Thierry Michel et Pascal Colson. Enfants du Hasard

Documentaire belge, 2017

Bernard Declercq

p. 48

Bibliographical reference

Thierry Michel et Pascal Colson. Enfants du Hasard. Documentaire, Documentaire belge, Liège, Les films de la passerelle, 2017

References

Bibliographical reference

Bernard Declercq, « Thierry Michel et Pascal Colson. Enfants du Hasard », Revue Quart Monde, 242 | 2017/2, 48.

Electronic reference

Bernard Declercq, « Thierry Michel et Pascal Colson. Enfants du Hasard », Revue Quart Monde [Online], 242 | 2017/2, Online since 15 December 2017, connection on 08 April 2020. URL : https://www.revue-quartmonde.org/6867

Les réalisateurs désiraient faire un travail1 de mémoire sur le charbonnage du Hasard à Cheratte2, sur le point d’être démoli. La question de l’intégration des enfants les préoccupait. Madame Brigitte, institutrice communale, leur ouvrit la porte de sa classe. Pratiquant la pédagogie de la libération, elle affranchit les gosses de la honte destructrice, qui « engendre le malheur » car elle enferme soit dans le silence soit dans la violence.

Elle refuse l’exclusion, les paroles blessantes, accepte les différences. Son regard optimiste est plein d’espérance. Elle donne l’impression d’oublier son Bic rouge et de corriger en vert ce qui est bon. Elle donne le micro à chacun des élèves, à chacune des familles.

Chacun alors se sent reconnu. L’école devient un lieu de fraternité, moteur puissant pour bâtir des projets. Aucun enfant ne se considère sans qualité car aucun enfant n’est considéré comme nul. Elle a compris l’importance des relations avec chaque famille avec qui elle a conclu un pacte d’excellence. « Je suis heureux quand je vois ma famille heureuse », dit un enfant.

Les grands-parents sont restés enfermés dans la honte, muets. Refusant de parler de la dureté de leur vie en Turquie, de leur migration en Belgique et du travail dans la mine. À l’occasion du film, ils répondent pour la première fois aux questions préparées par les enfants en classe. L’institutrice dit : « Quand le matin, je quitte mon domicile, je ne vais pas travailler, je vais à l’école », « Je me laisse emporter par l’enthousiasme, le dynamisme des enfants. »

Chacun construit son avenir, un avenir espéré heureux.

Dans la scène des lunettes de l’avenir, chaque enfant évoque ce qu’il rêve d’être dans quelques années : « Moi, je jouerai à Barcelone-Réal », « Moi, je serai… »

Dans la scène finale du film, les gosses courent à vélo vers l’avenir, au milieu des dangers de la circulation. L’un d’eux s’écrie : « Qu’on s’aide les uns les autres ». Les réalisateurs ont rendu « hommage à la richesse des échanges »3 entre Madame Brigitte, les enfants, les familles et « contredit le climat anxiogène ambiant4 ». En effet, dans cette classe, tous se sentent bien car « là où l’on se respecte, là est le bonheur »5. Une nouvelle donne.

1 Documentaire belge, de Thierry Michel et Pascal Colson, Liège, Les films de la passerelle, 2017.

2 Cheratte se trouve dans la banlieue de Liège. De nombreux enfants y sont issus de l’immigration turque (Anatolie). Leurs grands-parents et leurs

3 Paroles de Thierry Michel lors de l’avant-première à Mons.

4 Paroles de Thierry Michel lors de l’avant-première à Mons.

5 Paroles d’élèves de 5ème primaire (CM2), Institut St François à Ath.

1 Documentaire belge, de Thierry Michel et Pascal Colson, Liège, Les films de la passerelle, 2017.

2 Cheratte se trouve dans la banlieue de Liège. De nombreux enfants y sont issus de l’immigration turque (Anatolie). Leurs grands-parents et leurs parents sont venus en Belgique dans les années 1960/ 1970, pour travailler à la mine. Le Hasard est le nom d’un des charbonnages. La naissance de ces enfants en ce lieu est aussi un hasard.

3 Paroles de Thierry Michel lors de l’avant-première à Mons.

4 Paroles de Thierry Michel lors de l’avant-première à Mons.

5 Paroles d’élèves de 5ème primaire (CM2), Institut St François à Ath.

CC BY-NC-ND