Les pauvres sont nos maîtres

Wessel Verdonk

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Wessel Verdonk, « Les pauvres sont nos maîtres », Revue Quart Monde [Online], 165 | 1998/1, Online since 05 August 1998, connection on 29 January 2020. URL : https://www.revue-quartmonde.org/2735

A quels passages du Nouveau Testament le père Joseph Wresinski rattache-t-il la priorité aux plus pauvres ?

Index chronologique

1998/1

Le titre de cette contribution est une parole de Saint Vincent de Paul qui joue un rôle important dans la pensée du père Joseph. Nous allons tenter, dans ce modeste article, de réfléchir, d’un point de vue religieux, sur ce que le père Joseph a peut-être voulu exprimer par cette pensée. Notre recherche se fonde principalement sur les conférences qu’il a données du début des années soixante jusqu’à la fin de sa vie devant différents groupes composant la société1 ; d’autres publications entrent également en ligne de compte.

La pensée de Saint Vincent que les plus pauvres sont nos maîtres sera reprise par le père Joseph et développée sur la base d’un certain nombre de fondements et de considérations bibliques. Pour clarifier ce que peut vouloir dire « maîtres », il nous paraît sensé d’étudier ce mot sous trois angles différents.

Quelle est ici la signification du mot maître ?

Très souvent, le père Joseph dit que les plus pauvres précèdent les autres hommes. Ils les précèdent dans la lutte contre la misère et pour la libération, ils marchent devant, sur les chemins vers le royaume des cieux2, et plus fort encore, le royaume des cieux est déjà présent parmi eux3 ; pour ne citer que quelques exemples.

Le père Joseph fonde cette pensée et la développe à partir de cette parole de la Bible : « beaucoup de premiers seront derniers, et de derniers seront premiers », (Mt 19 30 ; Mc 10 31 et Lc 13 30). Pour lui, les derniers qui deviendront les premiers sont les plus pauvres. Mais ils ne seront pas seulement les premiers dans le royaume des cieux. Ils le sont déjà dans cette vie-ci. « Obéir à son Père, aller à la recherche des inefficaces pour qu’ils soient témoins de la justice, de la miséricorde et du pardon, n’était-ce pas remettre à la dernière place les notables, les nantis, les puissants, mais aussi les justes eux-mêmes, dans l’achèvement du Royaume promis ? » remarqua-t-il un jour à ce propos.4.

Le père Joseph consacre une réflexion approfondie à la question suivante : les pauvres sont-ils les « pionniers » de toute l’humanité ? Il le fait dans sa méditation sur la tentation au désert, (Mt 4 1-11). D’après cette méditation, les derniers seront les premiers parce que Jésus Christ, à trois reprises, a opté de façon inconditionnelle et irréfutable pour les plus pauvres contre les pouvoirs de ce monde. Par libre choix, Jésus Christ est donc le plus proche des plus pauvres.5.

Les pauvres sont nos maîtres parce que - c’est un premier aspect de ce questionnement - si dans l’ordre de la création, le Christ réalise les deux aspects contenus dans la notion de prémices : priorité et influence, alors les plus pauvres peuvent être caractérisés par ce mot de « prémices. »6 Autrement dit, les « déshérités » comme le père Joseph les appelle souvent, apparaissent comme les premiers héritiers du royaume de Dieu.

Cependant, le fait d’être maître implique une deuxième notion très importante : ce sont précisément les plus pauvres qui ont à enseigner aux autres. Le mot « apprendre » est donc fréquemment employé par le père Joseph. Les pauvres sont les « prémices »mais aussi les enseignants ; ce sont eux qui ont quelque chose à apprendre aux autres, y compris sur le terrain religieux. Là aussi, le père Joseph s’appuie sur une notion biblique. Il s’agit du texte : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. » (Mt 11 25 ; Lc 10 21). Cela signifie que les pauvres disposent d’une connaissance, d’une connaissance de Dieu, que ne détiennent pas les autres hommes. Ils en sont les détenteurs, le reste de l’humanité devra l’apprendre d’eux.

