Alice Walker, La couleur pourpre (Cher Bon Dieu)

Titre original : The Color Purple, Washington, Square Press, adapté de l’américain par Mimi Perrin. Paris, Editions R. Laffont, 1984,261 pages.

F. de Lastic

Bibliographical reference

Alice Walker, La couleur pourpre (Cher Bon Dieu), Titre original : The Color Purple, Washington, Square Press, adapté de l’américain par Mimi Perrin. Paris, Editions R. Laffont, 1984,261 pages.

References

Electronic reference

F. de Lastic, « Alice Walker, La couleur pourpre (Cher Bon Dieu) », Revue Quart Monde [Online], 123 | 1987/2, Online since 01 March 1988, connection on 13 April 2024. URL : https://www.revue-quartmonde.org/8685

Ce roman se situe au début du XXème siècle, dans une famille noire d’une petite ville des États-Unis. Il se présente sous forme de lettres, écrites par Célie qui est « laide, gauche et ignorante » - c’est du moins ce que ne cesse de lui répéter son père. C’est pourquoi il la traite en esclave, contrairement à sa sœur Netty qui a pu aller à l’école et qui va d’ailleurs partager en cachette son savoir avec Célie. Son père la « vend » à un veuf, père de trois enfants, qui la méprise à son tour et qu’elle ne mentionne curieusement que sous le nom de M...

Une seule lumière dans sa vie de rejetée : la tendresse de Netty, partie avec un couple de missionnaires noirs dans un village de brousse en Afrique. Pendant 27 ans, de 1909 à 1936, Célie écrit sa vie quotidienne, sans que ses lettres arrivent à destination ni qu’elle puisse lire celles de sa sœur, interceptées par son mari ! Elle écrit aussi presque quotidiennement à Dieu, seul interlocuteur qui ne la déçoive pas. Célie la douce, l’humiliée, apprend peu à peu, aidée aussi par une amie, à vaincre sa peur et à conquérir liberté et dignité. Grâce à cette amitié, Célie prend de l’assurance au point de pouvoir aider les autres.

Ce roman témoigne également du rejet des Noirs américains par les Blancs et de ces mêmes Noirs partis évangéliser leurs frères de race en Afrique, et que des siècles de civilisations différentes séparent. A sa lecture, on est emporté par un grand souffle de fraîcheur d’esprit, d’enfance..., un espoir fou et beaucoup d’amour de la vie.

Un film du même nom que le roman a été réalisé par Steven Spielberg en 1985. Il met particulièrement en valeur les rapports d’entraide et de tendresse tissés entre les personnages.

CC BY-NC-ND