L’atome de sens

Marc Leclerc

References

Electronic reference

Marc Leclerc, « L’atome de sens », Revue Quart Monde [Online], 165 | 1998/1, Online since 05 August 1998, connection on 29 January 2020. URL : https://www.revue-quartmonde.org/2724

Tout homme est un homme, affirme le père Joseph Wresinski. L’auteur reprend, comme philosophe, cette conviction.

Index chronologique

1998/1

L’homme dépouillé de tout, source de sens

La pensée ne saurait survivre dans un émiettement sans fond, en l’absence de tout élément de sens qui puisse être reconnu comme tel par tout le monde. Cet « atome de sens » ne peut être purement conventionnel, c’est-à-dire arbitraire, sous peine d’être livré à la loi du plus fort, perdant ainsi l’universel humain en même temps que la condition d’une pensée libre de toute tyrannie. Il ne peut non plus être purement matériel, car tout sens, pour nous, vient de l’homme ou passe par lui, sans qu’on puisse l’enfermer en une pure objectivité.

Où trouver, dès lors, ce premier principe du sens humain qui résiste à toute dissolution et que tout homme, en tant que tel, doit pouvoir reconnaître ? Il ne saurait consister en quelque « mystère caché depuis la fondation du monde » et que seule une très savante recherche pourrait approcher. Par définition, il ne saurait davantage appartenir à telle particularité culturelle, dont certains seraient exclus. Il semble dès lors raisonnable de le chercher en l’homme dépouillé de tout, sauf de son humanité, qu’il partage avec tous ses semblables. Semblables en humanité, précisément, par-delà toute détermination particulière.

Pour retrouver en vérité cet universel humain, il faut donc paradoxalement nous tourner vers l’homme le plus défiguré, le plus dépourvu de tout prestige, de toute richesse culturelle ou autre, qui serait toujours un privilège vis-à-vis de plus pauvre que soi. « L’homme nu », misérable, livré sans défense à ses semblables, objet de dérision, de pitié ou de condamnation, « rebut du peuple, honte du genre humain ». En lui, peut-être trouverons-nous cet atome de sens à l’état pur - qui subsiste aussi, solidement enrobé le plus souvent, chez tous les hommes. Or ce sens, qui nous le dira, en une langue que nous entendions, jaillie des entrailles de notre commune humanité ? Qui, sinon l’homme de la misère lui-même, éprouvant jusqu’à l’angoisse sans nom ce sens humain soumis à toutes les contradictions, à toutes les dénégations, à tous les mépris ? Ce sens qui survit pourtant à toute entreprise visant à l’annihiler, à nier l’humanité de l’homme ainsi défiguré par la misère, par la honte infligée à longueur de vie. Ce sens qu’il veut crier aux autres hommes, souffrant au-delà de toute expression de n’être pas entendu. Et qu’il lui arrivera d’exprimer comme suit, refusant de se résigner après avoir été trop longtemps abreuvé d’humiliations : « Nous ne sommes tout de même pas des bêtes, pour qu’on nous traite ainsi ! » Au pluriel, spontanément. Car l’homme le plus pauvre a conscience, comme tout homme, de n’être jamais un pur individu isolé, sans aucune relation - et comment pourrait-on le comprendre en l’abstrayant de son environnement ? L’homme n’existe comme personne qu’au sein d’un groupe, d’une famille, fut-elle brisée - d’un peuple, fut-il méconnu.

Peuple de misère, rejeté aux marges de la cité. Peuple dépositaire du sens humain, simplement, parce qu’il est dépouillé de tout autre bien. Ce peuple qu’avait déjà discerné, dans la France de 1789, Dufourny de Villiers, en ses Cahiers du Quatrième Ordre. Peuple répandu par toute la terre, en vérité, auquel le père Joseph Wresinski a conféré le nom qui lui rend l’honneur, surmontant ainsi le mépris séculaire où il était enfermé tant par les pauvres eux-mêmes que par les détenteurs du savoir reconnu, n’imaginant pas ce qu’ils pourraient bien apprendre si bas. Peuple du Quart Monde, que le père Joseph nous a appris à découvrir comme détenteur d’un savoir unique, irremplaçable, sur l’homme et sa destinée.