Les plus pauvres sont les « prémices » et les enseignants. De là découle un fait essentiel : parce qu’ils sont les « prémices », les enseignants, les plus pauvres ont priorité sur tous les autres êtres humains. Tout au long de son sacerdoce à leurs côtés, le père Joseph a plaidé pour leur priorité dans la société à tous les niveaux : logement, santé, école, travail, etc. Il est clair qu’il s’agissait là de convictions pratiques et morales : dans tous les domaines où il demande priorité pour les plus pauvres, ceux-ci ont un retard monumental à rattraper qui doit être comblé le plus vite possible.

Les plus pauvres sont les « prémices » ; ils sont les enseignants : à cause de cela, ils ont priorité. La priorité est un droit des plus pauvres.7

Pourquoi sont-ce précisément les plus pauvres qui deviennent nos maîtres ?

Nous traiterons cette question selon deux points de vue distincts : l’un religieux, l’autre social. Dans la méditation sur la tentation dans le désert, il est clair que les plus pauvres sont les « élus » de Dieu8, puisque Jésus opte pour eux. En libre obéissance au projet de son Père, il devient le plus Pauvre. C’est pourquoi, depuis, ce sont les plus pauvres qui sont les plus proches de lui. De plus, comme nous l’avons vu, Dieu a révélé aux plus humbles ce qu’il a caché aux plus sages. Les plus pauvres disposent donc d’une connaissance très spéciale de Dieu. La réponse religieuse chrétienne à la question « pourquoi les plus pauvres sont-ils nos maîtres ? » est donc, dans la vision du père Joseph : parce que Dieu le veut ainsi. Le Nouveau Testament en donne plusieurs témoignages. Mais il nous semble que cette connaissance spéciale de Dieu n’est importante que pour le groupe sans cesse décroissant des croyants.

Du point de vue social, les plus pauvres sont également nos maîtres sur le terrain de la grande pauvreté. Cette pensée, évidente au premier coup d’œil, n’est pas moins révolutionnaire. En effet, n’est-il pas vrai que depuis toujours les couches sociales élevées de la société ont décidé de ce qui convenaient aux plus pauvres ? N’est-ce pas le cas malheureusement encore aujourd’hui où nous envoyons des « experts » pour ordonner le chaos qui se nomme extrême pauvreté ? Pourtant, dans ce domaine, le père Joseph nous l’a montré : les plus pauvres sont les experts, apprenons donc d’eux.

Il est vrai que l’état de maître pourrait ainsi apparaître peu significatif. Les plus pauvres ne seraient que les maîtres sur leur propre terrain, celui de la misère. Comme celle-ci n’est pas encore détruite, ils vont sans doute le rester. Mais la misère n’est qu’un problème partiel parmi de nombreux autres qui requièrent l’attention du monde. Et tout le monde n’est pas pauvre.

En quoi les plus pauvres sont-ils nos maîtres, en quoi les « non-pauvres » peuvent-ils apprendre d’eux ?

  • A. La société

La pauvreté menace et finit par détruire tous les domaines de la vie d’un être humain : sociaux, économiques, culturels, religieux, etc. Il n’en reste, au mieux que quelques miettes.9 Mais la grande pauvreté fait bien davantage. Elle casse non seulement la vie, mais aussi la personne même, parce qu’elle l’empêche d’aimer. Néanmoins, les plus pauvres, proies de la destruction, sont les connaisseurs de la vie, parce que nulle part ailleurs celle-ci n’est vécue si intensément ; c’est précisément celui à qui tout manque qui connaît le prix de ce qui manque. Les plus pauvres sont ainsi aussi les enseignants de la vie en tant que telle. D’eux nous pouvons apprendre ce que signifie la vie humaine.

