Thierry Verhelst (dir.), Patrice Sauvage, Ailes et racines, Partage international sur la spiritualité de l’engagement social

Ed. Siloë, Chambéry, 2001, 262 p.

Anna Kellerhals

Bibliographical reference

Thierry Verhelst (dir.), Patrice Sauvage, Ailes et racines, Partage international sur la spiritualité de l’engagement social, Ed. Siloë, Chambéry, 2001, 262 p.

References

Electronic reference

Anna Kellerhals, « Thierry Verhelst (dir.), Patrice Sauvage, Ailes et racines, Partage international sur la spiritualité de l’engagement social », Revue Quart Monde [Online], 180 | 2001/4, Online since 27 May 2020, connection on 16 April 2021. URL : https://www.revue-quartmonde.org/9572

1 novembre 2001

1 avril 2002

Ce projet de partage d’expériences a été lancé et piloté par le Réseau Cultures-Europe, une ONG spécialisée dans la recherche et la formation en matière d’interculturalité. Elle fait partie du Réseau Sud-Nord Cultures et Développement. Thierry Verhelst introduit les 22 auteurs en réfléchissant sur trois thèmes : voyage aux sources de l’inspiration, une nouvelle culture pour un agir renouvelé, pour refonder l’action citoyenne. Ces auteurs d’origines, de religions et de cultures différentes ont été invités à écrire leurs aventures personnelles et à expliquer comment ils sont parvenus à s’enraciner dans leur spiritualité. Patrick Sauvage conclut en parlant d’« itinéraires variés mais convergents », « d’une spiritualité plurielle, ancrée dans l’humain » et en posant la question : « Quelles perspectives d’action sur la société ? »

Les récits des auteurs représentent la partie la plus importante de cet ouvrage.

Les spiritualités, très différentes, sont ancrées dans les religions, dans les traditions (pays du Sud) ou dans la laïcité. Mais pour retrouver sa spiritualité, il faut se poser la question des origines. Sans connaître ses racines, on ne pourra pas trouver le chemin vers l’engagement. Et il faudra aussi réfléchir sur soi-même, apprendre à se connaître. C’est dans cet engagement que se retrouvent les auteurs. Pour plusieurs d’entre eux, « l’événement déclencheur de leur engagement a été le constat d’injustices dans notre monde et le refus de celles-ci » et non la religion ou la spiritualité, même si ces deux éléments sont quand même omniprésents. Plusieurs ont eu des itinéraires longs et compliqués pour arriver à leur engagement actuel : des détours, des pas en arrière pour pouvoir avancer, des moments difficiles.

La spiritualité du partage joue le plus grand rôle. En détournant un peu le titre original, on pourrait dire que ces 22 personnes vivent le partage avec l’autre : l’exclu, le réfugié, celui qui appartient à une autre race, une autre religion, celui qui souffre.

Mais il y a l’espoir et la certitude que le monde changera, qu’une démocratie humaine s’installera : « Je crois qu’un enfant du village mangera des fruits de l’arbre que j’arrose. »

La lecture de ces aventures personnelles est passionnante et pose question. Ne s’agit-il pas d’un petit groupe d’idéalistes qui ne voient plus les réalités ? Ou faudra-t-il dire que les graines semées par ces quelques personnes porteront des fruits magnifiques ? Ces récits donnent aussi envie de réfléchir sur sa propre spiritualité et peut être sur un engagement qui pourrait en ressortir et d’écrire une « légende personnelle »

CC BY-NC-ND