspective présente, en accepter aussi les inconvénients. De ce fait, la pauvreté serait un moyen de discipliner et d’élever l’homme, de résister à la paresse et d’augmenter la productivité.

Troisième attitude qui fait obstacle, un extrême individualisme : tout doit servir le profit personnel. Ce que l’on rencontre et ce pourquoi on lutte sera utilisé, directement ou non, explicitement ou pas, pour réaliser ce but. Les droits des autres hommes, les propriétés de la nature, seront évalués et exploités pour un seul avantage. Comment s’étonner alors que l’on devienne aveugle à la réalité de l’être de l’autre et incapable de solidarité avec les pauvres ?

La lutte conte la pauvreté requiert des fondements éthiques

Ce seul examen de quelques attitudes montre clairement que la manière de combattre la pauvreté est tributaire des interprétations et des jugements portés sur elle. Quelles conceptions de fond par rapport à l’image de l’homme et de la société sont finalement impliquées ? Pour une démarche éthicophilosophique, il ne suffit pas d’adopter des conceptions, de présenter des valeurs et des règles morales et d’exiger leur réalisation. Il faut d’abord les discuter sérieusement  On peut alors véritablement parler d’exigences éthiques.

La pauvreté doit être comprise, à mon avis, comme une violation de la dignité de l’homme. Cette conception, du moins dans cette forme, est très rare dans l’histoire (par exemple, chez saint François d’Assise). Elle ne s’est peu à peu répandue que dans les deux cent dernières années. Disposer au moins d’un minimum de champ d’action est du domaine de la dignité de l’homme. Il y a donc un droit moral à une sécurité d’existence économique minimale. De ce droit fondamental découlent différents autres droits fondamentaux. C’est le cas du droit au travail par exemple, sans lequel l’exercice de certains autres droits fondamentaux n’est pas possible. Quand il est pleinement réalisé, l’homme est capable de mener sa vie d’une façon active et autonome, et de prendre part à la vie de la société. Une sécurité économique minimale est, comme le dit un rapport français plus précis, plancher et tremplin tout à la fois ; c’est-à-dire qu’elle empêche la chute dans la pauvreté et permet à chaque citoyen et citoyenne de s’élever dans la société et de prendre une part active comme partenaires à part entière dans la vie de la société. La réalisation de ce but va aussi de pair avec ce qu’Alexis de Tocqueville, il y a cent cinquante ans, attendait d’une société moderne : qu’au moins, elle soit libérée de la pauvreté et de la tyrannie. La pauvreté ne doit pas être considérée comme impossible à extirper. Au contraire, porté par l’espoir chrétien et inspiré par l’héritage du Siècle des Lumières, l’affranchissement  de la pauvreté doit être, pour tous les hommes, le  but à atteindre ; but qui doit devenir accessible.

Cette appréhension de la pauvreté en tant qu’atteinte à la dignité de l’homme, se distingue très nettement de l’image des pauvres donnée par Jérémie Gotthelf, dans son ouvrage écrit en 1840 : « Die Armennoth », « La détresse des pauvres. » Gotthelf y regrette que les pauvres général, à la différence de Lazare, ne se couchent plus à la porte des riches en se taisant et en léchant leurs blessures, ne demandent plus humblement un petit morceau de pain, en se  satisfaisant des miettes tombées de leurs tables, ne prient plus pour leurs bienfaiteurs en étant leurs intercesseurs auprès de Dieu. Les pauvres, dans leur majorité, encouragés par la Révolution française, seraient devenus plus effrontés et réclameraient leurs droits. Le titre « Détresse des pauvres » ne signifie pas, comme on le pense tout d’abord, la détresse qui touche les pauvres, mais la détresse que les pauvres, étant donnés leur conscience et leurs comportements, préparent aux riches. Cet arrière-plan subsiste sans aucun doute à notre époque et met en lumière ce que véhicule la pauvreté comme atteinte à la dignité humaine. Elle implique donc en réponse un comportement qui rencontre les pauvres dans leur estime d’eux-mêmes, renforce leur volonté de se tenir debout seuls, et leur redonne leurs droits. Sur ce fondement moral, le pauvre ne peut plus avoir honte de lui-même .Il ne peut plus ressentir le sentiment pénible de la perte de sa valeur, se don indignité : son humiliation devant les autres n’a plus lieu d’être.