Mais si nous nous limitons à cette remarque, le propos demeure flou. Le père Joseph donne des indications claires sur ce rôle d’enseignants des plus pauvres : « Le Quart Monde nous oblige... de faire de lui notre maître. Non pas pour les solutions à apporter à sa condition, car il ne les possède pas, mais notre maître pour tout enseignement sur ce qu’est cette condition, sur la façon dont elle est vécue, sur ce qu’elle fait des hommes, des femmes et des enfants qui en sont victimes, sur la pensée et les espoirs qu’elle suscite. Sans cet enseignement, il est clair que nous ne pouvons concevoir aucune solution. ? »10

Ce n’est pas tout : « Les plus pauvres sont nos maîtres signifie : ils remettent en question tout ce que nous avons été et avons appris. Ils remettent en question toutes nos valeurs culturelles, ils nous ramènent au domaine de l’essentiel, nous obligent à repartir à zéro. »11 Les plus pauvres nous remettent donc face à nous-mêmes ; ils nous obligent à remettre en question toute notre existence. Sur ce qu’implique ceci, le père Joseph dit : « Nous avons peur que les pauvres interfèrent dans nos propres vies, dans la vie de nos sociétés, de nos communautés. Bien sûr, cette peur n’est pas consciente, mais si nous réfléchissons bien, il nous est difficile de ne pas admettre qu’elle existe. On dit que les hommes écartent les pauvres de leur chemin pour des questions d’intérêt, on dit qu’ils le font par égoïsme, refusant de partager avec d’autres les biens de la terre. C’est mal connaître l’homme. Nous-mêmes croyons que l’exclusion vient d’une source plus profonde, même si elle se manifeste par la privation injustifiée de ces biens de la terre qui frappe certains. Le pauvre, a fortiori le sous-prolétaire, nous semble dangereux parce qu’il réclame la justice. Non pas tellement la justice qui donne le pain, que la justice de la considération, qui oblige à la vérité. Il réclame bien plus profondément la vérité : la vérité de l’homme, la vérité de Dieu, bien plus que les mots que nous employons et qui bien souvent sonnent creux. Les pauvres ont besoin beaucoup plus de la vérité, de l’honneur et de la dignité, que cette liberté qui ferait d’eux, simplement, des hommes appelés à concurrencer leur frère dans le partage des biens de la terre.. C’est mal connaître les hommes que de réduire l’exclusion au refus des uns de donner et au désir des autres de prendre ; elle n’est pas cela. Ce que veut le sous-prolétaire, c’est la justice au sens profond, ce qu’il veut c’est la vérité, c’est la liberté. Ainsi, le sous-prolétaire, le pauvre par excellence, attaque le fondement même d’une société où ces idéaux ne lui sont reconnus comme les siens, ne lui sont pas octroyés. Il attaque de ce fait, par son existence même, les vérités fondamentales de nos religions et les met en échec. »12

  • B. La religion

Les plus pauvres offrent également une théologie.13 Ils sont aussi nos maîtres dans le domaine religieux. Cela n’est, en soi, pas si étrange, puisque la théologie peut être caractérisée comme la réflexion sur la relation entre Dieu et l’homme. Cette relation concerne bien entendu toute la vie. Or, les plus pauvres, comme nous l’avons vu, sont les connaisseurs de la vie, et pour cette raison, ils apportent une contribution à la religion. De plus, ils possèdent une connaissance spéciale de Dieu.

Que contient cette connaissance ? Le père Joseph est très clair sur ce point : « …mon premier devoir est d’aller dire aux pauvres qu’ils sont bienheureux. Ils sont bienheureux parce qu’ils sont des artisans de paix. Mon premier devoir est d’aller dire aux humbles qu’ils savent des choses que le Père a cachées aux puissants et que la première de ces choses cachées est, justement, que les hommes doivent pratiquer le pardon, parce que le pardon est la seule garantie de la paix »14.

Si l’on est toujours forcé de vivre dans un logement trop petit, surpeuplé, misérable, s’il y a toujours trop peu de nourriture, d’argent, si l’électricité, l’eau, le gaz, sont sans arrêt coupés, les relations entre les gens sont si tendues qu’ils sont obligés de pardonner ; il n’y a pas d’autre choix. Dans le domaine du pardon, les plus pauvres sont donc aussi nos experts, dit encore le père Joseph : « Ne pas engager la lutte ouverte et même, pardonner l’impardonnable, les très pauvres sont en cela nos maîtres... »15

