Quel souffle anime nos engagements ?

Introduction

Martine Hosselet-Herbignat

p. 3

References

Bibliographical reference

Martine Hosselet-Herbignat, « Quel souffle anime nos engagements ? », Revue Quart Monde, 244 | 2017/4, 3.

Electronic reference

Martine Hosselet-Herbignat, « Quel souffle anime nos engagements ? », Revue Quart Monde [Online], 244 | 2017/4, Online since 15 June 2018, connection on 30 March 2020. URL : https://www.revue-quartmonde.org/6955

Index de mots-clés

Spiritualité

Depuis des siècles un certain nombre d’auteurs, de penseurs, de militants, de mystiques - Rosa Luxembourg, Olympe de Gouges, Émile Zola, Edgar Morin, Simone Weil,… - nous rappellent qu’il n’y a pas de société sans mythologie, et pas de raison, pas d’agir, sans un minimum d’émotion ou de passion. Ce que Jean Jaurès, spirituel engagé, appelait son « arrière-pensée »1.

Joseph Wresinski, dès les débuts d’ATD Quart Monde à Noisy-le-Grand en 1957, en était persuadé quand il proposait à des familles manquant du minimum vital le droit au beau, à la culture et à la spiritualité. Il s’adressait à leur part d’humain qui dépassait le simple « homme agissant » pour permettre à l’homme tout entier, dans sa complexité, de se réaliser. Celles et ceux qui s’engagent durablement dans le Mouvement n’ont cessé ensuite de porter ce défi avec les plus pauvres.

Comme le rappelle Diana Skelton2, nul besoin de suivre une « carte de navigation » préétablie pour rejoindre les personnes vivant dans l’extrême pauvreté : elles ont le droit de rencontrer des hommes et des femmes de toutes croyances ou philosophies, et ces derniers doivent avoir la possibilité de réfléchir avec ceux et celles qui vivent dans la grande pauvreté.

Dans cette perspective, des courants de société comme Up for Humanness, font un travail de fond, solidement réfléchi, et orienté par la conviction : « L’humanité est unité, fais-la grandir. L’autre est précieux, rencontre-le ». L’Église Protestante Unie de France, qui fête cette année le 500e anniversaire de la Réforme, est engagée elle aussi dans un travail de longue haleine pour sortir de l’entre soi et aller à la rencontre des autres. Myriam Tonus s’interroge quant à elle sur cet élan qui pousse les êtres humains à s’engager. Croire que les choses peuvent être autrement et travailler pour que cela arrive, c’est pourtant s’exposer à « l’intranquillité ». D’autant que tous les engagements, aussi passionnés soient-ils, ne se valent pas. Il restera toujours à choisir entre ce qui donne vie et ce qui fait mourir. Ces militantes d’ATD Quart Monde à l’Île Maurice et en Espagne le savent d’expérience :

« Avant, je me disputais beaucoup avec Dieu (…) Je restais à l’écart (…) Alors j’ai demandé aussi : ‘Qu’est-ce que je peux faire pour Toi ?’ » (Tillie Evenor).

« Quand tu découvres ta dignité (…) tu te dis : ‘Je suis là ; je n’ai rien, mais je suis là’. Tu découvres que tu peux faire tes propres choix et tu te fiches de ce que les autres veulent t’imposer… » (Maria Angeles Martin Martin).

Merci à chacun(e) pour le souffle mobilisateur qui traverse ce dossier.

1 Cité par Eveline Grieder dans son article, p. 42.

2 Voir son article p. 4.

1 Cité par Eveline Grieder dans son article, p. 42.

2 Voir son article p. 4.

Martine Hosselet-Herbignat

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