Buchu Emecheta, Les enfants sont une bénédiction

Ed. Gaïa, Montfort-en-Chalosse, 1994, 328 p. Traduit de l’anglais par Maurice Pagnoux

Jean Monge

Bibliographical reference

Buchu Emecheta, Les enfants sont une bénédiction, Traduit de l’anglais par Maurice Pagnoux, Ed. Gaïa, Montfort- en-Chalosse, 1994, 328 p.

References

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Jean Monge, « Buchu Emecheta, Les enfants sont une bénédiction », Revue Quart Monde [Online], 177 | 2001/1, Online since 01 July 2001, connection on 28 February 2024. URL : https://www.revue-quartmonde.org/9541

Les enfants sont une bénédiction ! Pas si sûr, aujourd’hui, en Afrique, après la colonisation, la guerre, les « mirages » de la société occidentale...

Au début, en 1934, dans un village du Nigéria, en pays Ibos, Nnu Ego, mariée à 16 ans, n’est toujours pas enceinte après neuf mois. Et ça, c’est une malédiction... Par la suite, Nnu Ego en aura des enfants : 9 dont 7 vivront. Issue d’une famille de chefs, les Agbadi, sa mère, très belle et très fière, lui a légué sa beauté et sa force.

Son mari, Nnaife, lui n’était qu’un blanchisseur, chez les Blancs.

La guerre de 1939 voit les « maîtres » retourner en Angleterre, leur pays d’origine. Nnaife et Nnu Ego eux pensent trouver leur salut à Lagos, la capitale. Seulement dans cette grande ville les Youroubas font la loi. Peu après les Anglais enrôlent de force les hommes dans leur armée. Vers les Indes !

Nnaife, après de longues années, reviendra enfin de guerre avec un peu d’argent. Il enverra son fils aîné, Oschia, à Cambridge !

Pour Nnu Ego la galère continue : une deuxième épouse, plus jeune, lui est imposée. L’argent manque à nouveau et comme depuis toujours la femme africaine doit subvenir à la nourriture de ses enfants, Nnu Egio continuera à aller quérir du bois, bien loin, pour le revendre en ville.

Avec une très belle et simple écriture (en tout cas la traduction est agréable) l’auteur fait vivre de l’intérieur la difficile, horrible parfois, condition des femmes africaines ainsi que le passage, difficile aussi, de la société traditionnelle à la modernité imposée d’aujourd’hui.

Nnu Ego donne une superbe leçon de courage, de force. Aux heures les plus sombres, elle relève la tête, elle garde sa dignité. Elle donne tout à son mari, à ses enfants, avec l’espoir qu’un jour... Mais ceux-ci, partis au loin, aux Amériques, oublient les parents besogneux sauf lors du culte des morts où on étale sa réussite. Jusqu’au bout, Nnu Ego ne pourra compter que sur elle.

Livre superbe, envoûtant. C’est le combat de toujours, de tous les pauvres du monde entier, de toutes les mères.

Jean Monge

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