Cécile Péchu, Droit au logement, Genèse et sociologie d’une mobilisation, Thèse à l’Institut d’études politiques, Paris, 2004

Éd. Dalloz, coll. Nouvelle bibliothèque de thèses (Sciences politiques), Paris, 2006, 539 p.

Daniel Fayard

Bibliographical reference

Cécile Péchu, Droit au logement, Genèse et sociologie d’une mobilisation, Thèse. Institut d’études politiques, Paris, 2004, Éd. Dalloz, coll. Nouvelle bibliothèque de thèses (Sciences politiques), Paris, 2006, 539 p.

References

Electronic reference

Daniel Fayard, « Cécile Péchu, Droit au logement, Genèse et sociologie d’une mobilisation, Thèse à l’Institut d’études politiques, Paris, 2004 », Revue Quart Monde [Online], 200 | 2006/4, Online since 01 April 2007, connection on 09 December 2022. URL : https://www.revue-quartmonde.org/9137

La thèse de Cécile Péchu est intéressante par bien des aspects. D’abord bien sûr parce qu’elle est consacrée à l’analyse historique et sociologique d’un mouvement militant contemporain : le Comité des Mal Logés (CML, 1986-1991), puis surtout Droit Au Logement (DAL, de 1990 à 2002). Il est appréhendé dans son contexte et son évolution socio-politique, dans ses relations partenariales, dans son mode de fonctionnement spécifique, dans le déroulement et l’évaluation de ses actions.

Ensuite parce qu’ont été recueillis l’histoire et l’itinéraire d’engagement de plusieurs de ses militants de différentes générations.

Egalement parce que l’auteur s’implique elle-même en relatant son parcours personnel, son empathie avec son sujet et son questionnement au fur et à mesure de l’avancée de sa démarche de recherche.

Un autre apport intéressant est le long chapitre consacré à une étude approfondie du « squat » comme mode d’action, alliant résistance individuelle et contestation collective. Ce mode d’action a évolué au cours du temps (de 1880 à nos jours) et a connu des fortunes diverses : de la répression pour cause d’illégalité à la pression sur les autorités publiques pour obtenir le respect du droit de tous au logement ou au relogement, grâce souvent à sa médiatisation.

Ce type de militantisme s’est développé de façon assez autonome par rapport aux champs d’action plus institutionnels des partis politiques et des organisations syndicales. C’est d’ailleurs la démonstration de cette thèse, qui trouve des illustrations aussi dans d’autres mouvements utilisant l’action directe, comme l’association de chômeurs AC, les collectifs de sans papiers, Act up, ou encore le Comité des Sans Logis (CDSL) et l’association Droits Devant ! ! (DD ! !) créés à l’initiative même de DAL.

Par l’ampleur de son investigation, cet ouvrage peut désormais être considéré comme une référence pour comprendre la nature, les composantes et les enjeux de ce que certains ont appelé un nouveau mouvement social. Il est relativement facile à lire, même si les premières pages constituent une approche plus théorique et méthodologique.

Daniel Fayard

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