252 | 2019/4Franchir le seuil du militantisme

Malgré des intérêts privés souvent prioritaires, des réclamations populaires de justice sociale ignorées par les politiques, des personnes s’obstinent à faire changer la société dans laquelle nos enfants vont grandir. Ils refusent que les plus pauvres soient considérés comme des « nuisances sociales ».

Bien visibles dans l’espace public ou enfouis dans les profondeurs des quartiers et peu relayés par les médias, ces engagements militants donnent prise sur nos sociétés, nous inscrivent dans une histoire, nous donnent une identité, et nous sortent des bornes de notre vie personnelle. Pour mieux comprendre comment et pourquoi le pas se fait, ce dossier retrace les moments de bascule de divers parcours militants, mais aussi  les moments où ces engagements s’éprouvent dans leurs défaites et leurs victoires.

Là où des hommes sont condamnés à vivre
dans la misère, les droits de l’homme sont violés.
S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré.

Père Joseph Wresinski

 

Gravé en octobre 1987 sur l'une des dalles centrales du Parvis des libertés et des droits de l'homme, place du Trocadéro à Paris, cet appel émane directement d'un homme issu du peuple de la misère.

La revue Quart Monde en découle. Elle a l'ambition d'établir et de nourrir un courant de pensée issu de la vie des plus pauvres. Elle rend compte d'actions et d'études qui peuvent être des chances à saisir pour le monde de demain. Elle aborde les questions de société telles que les vivent ceux que la misère fait taire, ceux qui, à leurs côtés, cherchent à comprendre et agir, ceux qui veulent porter ces questions au coeur de leur profession et de leurs recherches.