Cette attitude a été exprimée de manière remarquable dans un séminaire sur la pauvreté organisé avec des pasteurs protestants du canton de Saint-Gall. Son auteur a un fils de deux ans, est employée à temps partiel, et doit vivre avec 1 350F suisses par mois. Voici ce qu’elle a dit :

« J’ai laissé à d’autres le soin de piloter ma vie. Je me suis laissée mépriser et maltraiter, j’ai fait davantage confiance à l’avis des autres qu’au mien propre. J’ai laissé les gens me traiter avec indifférence et méchanceté, sans leur demander de changer de comportement. Dieu, Toi le Créateur, pardonne-moi mon mépris de moi-même, donne-moi confiance en moi et amour de moi. »

La considération de soi sans s’infatuer de soi-même trouve son fondement dans l’éthique de la dignité humaine. Elle revêt aussi dans la fameuse théorie de la justice de John Rawls une importance significative.

Promouvoir la sécurité d’existence à l’horizon 2000

J’ai essayé de démontrer que, quelles que soient les incertitudes, nous devons compter, dans les années 90, sur une aggravation de la pauvreté et que, pour cette raison, le fondement éthique de la lutte contre la pauvreté devrait être renforcé.

Si, maintenant, nous nous posons la question concrète du « Comment faire ? », nous devons partager nos réponses en deux : le préventif et le curatif. Pour ce qui se rattache aux stratégies et mesures préventives, tous les aspects de la politique économique et sociale sont concernés : le marché du travail, la formation et le logement ainsi que beaucoup d’autres domaines encore concernent les pauvres et ceux qui risquent de le devenir. Ces questions sont extraordinairement vastes et complexes et il est préférable de se concentrer ici sur certains aspects curatifs de la lutte contre la pauvreté. Depuis la Seconde Guerre mondiale, les expériences  de lutte contre la pauvreté dans les pays développés font apparaître d’une façon très claire, qu’une diminution effective de la pauvreté ne peut être obtenue sans que l’on cherche à atteindre ce but de façon directe et constante. De nombreuses études le confirment et l’histoire de l’assurance-vieillesse-et-survivants (AVS) l’illustre. Celle-ci, depuis le début, a visé à assurer chacun d’une rente lui permettant de vivre. Mais c’est seulement en 1966, avec l’entrée en vigueur de la loi fédérale sur les prestations complémentaires (LPC) à l’AVS et à l’AI (assurance-invalidité) que ce but a été véritablement atteint, tout au moins dans ses grandes lignes.

A partir des expériences et des réflexions fondamentales précédentes, les buts d’une politique sociale pour le XXIème siècle doivent être, selon moi, clairement définis : lutte contre la pauvreté et garantie d’une sécurité minimum d’existence. Hans Peter Tschudi, ancien ministre de l’Intérieur et père de l’AVS l’a énoncé récemment : la Constitution doit garantir un droit minimum inaliénable à tous les moyens de base d’une existence humaine en dignité.

Déjà, dans le droit actuel, existe l’assistance publique comme dernier maillon social, maillon solide cependant, qui doit permettre à toute personne dans la détresse, quelle qu’en soit la cause, de ne pas rester dans l’ornière. Cependant, la condition juridique des nécessiteux serait clairement renforcée si elle était introduite dans la constitution. C’est dans ce sens qu’allait, en 1985, une proposition du département de la Justice et de la Police. Ainsi, les revendications des pauvres pourraient prévaloir juridiquement et, en dernier recours devant le juge, ce que ne permet pas le droit social actuel de l’assistance.

