Hervé DEFALVARD. “La société du commun

Pour une écologie politique et culturelle des territoires. Les Éd. de l’Atelier, 2023, 264 pages

Brigitte Bureau

p. 62-63

Bibliographical reference

Hervé DEFALVARD. La société du commun. Pour une écologie politique et culturelle des territoires. Les Éd. de l’Atelier, 2023, 264 p., 21 €

References

Bibliographical reference

Brigitte Bureau, « Hervé DEFALVARD. “La société du commun” », Revue Quart Monde, 268 | 2023/4, 62-63.

Electronic reference

Brigitte Bureau, « Hervé DEFALVARD. “La société du commun” », Revue Quart Monde [Online], 268 | 2023/4, Online since 01 December 2023, connection on 18 June 2024. URL : https://www.revue-quartmonde.org/11259

Ce livre fait suite au troisième colloque de Cerisy consacré aux « communs » vus sous l’angle des territoires solidaires et de leur horizon translocal.

Il invite le lecteur à se projeter vers une utopie en marche, celle des expériences alternatives à la société et à l’économie néo libérale : atterrir dans les communs (2e partie), faire escale chez l’inspirateur du concept de « commun », Léon Bourgeois (3e partie) avant de décoller vers la société des communs. L’auteur s’appuie aussi sur le terrain des expériences à la fois enthousiasmantes et imparfaites (coopératives, Territoire Zéro Chômeur de Longue Durée de Thiers, logiciels libres, mouvements éco féministes…), afin de repérer leurs manques et dessiner les conditions nécessaires à l’avènement d’une société des communs définie comme un « processus social au cours duquel, à travers des luttes, une communauté émerge pour mettre en commun les ressources afin d’assurer, via des règles et des droits, leur usage durable pour les êtres de son territoire, humains et autres qu’humains, de sorte qu’ils et elles bénéficient de la plus value de vie qui leur convient. »

Il nous invite à réfléchir depuis notre propre comportement (en particulier comme consommateur, mais pas seulement), à considérer « où je vis et de quoi je vis », afin de ne jamais exploiter l’autre, qu’il soit humain ou autre qu’humain (animal, végétal…) puis à porter la réflexion vers nos groupes d’appartenance, les institutions, l’État, tous les échelons étant nécessaires à la cohérence d’une société des communs. Il plaide pour une « intersectionnalité au carré des émancipations », c’est-à-dire toutes les alternatives qui contrecarrent toutes les formes de domination engendrées par le néo libéralisme.

Le livre se termine par un chapitre sur l’art et la culture qui, pourvu qu’ils sortent du système libéral de production et de diffusion, loin d’être accessoires dans la construction de la société des communs, en constituent, selon l’auteur, le socle et le carburant indispensables.

Brigitte Bureau

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