Les plus pauvres nous apprennent plus encore : ils nous apprennent à connaître Jésus Christ en tant que crucifié : « Dans l’Église, ce qui est important, c’est qu’il y ait cet acharnement à rendre le Seigneur dans sa pauvreté, le Seigneur vécu au quotidien avec les plus pauvres. Car le Seigneur continue à être le Crucifié. Il continue auprès de son Père à avoir cette complicité, cette connivence avec les plus pauvres. Il n’y a pas de hiatus, la Résurrection n’a pas été un hiatus. Le Christ a continué à être ce qu’Il était, et son projet de Rédemption a continué ! Ce qui importe, c’est donc d’avoir cette préoccupation fondamentale privilégiée des plus pauvres et d’essayer, nous chrétiens, de voir leur visage. Nous avons à prier le Seigneur pour des personnes que nous connaissons et non pas à « prier pour les pauvres. » »16 De plus, ils nous apprennent à prier : « Transparents, les pauvres nous apprennent sans honte ce qu’est la prière. »17 Pour la relation entre riche et pauvre, ceci a de grandes conséquences. Le père Joseph en parle, comme il le fait parfois, sous forme de questions : « La connaissance des pauvres, de leur pensée, de leur langage, de leur histoire, de leur Dieu est l’a-b-c de l’engagement religieux. Que savons-nous du Dieu des pauvres ? Mettent-ils en question notre image de Dieu, sont-ils à la source de notre théologie, inspirent-ils notre liturgie ? »18

Conclusion

Dans cet article, nous avons tenté de démontrer que les plus pauvres sont nos maîtres. Le sont-ils pourtant vraiment ? Resterait-il plus à dire sur ce thème ?

Pour examiner cette question, reprenons une citation du père Joseph déjà traitée plus haut. « Le pauvre, a fortiori le sous-prolétaire, nous semble dangereux parce qu’il réclame la justice. Non pas tellement la justice qui donne le pain, que la justice de la considération qui oblige à la vérité : la vérité de l’homme, la vérité de Dieu... » dit le père Joseph. Puis il ajoute : « Ce que veut le sous-prolétaire c’est la justice, c’est la vérité, c’est la liberté (...) il attaque (...) pour son existence même, les vérités fondamentales de nos religions et il les met en échec »

A la lumière de cette considération, nous terminerons par l’interrogation suivante : cet appel à la justice n’est-il pas peut-être en même temps fondamentalement un appel à la réconciliation ? Cette demande de la vérité n’est-elle pas à la fois un cri réclamant la libération, la guérison, et nous, les non-pauvres, ne serions-nous pas « par l’existence même » des plus pauvres renvoyés à nous-mêmes ? Serait-il possible que le plus pauvre soit « notre maître » parce qu’il remet en question nos valeurs fondamentales, parce qu’en route vers la réconciliation, la libération et la justice, il « les met en échec » ?

