Maria Nowak, Le microcrédit ou le pari de l’homme

Éd. de l’Échiquier, Paris, coll. Conversations solidaires, 2009, 126 p., préface de Jean-Baptiste de Foucauld

Daniel Fayard

Bibliographical reference

Maria Nowak, Le microcrédit ou le pari de l’homme, Éd. de l’Échiquier, Paris, coll. Conversations solidaires, 2009, 126 p., , préface de Jean-Baptiste de Foucauld

References

Electronic reference

Daniel Fayard, « Maria Nowak, Le microcrédit ou le pari de l’homme  », Revue Quart Monde [Online], 214 | 2010/2, Online since 01 October 2010, connection on 05 March 2021. URL : https://www.revue-quartmonde.org/9071

Il s’agit d’un entretien avec celle qui a fondé en 1988 l’Association pour le Droit à l’Initiative Économique (ADIE). Cette femme d’origine polonaise, dont la famille a été dispersée durant la Seconde Guerre mondiale a été réfugiée en France à l’âge de onze ans. Elle a pu par la suite poursuivre des études d’économie, travailler pour l’Agence française de développement, rencontrer Muhammad Yunus, le « banquier des pauvres » prix Nobel de la Paix. Elle est aujourd’hui, à 74 ans, reconnue pour avoir réussi à adapter en France dès 1989 le principe du microcrédit et avoir aidé à la création de 75 000 emplois en allouant de petits prêts à des personnes exclues du marché du travail.

Sa vie, son œuvre, sa foi témoignent de la capacité d’entreprendre qui réside en chaque personne, fut-elle en grande précarité, au chômage ou sans formation : « Nous sommes tous des entrepreneurs potentiels ». Et son discours est un plaidoyer pour le travail indépendant, la création d’entreprise et le statut d’auto-entrepreneur. Ceux qui n’ont pas directement accès aux crédits bancaires parce qu’ils manquent de revenu, de patrimoine ou de garantie, peuvent, grâce au microcrédit, créer ou développer une activité économique : leur propre emploi.

Bien sûr, Maria Nowak est une militante. Elle s’insurge contre les forces d’inertie des mentalités qui demeurent prisonnières des seules catégories du « salariat » et de l’« assistance ». Elle dénonce la complexité et l’inadaptation de certains dispositifs législatifs et de certaines réglementations administratives qui entravent les initiatives de ceux qui pourraient devenir des travailleurs indépendants ou qui sont nouvellement arrivés sur le marché du travail. Par exemple, le travailleur indépendant ne peut prétendre au droit individuel à la formation. S’il parvient à obtenir un stage payant à la chambre des métiers, il n’est remboursé que s’il est enregistré au registre des métiers dans les six mois suivant son stage. Or il n’est jamais demandé à un salarié de rembourser un stage s’il ne trouve pas de travail. C’est pourquoi l’ADIE mène de façon permanente des études sur les plans économique et juridique pour dénoncer les inégalités de traitement entre le travail indépendant et le travail salarié.

La forme d’écriture adoptée, celle de l’entretien avec questions et réponses, donne beaucoup de liberté et de simplicité au développement des idées, des expériences, des réflexions de l’auteur. Elle permet aussi, chemin faisant, des incursions aussi bien dans le fonctionnement interne, la stratégie et l’évaluation de l’ADIE que dans l’histoire familiale, professionnelle et sociale de Maria Nowak. Celle-ci apparaît au lecteur comme une femme de conviction et de détermination qui sait aussi bien transmettre ses valeurs que faire valoir ses réalisations.

Daniel Fayard

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