Irene Iborra Rizo. “Olivia (et le Tremblement de terre invisible)

Film, 2025

Marie-Odile Diot

p. 48

Bibliographical reference

Irene Iborra Rizo (réal.). Olivia et le Tremblement de terre invisible. film d'animation stop-motion espagnol, français, belge, chilien et suisse, 71 min., 2025

References

Bibliographical reference

Marie-Odile Diot, « Irene Iborra Rizo. “Olivia (et le Tremblement de terre invisible)” », Revue Quart Monde, 278 | 2026/2, 48.

Electronic reference

Marie-Odile Diot, « Irene Iborra Rizo. “Olivia (et le Tremblement de terre invisible)” », Revue Quart Monde [Online], 278 | 2026/2, Online since 01 June 2026, connection on 01 June 2026. URL : /11974

Film d’animation social qui n’hésite pas à aborder les thèmes de la pauvreté et de la dépression, mais loin du misérabilisme. Réalisé par Irene Iborra, Olivia et le Tremblement de terre invisible1 est un drame social espagnol, coproduit avec la France et le Chili. Destiné à un jeune public tout autant qu’aux adultes, le film raconte l’histoire d’une adolescente confrontée à l’expulsion de sa famille. Elle trouve refuge dans un squat et la mère sombre dans la dépression. Alors Olivia choisit de préserver l’innocence de son petit frère Tim en lui faisant croire qu’ils vivent dans un film. Le mensonge ne sert pas à duper, mais à protéger Tim d’une réalité trop dure pour lui. Le contraste entre la gravité du sujet et la poésie du traitement surprend dès les premières minutes. Le film aborde la précarité, la dépression et la résilience avec une tendresse rare, sans jamais trahir l’intensité dramatique de son propos. Olivia choisit de souligner la puissance de la solidarité d’une famille élargie composée des voisin·es, d’associations et des services sociaux.

Ce qui aurait pu être une chronique sociale sombre se transforme en expérience sensorielle singulière, oscillant entre magie douce et angoisse sourde. Les émotions surgissent par vagues : le rire fragile, les larmes retenues, la peur sourde. Les personnages, eux, sont solidement ancrés dans le réel. Olivia, Ingrid et Tim existent pleinement, dessinés avec justesse. L’animation en volume est d’une précision remarquable. L’expressivité des mouvements, la gestion des matières et la lumière atteignent un niveau de maîtrise impressionnant. Il règne dans chaque scène une attention au détail qui force le respect.

Accompagné·es d’Olivia, nous sommes invité·es à changer notre regard sur notre environnement et sur nous-mêmes, à surpasser nos préjugés. Nous sommes invité·es à considérer la force de l’enfance à l’œuvre pour préserver la puissance de l’imaginaire.

1 Stop-motion, long-métrage, 71 min., 2025.

1 Stop-motion, long-métrage, 71 min., 2025.

Marie-Odile Diot

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