Hilla Médalia, Dancing in Jaffa

Film Israël / USA, 2013

Marie-Hélène Dacos-Burgues

p. 51

Bibliographical reference

Hilla Médalia, Dancing in Jaffa, Film Israël / USA, 2013, Avec Pierre Dulaine, Yvonne Marceau, Noor Gabaï

References

Bibliographical reference

Marie-Hélène Dacos-Burgues, « Hilla Médalia, Dancing in Jaffa », Revue Quart Monde, 231 | 2014/3, 51.

Electronic reference

Marie-Hélène Dacos-Burgues, « Hilla Médalia, Dancing in Jaffa », Revue Quart Monde [Online], 231 | 2014/3, Online since 01 March 2015, connection on 06 December 2022. URL : https://www.revue-quartmonde.org/7898

Voici un film sur la paix tout à fait revigorant. Un documentaire qui montre comment un homme, Pierre Dulaine né à Jaffa d’une mère palestinienne et d’un père irlandais, a réalisé son rêve de paix.

Ayant quitté Jaffa à l’âge de quatre ans, cet homme qui n’a pas fait d’études, est devenu danseur de salon de très haut niveau. Il avait décidé de longue date de revenir à Jaffa, pour tenter quelque chose qui favoriserait la paix…

Et quoi de mieux que d’apprendre à des enfants juifs et palestiniens à danser ensemble, justement ces danses de salon qu’il connaît à merveille et qui nécessitent la formation de couples obligatoirement constitués d’un garçon et d’une fille. Il y rajoute une difficulté particulière : il faut aussi mêler des Palestiniens et des Israéliens.

Pourquoi ce choix ? Sans doute parce qu’il sait comment on enseigne ce genre de choses, mais surtout parce qu’il est convaincu que la danse de salon développe le respect de l’autre et conduit à une connaissance de l’autre.

En plein milieu du conflit qui oppose les Palestiniens et les Israéliens, son projet avait peu de chances de réussir. Le film - documentaire qui suit le déroulement du projet pas à pas - nous montre les oppositions argumentées avancées par les enseignants, les mamans, les enfants : d’abord on ne danse pas avec un ennemi, ensuite on ne danse pas avec un garçon ou avec une fille avec qui l’on n’est pas marié. On le comprend aisément, la difficulté était énorme, insurmontable.

Pierre Dulaine a gagné la partie lorqu’il a fait venir à Jaffa la partenaire avec qui il danse depuis de nombreuses années sans être marié avec elle. C’est Yvonne Marceau. Ils dansent alors ensemble devant ce public plein de doutes. Au final, plus que les arguments pour la paix, c’est le constat d’une relation saine dans ce couple surprenant qui fait pencher la balance vers l’acquiescement.

Une fois les adultes - enseignants et parents - convaincus qu’on peut essayer, on voit, en action, les évitements des fillettes qui rallongent les manches de leurs pulls pour que leurs mains ne touchent pas celles des garçons, et les pudeurs inquiètes des garçons.

Après le tournage du film, cette expérience a été étendue à Haïfa, à Tel Aviv et a concerné plus d’un millier d’élèves.

Voilà un film rare, sans prétention, qui donne à réfléchir sur cette belle question : qu’est-ce que le respect de l’autre ?

Marie-Hélène Dacos-Burgues

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