René Passet, Eloge du mondialisme par un « anti » présumé

Ed. Fayard, 2001, 168 pages

Daniel Fayard

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René Passet, Eloge du mondialisme par un « anti » présumé, Ed. Fayard, 2001, 168 pages

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Daniel Fayard, « René Passet, Eloge du mondialisme par un « anti » présumé », Revue Quart Monde [Online], 181 | 2002/1, Online since 25 May 2020, connection on 27 November 2022. URL : https://www.revue-quartmonde.org/9417

Voilà un livre qui arrive au bon moment. Le mondialisme pour lequel se mobilisent les acteurs du forum social mondial de Porto Alegre est aux antipodes de la mondialisation professée au traditionnel forum économique de Davos. Il s’agit de promouvoir une mondialisation au service de la communauté humaine au lieu d’offrir le monde à la rapacité de la finance.

René Passet, professeur émérite de sciences économiques à la Sorbonne, est un militant, cofondateur et président du conseil scientifique de l’Association pour une Taxation des Transactions financières pour l’Aide aux Citoyens (ATTAC). Ici il monte au créneau pour dénoncer une mystification scandaleuse : ceux qui veulent se faire ouvrir les marchés du monde pour laisser libre cours à leur cupidité réussissent à se faire passer pour « mondialistes » et ceux qui s’opposent à leur entreprise sont qualifiés d’« antimondialistes. »

Il faut que le public sache où se trouvent les vrais mondialistes. On saura gré à l’auteur d’avoir su adopter un langage non académique pour le lui faire savoir, ce qui rend son dernier ouvrage très facile à lire et à comprendre. La première partie est consacrée à la démonstration du caractère prédateur et dévastateur de la mondialisation libérale : sous le coup de ses assauts, la démocratie est confisquée et le tissu social délabré. Il est précisé qu’il s’agit d’un pamphlet argumenté et non d’un bilan. La seconde partie relève davantage d’une profession de foi, autour du rappel de la finalité humaine de l’économie, d’un certain nombre de valeurs, de normes sociales et environnementales, et d’un triple impératif de solidarité : des peuples dans le monde, des hommes dans chaque nation, des générations à travers le temps.

Progressivement des prises de conscience s’opèrent. « La misère est inéluctable dans le système actuel. Mais le système actuel n’est pas inéluctable. »

« La force des nouveaux « maîtres du monde » est le capital, la nôtre est la conscience des peuples. Ils croient contrôler les marchés, ils ne maîtrisent que l’appareil productif, et nous pouvons fermer leurs débouchés, détruire leur image. Aux pressions qu’ils exercent sur le politique nous pouvons opposer l’information des citoyens, qui influence les votes. La partie est-elle si inégale qu’on pourrait le craindre ? ».

Daniel Fayard

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