Philippe Loquet, Je vous aime très beaucoup

Marie-Hélène Dacos-Burgues

p. 55

Bibliographical reference

Philippe Loquet Je vous aime très beaucoup, France, 2009, avec Firmine Richard, Max Clavely, Julien Crampon, Pierre Lefebvre, Léopoldine Serre, Bruno Lochet, Philippe Duquesne, Albert Delpy.

References

Bibliographical reference

Marie-Hélène Dacos-Burgues, « Philippe Loquet, Je vous aime très beaucoup », Revue Quart Monde, 216 | 2010/4, 55.

Electronic reference

Marie-Hélène Dacos-Burgues, « Philippe Loquet, Je vous aime très beaucoup », Revue Quart Monde [Online], 216 | 2010/4, Online since 01 May 2011, connection on 27 November 2022. URL : https://www.revue-quartmonde.org/7903

Qu’est-ce qui fait l’amitié entre frères ?

Il s’agit de trois garçons, qui n’ont pas été élevés ensemble, fils d’une mère à la vie chaotique (dont ils en ont très peu de souvenir) et de pères différents. L’un a grandi dans un foyer (le rasta blond, quinze ans), l’autre a été élevé dans la nouvelle famille de son père (le métis, dix-sept ans), le troisième (huit ans) par sa grand-mère maternelle (antillaise, appelée la Nonna).

Après le décès de leur mère, ne se connaissant pas, ils se retrouvent lors des vacances d’été chez Nonna. Au début ils ne s’accorderont sur rien, ne s’aimeront pas. Les deux aînés aux habitudes culturelles opposées ne feront aucun effort pour se parler. Au grand désespoir de leur grand-mère. C’est le petit frère, chargé par celle-ci de rendre le séjour agréable à ses grands frères, qui les rapprochera. Il se prend au jeu, propose une activité. C’est, à partir de là, une succession d’aventures rocambolesques, d’actions qu’ils font « ensemble » et qui vont souder le quotidien des trois frères. Eux qui étaient séparés par des histoires différentes vivent enfin la même histoire. Ils vivent pleinement le moment présent, avec avidité. Ils font des bêtises. C’est enfin ce qui manquait à leur fraternité de papier : ils sont heureux.

Certains s’offusqueront des comportements de ces enfants, et condamneront leur violence. D’autres jugeront outrée leur envie de découvrir la sexualité. Enfin certaines scènes assez invraisemblables et excessives sont malheureusement le reflet de notre société.

De toute évidence la phrase de la Nonna, parlant de sa fille qui n’a pas pu élever ses enfants : « Votre maman a fait ce qu’elle croyait bien pour vous » ne répond que partiellement aux questions des enfants mais elle donne du sens à leur séparation.

C’est un film sur la famille, un film à rebondissements et positif. Il y a des réminiscences de films très connus. On pense notamment à La guerre des boutons, à Jeux interdits et à Y aura-t-il de la neige à Noël ?, ce dernier beaucoup plus dramatique. Un film à recommander.

Marie-Hélène Dacos-Burgues

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