Comment déchiffrer ce premier principe du sens humain, affleurant dans la douloureuse protestation d’un peuple défiguré ? Pratiquement, il fallut qu’un homme vînt nous l’apprendre du fond de la misère, un homme qui par grâce apprit notre langage pour nous faire entendre le sens enfoui dans le cri de son peuple. Un homme, un passeur et un pasteur, pour relier entre elles les deux rives de l’humanité, qu’une séparation millénaire empêchait de communiquer.1 « Au plus bas du monde », au pied de l’échelle sociale, retentit sans fin ce cri que nul n’arrivera à étouffer complètement, tant qu’il y aura des hommes : « Nous ne sommes tout de même pas des bêtes. » Affirmation d’une dignité humaine, consciente de soi jusqu’au cœur de la pire déchéance, qui pousse l’homme à rebondir sans cesse, malgré tous les démentis, à réclamer son droit d’être entendu, en tant qu’homme. Cet atome de sens, tout être humain le porte en lui, de façon d’autant plus aiguë qu’il est plus méprisé. Mais aussi, les plus comblés par la nature ou la société, une fois leur attention éveillée, peuvent le reconnaître en eux-mêmes, communiant en vérité, par-delà tout abîme social, avec les derniers de tous - lesquels se révèlent soudain comme les premiers car ce sont eux qui manifestent, d’abord, le sens. Eux qui ont résisté, toute leur vie, contre le poids formidable de l’ignorance et du mépris les enfermant dans une fausse culpabilité.

Le plus pauvre apparaît ainsi comme le garant singulier d’un universel humain concret - lequel ne subsiste que dans les personnes singulières, non pas monades isolées, mais expressions diverses de ce même universel. Le plus pauvre, qu’il faut toujours chercher, dynamiquement, comme le plus exclu parmi les exclus. Si en lui se manifeste le sens, tous pourront espérer y avoir part - moyennant un acte de libre reconnaissance de ce qui est déjà implicitement présent en chacun. Or il se manifeste, en effet, dans le refus viscéral de la misère, révélant le droit imprescriptible d’agir en responsable du bien de ses semblables.2 Mais le sens ne peut se dire que lorsque quelqu’un est en mesure de l’entendre.

Traduit en notre langage, avec la participation directe des hommes et des femmes de la misère, le premier principe du sens humain pourrait s’exprimer en la formule qui est au cœur des Options de base du Mouvement ATD Quart Monde : « Tout homme porte en lui une valeur fondamentale inaliénable qui fait sa dignité d’homme. » Celle-ci le pousse à affirmer son droit au respect lors même qu’il est le plus méprisé ou ignoré. Toutefois, pour faire reconnaître ce droit essentiel, fondement des droits de l’homme, il doit s’unir avec tous ses semblables - non seulement ceux qui partagent sa condition, mais aussi ceux qui détiennent le savoir, l’avoir ou le pouvoir. Du même coup, sa libération devient celle de tous, prisonniers qu’ils sont de valeurs fausses ou secondes, de privilèges qui risquent d’occulter en eux leur propre humanité. Dans cette libération, dans cette explicitation du sens caché au cœur de tout homme, les premiers, ceux qui indiquent aux autres le chemin, sont ceux que le monde regarde comme les derniers de tous ; chacun est appelé à retrouver le sens, mais dans l’ordre, en commençant par les plus fatigués.