1 Ces conférences n’ont pas encore été publiées.
2 C’est surtout dans le livre Les pauvres, rencontre du vrai Dieu, que cette pensée est exprimée à plusieurs reprises.
3 « Vous ne savez pas ce qu’est l’amour de Dieu, et pourtant dans vos pauvres amours, c’est Dieu qui aime en vous. Vous êtes membres du Royaume, vous en êtes des membres à part entière car le Royaume, c’est vous et votre voisin, c’est votre enfant qui joue dans la boue » Conférence Le destin de Dieu parmi les pauvres, Pierrelaye, juillet 1971 et mai 1972.
4 Conférence faite à l’occasion de la présentation du livre du père Joseph, Les pauvres sont l’Eglise, Versailles, 16 octobre 1984.
5 Voir, entre autres, Les pauvres, rencontre du vrai Dieu, pp. 66-72.
6 Voir, Vocabulaire de théologie biblique, Paris, 1971, colonne 1017.
7 Sur l’importance du « droit » pour les plus pauvres, et aussi de l’importance des droits de l’homme, le père Joseph en parle très souvent, surtout vers la fin de sa vie ; voir les conférences des années 1985-1987.
8 Ici, j’emploie exprès un mot un peu archaïque pour montrer l’importance de cette pensée. Le mot « élu »  est souvent utilisé en rapport avec Israël, « le peuple élu ». On se méfiera d’ailleurs d’identifier « le peuple élu » avec « le peuple des plus pauvres ». Les deux ne signifient pas la même chose pour le père Joseph, conférence, Saint-Germain-en-Laye, 20 mars 1985.
9 Voir, par exemple, Les pauvres, rencontre du vrai Dieu, p. 94.
10 La Haye, 26 octobre 1974.
11 Conférence faite aux religieuses Carmélites et Clarisses, Besançon, 28 mai 1973.
12 Conférence L’exclusion sociale, Genève, 1970.
13 Voir, Les pauvres, rencontre du vrai Dieu, p. 10 et la conférence à Saint-Germain-en-Laye, 20 mars 1985, dans laquelle le père Joseph a dit : « Je crois aussi que l’Eglise... doit descendre dans la rue et retrouver non pas une théologie de la libération, mais une théologie d’Incarnation ».
14 Conférence à l’Arche de Lanza del Vasto, Bonnecombe (Aveyron), 30 août 1984, et au siège des Quakers, Genève, 6 décembre 1984.
15 Conférence à l’Institut d’études théologiques de la Compagnie de Jésus, Bruxelles, 1975.
16 Conférence, Saint-Germain-en-Laye, 20 mars 1985
17 Conférence faite au terme d’une journée de réflexion de prêtres, de religieuses et de travailleurs sociaux, Montréal (Canada), 4 mai 1985.
18 Voir note 14.
1 Ces conférences n’ont pas encore été publiées.
2 C’est surtout dans le livre Les pauvres, rencontre du vrai Dieu, que cette pensée est exprimée à plusieurs reprises.
3 « Vous ne savez pas ce qu’est l’amour de Dieu, et pourtant dans vos pauvres amours, c’est Dieu qui aime en vous. Vous êtes membres du Royaume, vous en êtes des membres à part entière car le Royaume, c’est vous et votre voisin, c’est votre enfant qui joue dans la boue » Conférence Le destin de Dieu parmi les pauvres, Pierrelaye, juillet 1971 et mai 1972.
4 Conférence faite à l’occasion de la présentation du livre du père Joseph, Les pauvres sont l’Eglise, Versailles, 16 octobre 1984.
5 Voir, entre autres, Les pauvres, rencontre du vrai Dieu, pp. 66-72.
6 Voir, Vocabulaire de théologie biblique, Paris, 1971, colonne 1017.
7 Sur l’importance du « droit » pour les plus pauvres, et aussi de l’importance des droits de l’homme, le père Joseph en parle très souvent, surtout vers la fin de sa vie ; voir les conférences des années 1985-1987.
8 Ici, j’emploie exprès un mot un peu archaïque pour montrer l’importance de cette pensée. Le mot « élu »  est souvent utilisé en rapport avec Israël, « le peuple élu ». On se méfiera d’ailleurs d’identifier « le peuple élu » avec « le peuple des plus pauvres ». Les deux ne signifient pas la même chose pour le père Joseph, conférence, Saint-Germain-en-Laye, 20 mars 1985.
9 Voir, par exemple, Les pauvres, rencontre du vrai Dieu, p. 94.
10 La Haye, 26 octobre 1974.
11 Conférence faite aux religieuses Carmélites et Clarisses, Besançon, 28 mai 1973.
12 Conférence L’exclusion sociale, Genève, 1970.
13 Voir, Les pauvres, rencontre du vrai Dieu, p. 10 et la conférence à Saint-Germain-en-Laye, 20 mars 1985, dans laquelle le père Joseph a dit : « Je crois aussi que l’Eglise... doit descendre dans la rue et retrouver non pas une théologie de la libération, mais une théologie d’Incarnation ».
14 Conférence à l’Arche de Lanza del Vasto, Bonnecombe (Aveyron), 30 août 1984, et au siège des Quakers, Genève, 6 décembre 1984.
15 Conférence à l’Institut d’études théologiques de la Compagnie de Jésus, Bruxelles, 1975.
16 Conférence, Saint-Germain-en-Laye, 20 mars 1985
17 Conférence faite au terme d’une journée de réflexion de prêtres, de religieuses et de travailleurs sociaux, Montréal (Canada), 4 mai 1985.
18 Voir note 14.

Wessel Verdonk

Néerlandais, Wessel Verdonk a fait des études de théologie à l’université. Il travaille actuellement à la recherche historique et théologique sur l’ensemble des textes du père Joseph Wresinski.

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