Sehui Cho, La petite balle lancée par un nain

Traduit du coréen par Shoe Yun et Patrick Maurus, Ed. Actes Sud, 1991, 88 pages

Bérengère Le Sonneur.

Bibliographical reference

Sehui Cho, La petite balle lancée par un nain, traduit du coréen par Shoe Yun et Patrick Maurus, Ed. Actes Sud, 1991, 88 pages

References

Electronic reference

Bérengère Le Sonneur., « Sehui Cho, La petite balle lancée par un nain », Revue Quart Monde [Online], 147 | 1993/2, Online since 19 May 2020, connection on 16 April 2021. URL : https://www.revue-quartmonde.org/8963

Ce livre raconte l’histoire d’une famille coréenne descendant de paysans en servage, dont le quartier doit être démoli pour rénovation.

Trois enfants, trois poèmes où se mêlent le passé, le souvenir des générations d’avant, avec des détails extrêmement précis dans le récit de l’événement, mais aussi leurs rêves, leurs réflexions sur le sens de la vie, et de leur vie dans l’univers.

Avec leurs « pantalons sans poches » puisqu’il n’y a nu argent, ni rien à mettre dedans, ils ne peuvent entrer dans le monde de ceux qui n’ont « jamais entendu le bruit d’un bol vide qu’on gratte. » « Nous, qui vivions en enfer, ne cessions de rêver au paradis (…), chaque jour était une épreuve. Notre vie ressemblait à une guerre. Cela n’empêchait pas Mère de toujours faire face. »

Le fils aîné a dû quitter l’école pour travailler, puis son frère et sa sœur. Le père et la mère comme tous les parents du monde avaient espéré pour leurs enfants une existence entièrement différente de la leur. « Nous avions déjà perdu notre première bataille (…), quand je fermerai les yeux pour la dernière fois, j’aurai été encore moins que père. »

Ce merveilleux livre nous rappelle que dans n’importe quelle partie du monde, que ce soit en Afrique, en Asie, en Europe, des hommes et des femmes vivent les mêmes situations, éprouvent les mêmes sentiments. Face à la misère, au mépris, à l’exclusion, il n’y a plus de couleurs de peau, de cultures, de religions, seule une même souffrance.

« Vous venez de démolir une maison qu’il a fallu cinq cents ans pour construire, cinq cents ans d’efforts de toutes les générations qui ont précédé. »

Cette phrase résume à elle seule tout le livre.

CC BY-NC-ND