Cependant, un vrai partage est ici indispensable : le langage nécessaire pour communiquer avec autrui, la culture, la science, la rationalité articulée, c’est aux détenteurs du savoir reconnu qu’il incombe de les fournir à ceux qui, détenteurs du sens, sont à défaut incapables de l’exprimer.3 Et les moyens concrets de se faire entendre, c’est aux détenteurs de l’avoir et du pouvoir de les partager avec ceux qui en sont dépourvus. De sorte que cette prise en compte du sens humain, loin de diviser les hommes, doit leur permettre de retrouver les voies de l’unité : quelles que soient leurs opinions personnelles, leur culture, leur origine sociale ou géographique, tous sont invités à s’unir autour des plus pauvres, dépositaires d’un avoir propre essentiel pour toute la race des hommes, mais qui ne peut être développé et utilisé pour le bien commun sans la collaboration de tous. Unité qui sera dès lors aussi de savoir et de sens, fondée sur un principe indivisible que chacun est appelé à reconnaître et surtout à mettre en œuvre.

Les implications rationnelles de ce sens premier sont innombrables. Nous ne pouvons ici que les suggérer. Si le premier principe du sens humain nous est donné dans l’affirmation, par tout homme, de son humanité, cet atome de sens se pose à la fois comme un, comme bien et comme vrai. - Comme unité indivisible : cette affirmation élémentaire est indécomposable, c’est une certitude immédiate, intuitive, indéfiniment vérifiable par toutes les tentatives de négation qui n’arrivent pas à l’étouffer. - Comme bien moral : cette certitude première constitue un appel à la liberté de chacun, pour la reconnaissance explicite et la mise en œuvre de ce qui n’est d’abord qu’un vécu implicite méconnu. Comme connaissance vraie : une valeur élémentaire de vérité est ici engagée. Si l’affirmation de la dignité inaliénable de tout homme constitue l’atome de sens, l’explicitation de cette connaissance implicite utilise nécessairement un langage appelé à rejoindre en vérité la réalité impliquée ; toute affirmation contraire sera donc nécessairement fausse. On ne peut affirmer en même temps la dignité et la non-dignité de l’homme : les conséquences pratiques en sont immédiates. On ne peut donc plus poser la question de Pilate : « Qu’est-ce que la vérité ? », avec l’intention affichée de la déclarer insoluble - car cette position est déjà une solution de la question, qui prétendra justifier la condamnation du Juste.

Dès lors, le principe de non-contradiction est forcément posé comme vrai, avant toute justification théorique.4 De plus, à ce niveau radical, chaque option exclut sa contradictoire sans troisième terme possible : « Qui n’est pas pour moi est contre moi », qui n’agit pas pour la reconnaissance du droit, une fois mis en présence de l’alternative, cautionne et sanctionne sa non-reconnaissance. Le principe du tiers exclu est ici d’application.

Nous envisagerons brièvement, au paragraphe suivant, le fondement philosophique, dans l’action, du sens et de ses implications. Pour achever cette section, contemplons à présent la manifestation la plus tangible de l’atome de sens ici proposé en empruntant à nouveau à Pilate les deux mots qui résument tout notre propos : Ecce Homo.

L’action, fondement du sens

Le sens mis à nu par l’homme dépouillé de tout, ce sens que chacun porte en soi sans généralement y prêter attention, c’est dans l’action qu’il se manifeste et que nous pouvons en trouver le fondement philosophique, selon la géniale intuition de Maurice Blondel.5 Étonnante rencontre que celle de ces deux hommes qui ne se sont pas connus : Joseph Wresinski, le père du Quart Monde, révélateur du sens jaillissant du tréfonds de la misère, et le philosophe d’Aix-en-Provence. Chacun permet de comprendre l’autre, en ouvrant de nouvelles dimensions. Si l’outil techniquement philosophique devait être fourni par un homme de métier dont les vues soient suffisamment larges pour s’ouvrir à tous les niveaux de l’expérience humaine, la révélation du sens premier et la vérification décisive d’une pensée concrète qui se déploie par la pratique même, c’est le prêtre issu de la misère qui en a fait don au monde.

