Betty Jean Lifton, Janusz Korczak, le roi des enfants

Editions Robert Laffont, 1989, 408 pages, traduit de l’américain « The king of children », par René Travail.

Catherine Firdion

Bibliographical reference

Betty Jean Lifton, Janusz Korczak, le roi des enfants, Editions Robert Laffont, 1989, 408 pages, traduit de l’américain « The king of children », par René Travail.

References

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Catherine Firdion, « Betty Jean Lifton, Janusz Korczak, le roi des enfants », Revue Quart Monde [Online], 140 | 1991/3, Online since 18 May 2020, connection on 25 June 2024. URL : https://www.revue-quartmonde.org/8919

Près de dix années furent nécessaires à Betty Jean Lifton pour réunir des documents, rassembler des articles, entendre des témoignages lui permettant de consacrer plus de quatre cents pages à l’histoire de la vie de Janusz Korczak.

« Les vies des grands hommes sont comme les légendes, difficiles mais belles » a écrit ce Juif polonais, médecin, écrivain, éducateur d’enfants, fondateur d’orphelinats - justement appelés communautés - défenseur des droits de l’enfant, créateur du premier journal national d’enfants. Henry Goldszmit né à Houbieszow (Pologne) le 22 juillet 1878 meurt à Treblinka le 6 août 1942 avec cent quatre-vingt-douze enfants juifs. Toutefois, c’est sous son nom de plume, utilisé pour la première fois en 1898 pour participer à un concours de pièces dramatiques, que ce personnage hors du commun est connu dans le monde entier ; Janusz Korczak.

Les études de médecine n’empêchent pas le jeune homme d’écrire des articles et même des livres : certains sont traduits en français.

Cet homme extraordinaire réussit à passer trente-deux ans avec des enfants orphelins. A travers les pages de l’ouvrage de Betty Jean Lifton se découvrent les principes essentiels de l’Educateur Korczak. Pour lui « l’enfant ne devient pas un homme, il en est déjà un » ; cette manière de comprendre est nouvelle mais indispensable à ses yeux pour aider efficacement les jeunes à se prendre en charge. Bien vite, il se plaindra à ses confrères : « Quand diable arrêterons-nous de prescrire de l’aspirine contre la pauvreté, l’exploitation, l’illégalité et le crime ? Comment faire pour qu’il n’y ait plus d’enfants affamés ou sales ? » La seule solution : il abandonne la médecine pour concrétiser cette idée : « Si tu ne proposes pas une aide quelconque, il vaut mieux te taire. Ne critique pas si tu ne sais que faire de cela. » Nous sommes alors en 1910. Korczak part pour l’Angleterre visiter des orphelinats. Il fait construire avec l’aide de donateurs une « belle maison blanche avec le chauffage central et l’électricité » … mais la première année fut très pénible : les jeunes s’adaptaient mal ; le « directeur » apprend à ne pas « sortir de ses gonds. » Un de ses soucis est que ceux qui ont encore de la famille ne perdent pas le contact, aussi tous les samedis après-midi beaucoup d’enfants vont voir leurs parents et leur apportent un petit présent. Les traditions juives sont respectées : le sabbat, la nourriture kascher, les fêtes religieuses.

Le travail de la biographe est considérable, la traduction semble parfois un peu trop littérale et l’abondante documentation paraît malaisée à gérer. Il faut reconnaître que cette vie de Korczak est si dense que nous sommes un peu déroutés. Et mis en appétit pour découvrir les ouvrages du « Roi des enfants. »

Catherine Firdion

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