Bastien Simon. Les Grands Voisins, la cité rêvée

Film, 2020

Bella Lehmann Berdugo

p. 52

Bibliographical reference

Bastien Simon, Les Grands Voisins, la cité rêvée, documentaire, 2020. www.la25eheure.com.

References

Bibliographical reference

Bella Lehmann Berdugo, « Bastien Simon. Les Grands Voisins, la cité rêvée », Revue Quart Monde, 255 | 2020/3, 52.

Electronic reference

Bella Lehmann Berdugo, « Bastien Simon. Les Grands Voisins, la cité rêvée », Revue Quart Monde [Online], 255 | 2020/3, Online since 01 September 2020, connection on 26 September 2020. URL : https://www.revue-quartmonde.org/10033

En 2012 le vieil hôpital Saint-Vincent-de-Paul ferme. L’association Aurore le transforme en hébergements d’urgence pour des personnes sans domicile. En 2015 et pour deux ans naît un projet urbain et social de village solidaire. 2000 personnes d’une grande diversité : des gens cassés plus ou moins autonomes côtoient des artistes, des jeunes qui animent le site. Le restaurant est tenu par les « hébergés ». Nous suivons dans ce film1 plus particulièrement Maël, peintre mauritanien en attente de sa naturalisation. Très détendu, nourri de culture française, positif et confiant, il s’exprime avec beaucoup de facilité. Pourquoi avoir choisi de nous montrer une personne qui a déjà des « longueurs d’avance », peu représentative de la véritable exclusion ? (On ne le voit pas spécialement animer un atelier pour d’autres). Par contre, Adrien, luthier, anime un atelier musique et guitare ; il l’affirme, il est ici par vocation. Il arrivera à enregistrer un disque avec ses « élèves » ; le groupe Kapadoce se produit encore. Il y a des échanges réciproques de savoirs.

Kamel, médiateur chez Aurore, également vigile du site, semble revenir « de loin ». Désormais parfaitement intégré, il commente abondamment les événements politiques. À l’occasion d’une visite à une Fondation, défilent ici François Hollande, Nicolas Hulot, attentifs. Le directeur estime avoir eu une grande liberté de manœuvre de la part des pouvoirs publics. Il voudrait prolonger l’expérience, la mener ailleurs aussi. Thierry se présente comme un « ex punk », SDF, accro à l’alcool. Il chante dans le groupe guitare. Ses « amis » lui reprochent son manque d’assiduité parfois. On le sent encore très fragile mais la bienveillance, l’attention environnantes l’aident beaucoup. On a l’impression qu’aux Grands Voisins, les jours et les nuits s’écoulent en fêtes perpétuelles, spectacles joyeux de théâtre, de musique, parades de rue. Il y a chaque mois un conseil interne, une sorte de tribune citoyenne avec les encadrants et les hébergés : les plus timides, les plus fragiles y participent-ils vraiment ? « On ne les force à rien » nous dit-on. Le véritable contact avec les voisins du 14e, on le voit assez peu à l’écran. L’envers du décor, pas trop non plus. On évoque des problèmes d’incivilité par des personnes extérieures. Des étudiants se plaignent de punaises de lit. On n’aura entendu aucune femme, aucun enfant, dommage.

Lors de la fermeture du site, malgré les promesses, tous ne seront pas relogés. Maël est toujours sans papiers même si, et grâce au directeur, il trouvera un poste de gardien. Des travaux de rénovation pour un autre projet succèderont aux Grands Voisins. « Affaire à suivre », comme dit le directeur.

1 Les Grands Voisins, la cité rêvée, documentaire de Bastien Simon, 2020. Voir le site du distributeur : www.la25eheure.com.

1 Les Grands Voisins, la cité rêvée, documentaire de Bastien Simon, 2020. Voir le site du distributeur : www.la25eheure.com.

CC BY-NC-ND