Le point de départ de Blondel, c’est la nécessité d’agir, qui incombe inévitablement à chacun, à tout instant. La réfutation du dilettante, qui prétend esquiver le problème du vouloir en refusant de choisir, mais choisit en réalité son attitude subtile et indéfiniment ondoyante, écartant toute autre possibilité, fournit à l’action son premier axiome : volo aliquid, je veux quelque chose.6 Or cet axiome est confirmé en acte « par l’effort même de ceux qui s’y dérobent de tout leur pouvoir », comme le dit Blondel en son introduction ; c’est donc la méthode aristotélicienne de la rétorsion, fondée sur les nécessités de l’agir sous-jacent à toute affirmation, qui permet de justifier le point de départ.

Toutefois, nous ne savons pas, à ce niveau, ce que recouvre un tel vouloir, qui peut encore apparaître comme une forme sans contenu ; toute la suite de L’Action sera nécessaire pour en préciser la portée. Le sens se dévoile ainsi progressivement, à travers la réfutation du pessimisme et de son apparent « vouloir du néant », le dépassement du positivisme qui voudrait enfermer la compréhension de l’agir et du sens dans les limites des sciences positives, puis du déterminisme absolu qui nous enlèverait toute liberté. Une fois établi que nous voulons librement quelque chose de réel dont les sciences ne peuvent rendre raison, à travers le déploiement nécessaire de l’action qui recouvre peu à peu les différentes sphères de tout homme, à commencer par le plus pauvre - alternative qui implique les principes de la non-contradiction et du tiers exclu. Or Blondel voit en effet, dans le choix décisif à la racine de notre agir, le vrai fondement de la logique : plus originaire, plus englobante, plus souple et plus précise à la fois que la logique des concepts, il y a « une logique de la vie morale » sans laquelle la précédente ne serait qu’un vain jeu de l’esprit.7 La vérité qui se révèle au cœur de l’action est donc aussi principe premier de connaissance.

Tout ceci, et bien davantage encore, semble immédiatement saisi dans le premier principe du sens humain, cet « atome de sens » que nous enseignent les plus pauvres. Paradoxalement, c’est dans les conditions extrêmes et déshumanisantes de la misère que l’homme éprouvé manifeste le plus radicalement par son agir, par toute son attitude, la conscience qu’il a de son identité irréductible, de cette « valeur fondamentale inaliénable qui fait sa dignité d’homme » - même s’il ne peut la nommer seul, tant que quelqu’un n’est pas venu à sa rencontre pour partager sa découverte et lui permettre de la dire. Il proclame ainsi son refus absolu de la misère infligée, à laquelle il résiste de toutes ses forces parce qu’elle est atteinte à cette dignité humaine essentielle, violation radicale des droits de l’homme. Il révèle du même coup sa singularité concrète, ouverte à l’universel humain dont il est une expression irremplaçable, source singulière d’un sens ayant une portée universelle.

A la racine de l’agir, nous découvrons donc un volo aliquid étonnamment riche et concret, lorsque nous nous tournons vers le « révélateur de sens » que constitue l’homme de la misère : sa singularité absolue comme « dernier de tous » est seule garante de l’authentique universel. Or tout être humain placé à longueur de vie dans une situation tendant à nier sa propre humanité serait conduit au même aveu, comme l’olive sous le pressoir exprime son huile.

