Arnaldur Indridason. Le lagon noir

Traduit de l’islandais par Eric Boury, Éd. Métailié, Paris, 2016, 373 pages

Daniel Fayard

p. 61

Bibliographical reference

Arnaldur Indridason. Le lagon noir, Traduit de l’islandais par Eric Boury, Éd. Métailié, Paris, 2016, 373 pages

References

Bibliographical reference

Daniel Fayard, « Arnaldur Indridason. Le lagon noir », Revue Quart Monde, 240 | 2016/4, 61.

Electronic reference

Daniel Fayard, « Arnaldur Indridason. Le lagon noir », Revue Quart Monde [Online], 240 | 2016/4, Online since 01 June 2017, connection on 20 August 2022. URL : https://www.revue-quartmonde.org/6761

Un scénario conduit avec maîtrise (l’auteur a déjà été couronné de nombreux prix et publié dans 37 pays) pour relater deux faits divers, une disparition et un assassinat, qui ont frappé les esprits dans ce petit pays qu’est l’Islande.

Nous suivons ici les investigations de deux inspecteurs de la brigade d’enquêtes criminelles pour tenter d’établir la vérité dans ces deux affaires et d’en retrouver les coupables.

La première est d’actualité. En 1979, le corps d’un ingénieur islandais employé à la base américaine de l’aéroport de Keflavik vient d’être repêché dans le lagon, victime d’une chute vertigineuse.

La seconde, jamais élucidée, date de 1953 : une jeune fille avait littéralement disparu sur le chemin de l’école.

Les investigations s’orientent d’emblée sur les deux lieux stigmatisés par la population : d’une part la base américaine, d’autre part un camp de baraquements de mauvaise réputation, Kamp Knox (c’est le titre de l’édition originale de l’ouvrage).

Cette double enquête policière est l’occasion de découvrir la réalité des rapports familiaux et sociaux, des trafics clandestins pour se procurer des produits rares ou illicites, des tensions internationales dues à la guerre froide, des antagonismes culturels ou ethniques…

Une bonne restitution de l’atmosphère de la société islandaise d’une certaine époque, qui dote ce roman policier d’un intérêt quasi-sociologique et d’une remarquable qualité littéraire, bien desservie par la traduction, mettant en valeur l’expression contrastée des sentiments comme des intuitions, ainsi que la justesse langagière des dialogues.

Daniel Fayard

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