Matthew Desmond. Avis d’expulsion

Lux éditeur, 2019

Annick Mellerio

p. 62

Bibliographical reference

Matthew Desmond. Avis d’expulsion. Lux éditeur, 2019, 535 p.

References

Bibliographical reference

Annick Mellerio, « Matthew Desmond. Avis d’expulsion », Revue Quart Monde, 254 | 2020/2, 62.

Electronic reference

Annick Mellerio, « Matthew Desmond. Avis d’expulsion », Revue Quart Monde [Online], 254 | 2020/2, Online since 01 June 2020, connection on 26 November 2020. URL : https://www.revue-quartmonde.org/8809

L’auteur, sociologue de formation, s’est immergé dans les quartiers les plus déshérités de Milwaukee et a vécu au plus près des habitants pour comprendre et analyser le rôle des expulsions locatives dans le déroulement de leur existence.

Ce qui l’amène aux constats suivants :

Les pauvres ne s’entassent pas dans des taudis parce que c’est moins cher mais parce qu’on les y autorise. Dans ces quartiers, « les expulsions peuvent défaire le tissu social d’une communauté en faisant en sorte que les voisins restent étrangers les uns aux autres et que leur potentiel collectif pour lutter contre la criminalité reste inexploité. »

Les femmes des quartiers noirs représentent 9 % de la population de Milwaukee et 30 % des locataires expulsés. L’aide juridique pour les pauvres a été supprimée en 2008. Devant les tribunaux, 90 % des propriétaires sont représentés par un avocat alors que 90 % des locataires ne le sont pas.

« Perdre son emploi peut mener à une expulsion mais l’inverse est aussi vrai : une expulsion vole du temps et peut forcer des locataires à s’absenter du travail mais elle pèse aussi sur l’esprit, ce qui provoque souvent des fautes professionnelles. »

Pour l’entreprise de déménagement Eagle, 40 % des déménagements correspondent à une expulsion. Tout est mis sur le trottoir, sauf si la famille a suffisamment d’argent pour mettre ses affaires en garde-meubles.

Une agence de recouvrement suit la situation financière des locataires mauvais payeurs, « ne referme jamais un dossier non résolu » et entame la saisie dès que les locataires sont retombés sur leurs pieds.

« Les familles expulsées se voient souvent fermer l’accès aux logements sociaux parce que les différentes instances qui régissent le logement refusent les dossiers où figurent des expulsions formelles et des dettes impayées. »

Conclusions de l’auteur :

« L’expulsion n’est pas seulement un problème lié à la pauvreté, elle est une cause de pauvreté. »

CC BY-NC-ND