Bien que ce concept revête un  caractère curatif, on peut faire l’hypothèse qu’il aurait aussi des conséquences sur la prévention de la pauvreté.

Il apparaît nécessaire de mettre en place un modèle de protection de l’existence, pour tous les ressortissants des pays développés, conçu à partir de l’expérience des pauvres et des personnes menacées de pauvreté. Il faut aussi coordonner, de manière efficace et non bureaucratique, toutes les dispositions de l’assurance sociale et de l’aide sociale, afin de donner une sécurité d’existence à chacun, ce qui est un droit proclamé par la constitution. Dans cette optique, il faudrait aussi discuter l’idée d’un revenu de base assuré par l’Etat, qui pourrait être mis en place de nombreuses manières . Or cette idée est d’emblée condamnée par beaucoup de gens avant qu’ils en comprennent véritablement la raison, et sans même avoir posé les bases de sa discussion.

En Suisse, comme dans d’autres pays, nous ne devons pas partir de rien dans ce domaine. Nous avons à avancer dans le droit fil de différentes expériences positives. Je pense particulièrement à la loi fédérale sur les prestations complémentaires qui, à mon avis, englobe trois aspects fondamentaux en rapport avec le droit à la sécurité d’existence. Ce ont :

- La reconnaissance d’un droit dont on peut individuellement obtenir satisfaction en justice.

- Le principe de finalité : il s’agit de vaincre la pauvreté et non pas de rechercher les responsabilités individuelle de l’appauvrissement.

- Et ce que l’on pourrait appeler la preuve d’indigence, que l’on peut interpréter positivement comme la reconnaissance des actions propres à ceux qui sont atteints par la pauvreté.

En outre, il existe des lois au niveau de certains cantons. Ces lois veillent sur la protection du droit d’existence de certains groupes  de la population et de certaines tranches d’âge. Dans le cas de la protection de la maternité, elles reconnaissent expressément, socialement et juridiquement, le travail effectué par la mère.

A propos des relations entre l’assurance sociale et l’aide sociale en Suisse, du point de vue de la sécurité d’existence, les priorités devraient être déplacées. L’action de l’aide sociale, publique et privée, sur le plan cantonal et communal, devrait davantage être axée sur l’accompagnement et la consultation des nécessiteux afin qu’elle soit moins préoccupée par les questions financières. La solution aux problèmes financiers serait en grande partie, mais pas exclusivement, confiée à la compétence fédérale. Cela signifierait avant tout une augmentation des prestations de l’AVS qui ne couvriraient pas complètement la sécurité d’existence, et la généralisation de la loi fédérale sur les prestations complémentaires pour l’ensemble de la population.

Bien sûr, ces quelques affirmations laissent beaucoup de questions sans réponses et en apportent d’autres. Je ne souhaite pas présenter la sécurité d’existence comme achevée, mais faire apparaître clairement que des efforts importants sont nécessaires, afin de mettre sur pied un modèle bien pensé et solide. Celui-ci doit aider les pauvres à se dresser seuls, les renforcer dans cette voie, et leur permettre de participer activement à la vie de notre société, en tant qu’individus à part entière.

Que cela soit possible de façon réaliste, j’en suis convaincu ; et que ce soit réalisé en l’an 2000, ainsi qu’une commission d’experts du Bureau International du Travail le propose, je l’espère avec tous ceux qui sont atteints par la pauvreté et tous ceux qui se laissent toucher par elle.

Notes

1 Traduit de l’allemand par Michèle Jammet et Mascha Join-Lambert

Pour citer cet article Georges Enderlé, « Perspective de la pauvreté en Suisse », Revue Quart Monde, Année 1992, Jeunes rencontreraient monde pour un avenir commun, Document, mis à jour le : 29/10/2009,URL : https://www.revue-quartmonde.org:443/3622.
Auteur

Georges Enderlé

Privatdozent (maître de conférence) à l’Université de Saint Gall (Suisse)