Introduction

Marie-Françoise Wilkinson

References

Electronic reference

Marie-Françoise Wilkinson, « Introduction », Revue Quart Monde [Online], | 2002/, Online since 18 October 2010, connection on 05 August 2020. URL : https://www.revue-quartmonde.org/4837

Index chronologique

2002/01

Je travaille pour le réseau européen des associations de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, connu aussi sous le nom « European Anti Poverty Network » ou EAPN. Ce réseau regroupe un grand nombre d’associations de lutte contre la pauvreté dans les quinze États membres de l’Union européenne (comme la FEANTSA, qui travaille avec les sans-abri, ou le Mouvement international ATD Quart Monde). Ce réseau existe depuis bientôt douze ans et a pour but d’unir, au niveau européen, les efforts des associations pour pouvoir influencer les politiques européennes dans un sens favorable à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

Nous approfondirons dans notre atelier la question sur « Les indicateurs de lutte contre la pauvreté : comment déterminer des indicateurs participatifs en Europe ? ». Nous abordons cette question dans le cadre de ces deux journées d’étude prospective car, si nous voulons avoir une stratégie d’élimination de la pauvreté à une échéance donnée, il faut pouvoir se donner des moyens de mesurer les progrès dans la réalisation des objectifs fixés. Il faut donc pouvoir définir des indicateurs attestant la manière dont les personnes en situation de pauvreté voient ou non des améliorations de leur situation.

Au niveau de l’Union européenne, depuis le Sommet de Lisbonne et celui de Nice (mars et décembre 2000), il existe une stratégie de lutte contre l’exclusion et la pauvreté. Quatre grands objectifs non chiffrés ont été adoptés à Nice. Ces objectifs font référence aux droits de tous à un revenu, à l’accès à la santé, à l’éducation, à un emploi durable, etc. Le quatrième objectif nous intéresse particulièrement car il concerne la mobilisation des différents acteurs dans la lutte contre les exclusions, y compris les associations et les personnes en situation d’exclusion et de pauvreté.

Tous les États membres de l’Union ont souscrit à ces objectifs et un gros effort doit être fait pour en informer le public et les personnes qui sont en charge de mettre en œuvre les politiques publiques dans leur pays.

Les États membres ont aussi été invités à élaborer des plans  nationaux d’action de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale pour mettre en œuvre cette stratégie. Les premiers plans, qui portent sur 2001-2003, ont été déposés en juin 2001 et doivent donc, en ce moment, être en œuvre. Le processus doit se poursuivre sur toute la durée de la Stratégie de Lisbonne, c’est-à-dire jusqu’en 2010.

« Nous avons des objectifs, des plans d’action nationaux, il nous faut aussi des indicateurs pour en mesurer les progrès » ont décidé les États membres. Des indicateurs ont été élaborés et proposés par les hauts fonctionnaires des États membres participant au Comité de protection sociale, mis en place dans le cadre de la Stratégie de Lisbonne. Ces propositions ont été adoptées par les ministres de l’emploi et des affaires sociales, puis par le Conseil européen de Laeken en décembre 2001.

Je ne vais pas dresser ici la liste de tous ces indicateurs, nous y reviendrons dans le débat. Notre réseau associatif a fait un certain nombre de propositions concernant les indicateurs. Nous disons que les meilleurs indicateurs sont ceux qui permettent de mesurer les changements dans la vie quotidienne des personnes vivant dans la pauvreté et l’exclusion sociale.

Nous sommes ici pour réfléchir sur des propositions pour l’élaboration participative d’indicateurs. Les indicateurs adoptés au niveau européen ne sont pas inscrits dans la pierre et peuvent être modifiés. Nous pouvons les améliorer en suggérant des modifications ou des ajouts à être pris en compte.

Dans la perspective de ces deux journées qui portent sur l’avenir, sur la prospective, nous n’allons pas proposer des indicateurs comme une fin en soi mais parce que nous avons une stratégie et que nous savons ce que nous voulons. Mais nous devons déterminer comment mettre en œuvre ce projet. Les indicateurs peuvent peut-être nous aider.

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