1 Cf. M. Leclerc, Le père Joseph, les très pauvres et le pont d’Avignon, Pâque nouvelle 1997/3. - Alwine de Vos van Steenwijk, Le père Joseph, un chemin d’unit? pour les hommes, Baillet-en-France, Maison Joseph Wresinski, 1992.
2 Cf. J. Wresinski, « Les plus pauvres, révélateurs de l’indivisibilité des droits de l’homme », dans 1989. Les droits de l’homme en question, Commission nationale consultative des droits de l’homme, Paris, La Documentation française, 1989, pp. 221-237.
3 Ceci est sans doute la raison majeure pour laquelle le fondement même du sens, réellement présent en tout homme, n’a guère été reconnu comme tel : ceux qui ont la vive expérience, comme «  à l’état chimiquement pur », et ceux qui seraient susceptibles d’en fournir une élaboration rationnelle, ne se sont pratiquement jamais rencontrés. Or c’est de cette rencontre décisive que pourrait bien jaillir la lumière.
4 Cf. G. Isaye, L’affirmation de l’être et les sciences positives. Préface de J. Ladrière. Textes présentés par M. Leclerc, Paris-Namur, Lethielleux et Presses universitaires de Namur, 1987.
5 M. Blondel, L’Action. Essai d’une critique de la vie et d’une science de la pratique, Paris, Alcan, 1983 ; PUF, 1995 - Cf. M. Leclerc, La destinée humaine. Pour un discernement philosophique, Namur, Culture et Vérité, 1993 ; R. Virgoulay, L’Action de Maurice Blondel (1983). Relecture pour un centenaire, Paris, Beauchesne, 1992.
6 C’est en quelque sorte le cogito blondélien. Cf. L’Action, op. cit. pp. 1-21 ; M. Renault, Déterminisme et liberté. dans L’Action de Maurice Blondel, Lyon, Emmanuel Vitte, 1965 ; M. Leclerc, La destinée humaine, op. cit., pp. 110-115.
7 Cf. M. Blondel, « Principe élémentaire d’une logique morale », (1903), dans Les premiers écrits de Maurice Blondel, Paris, PUF, 1956, pp. 123-147.
1 Cf. M. Leclerc, Le père Joseph, les très pauvres et le pont d’Avignon, Pâque nouvelle 1997/3. - Alwine de Vos van Steenwijk, Le père Joseph, un chemin d’unit? pour les hommes, Baillet-en-France, Maison Joseph Wresinski, 1992.
2 Cf. J. Wresinski, « Les plus pauvres, révélateurs de l’indivisibilité des droits de l’homme », dans 1989. Les droits de l’homme en question, Commission nationale consultative des droits de l’homme, Paris, La Documentation française, 1989, pp. 221-237.
3 Ceci est sans doute la raison majeure pour laquelle le fondement même du sens, réellement présent en tout homme, n’a guère été reconnu comme tel : ceux qui ont la vive expérience, comme «  à l’état chimiquement pur », et ceux qui seraient susceptibles d’en fournir une élaboration rationnelle, ne se sont pratiquement jamais rencontrés. Or c’est de cette rencontre décisive que pourrait bien jaillir la lumière.
4 Cf. G. Isaye, L’affirmation de l’être et les sciences positives. Préface de J. Ladrière. Textes présentés par M. Leclerc, Paris-Namur, Lethielleux et Presses universitaires de Namur, 1987.
5 M. Blondel, L’Action. Essai d’une critique de la vie et d’une science de la pratique, Paris, Alcan, 1983 ; PUF, 1995 - Cf. M. Leclerc, La destinée humaine. Pour un discernement philosophique, Namur, Culture et Vérité, 1993 ; R. Virgoulay, L’Action de Maurice Blondel (1983). Relecture pour un centenaire, Paris, Beauchesne, 1992.
6 C’est en quelque sorte le cogito blondélien. Cf. L’Action, op. cit. pp. 1-21 ; M. Renault, Déterminisme et liberté. dans L’Action de Maurice Blondel, Lyon, Emmanuel Vitte, 1965 ; M. Leclerc, La destinée humaine, op. cit., pp. 110-115.
7 Cf. M. Blondel, « Principe élémentaire d’une logique morale », (1903), dans Les premiers écrits de Maurice Blondel, Paris, PUF, 1956, pp. 123-147.

Marc Leclerc

Belge, Marc Leclerc est docteur en chimie (Université libre de Bruxelles) et en philosophie. Il enseigne actuellement la philosophie à l’Université Grégorienne de Rome

By this author

CC BY-NC-ND