N° 149, 1993/4   •  L'espoir : vivre en humain
Dossier
Résumé
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L'époque est un désenchantement, aux désillusions, diront certains. Dans le même mouvement, les esprits évoluent. Plus personne ne doute de l'ampleur des exclusions. Beaucoup perçoivent la violence de la misère. Un espace s'ouvre où communiquer la réalité de la résistance à l'extrême pauvreté par les plus exclus eux-mêmes.

La Journée mondiale du refus de la misère est au cœur de cette évolution. Pour être reçu, le témoignage de ce refus de la misère suppose une disponibilité, un silence, une volonté.

C'est ainsi que l'ensemble des textes qui suivent prend un sens d'engagement mutuel, passant les frontières.

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Index chronologique

1993/4
Texte intégral

Boutros Boutros-Ghali (New York, siège de l’ONU) : Un fléau inacceptable

La célébration de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, organisée conjointement par l’Organisation des Nations unies et l’association ATD Quart Monde, atteste de la coopération exemplaire qui, au fil des années, s’est mise en place entre les deux institutions.

Plus que jamais, mettre fin à l’extrême pauvreté qui frappe des centaines de millions de femmes, d’hommes et d’enfants de par le monde, est pour nous une impérative mission. Et chacun doit, à son niveau, participer à cette tâche qui interpelle la communauté internationale dans son ensemble.

L’extrême pauvreté est un drame universel. Loin d’être circonscrite à certaines régions du globe, elle met en péril la vie des personnes, dans les sociétés les plus pauvres comme dans les sociétés plus riches. Et la période de désordres et de crises que nous traversons risque encore d’accentuer cette détresse.

C’est donc au devoir de solidarité que nous appelle l’extrême misère dont souffrent tant d’individus.

L’Organisation des Nations unies considère, pour sa part, l’action internationale contre la misère comme un de ses plus impérieux objectifs. Notamment à travers les actions de l’UNICEF, du PNUD, du HCR1, mais aussi du Centre des droits de l’homme, les Nations unies déploient des efforts constants pour mettre un terme à l’extrême pauvreté.

Les organisations non gouvernementales ont, elles aussi, une action décisive à conduire dans ce domaine. Elles sont un relais essentiel pour sensibiliser l’opinion publique mondiale, et elles agissent, sur le terrain, au plus près des populations démunies.

C’est ainsi que je comprends la célébration de la Journée du refus de la misère, et je voudrais à cette occasion rendre hommage au père Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart Monde.

Pour combattre l’extrême pauvreté, il faut agir dans des domaines aussi divers que la lutte contre la discrimination des minorités, la protection des droits de l’homme, l’élimination du travail des enfants, l’enseignement et la formation dans les zones rurales les plus pauvres, la participation des familles du Quart Monde au développement.

En dépit des progrès réalisés depuis quelques années, beaucoup reste à faire.

L’extrême pauvreté et l’exclusion sociale sont des atteintes insupportables à la dignité humaine. La violence dont elles sont porteuses est dévastatrice. Loin d’être une fatalité, l’extrême pauvreté est un fléau inacceptable.

C’est en offrant à tous un meilleur accès à l’éducation, à la santé, à la nourriture, à un habitat décent que l’on pourra prendre véritablement en compte les droits des exclus, que l’on pourra les intégrer à la vie de la communauté.

Seul un mouvement durable de solidarité permettra d’atteindre ces objectifs. Nous devons, pour cela, en appeler aux Etats, aux organismes internationaux, aux organisations non gouvernementales, à chacune et à chacun d’entre vous.

Je voudrais, à New York comme partout dans le monde, que cette Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté soit une main tendue vers les plus démunis, afin de leur donner une raison d’espérer.

Yvette Heidinger (Illkirch-Graffenstaden, France) : Pour les droits de l’homme et la dignité humaine

Pour la deuxième fois en deux ans, des familles vont être expulsées aux abords du canal près duquel nous habitons. Notre municipalité va les chasser, sans trouver aucune solution. Personne des deux communes limitrophes ne veut d’eux. Je garde le souvenir présent de toutes ces caravanes, vieilles et petites. Les gens qui y vivent sont si accueillants : personne ne vous chasse si vous savez simplement dire bonjour. Je pense aussi aux familles habitant dans une autre commune : le terrain est rendu boueux par les pluies successives, et les baraques de chantier mises à leur disposition ne permettent même pas le minimum d’hygiène. Ces familles vivent toujours dans la hantise de retrouver leurs enfants malades et dans la peur de se voir retirer les enfants.

Il y a aussi les hommes et les femmes qui sont dans la rue à mendier quelques pièces de monnaie. Chaque jour, ils sont dehors dans les rues, un peu partout, souvent sales, mais comment faire autrement sans un coin pour se laver les cheveux, prendre soin de son corps. Lorsqu’on doit courir le soir pour être avant 18 heures devant l’asile de nuit ?

Nous aussi, on vit dans la misère, dans un quartier de misère. Cela nous  fait penser au combat quotidien de chaque faille qui est sans travail. Mon mari et moi, nous nous sommes engagés à côté des volontaires et alliés du mouvement ATD Quart Monde dans le combat quotidien contre toutes formes de misère.

Ce 17 octobre – Journée mondiale du refus de la misère – comme tous les autres 17 octobre depuis 1987, nous rappelle ce que le père Joseph Wresinski a dit : que la misère n’est pas fatale.

Il faut mobiliser de plus en plus de personnes pour la lutte contre la misère. L’espoir est que tout change demain et que les maires soient partie prenante du combat contre la misère.

Le père Joseph est parti de la boue du camp des sans-logis à Noisy-le-Grand ; il n’a jamais baissé les bras et il a risqué sa vie pour les plus pauvres. Il s’est battu pour les droits de l’homme, le respect de la dignité humaine mais aussi la dignité de la famille.

Combien de personnes ont peur de l’avenir qui, en fait, ne leur prévoit plus une place dans la société ? Même lorsque des qualifications sont demandées et qu’elles ne permettent plus d’assurer un emploi, on se demande où va ce monde qui est las des promesses non tenues et sceptique quant à l’avenir. Il n’y a pas de recette miracle face à tant de misère. Mobilisons-nous ! Alertons les pouvoirs publics pour qu’à leur tour, ils se mobilisent contre les expulsions des familles les plus pauvres sans relogement. Mobilisons aussi tous ceux qui sont dans la détresse, encourageons-les à nous rejoindre pour qu’ils reprennent confiance dans la vie. Rien que l’amitié, c’est une force pour tous les plus pauvres. L’amitié, c’est un regard qui se tourne vers vous et vous sourit profondément. C’est une bouffée d’oxygène, de volonté à chaque fois renouvelée.

Longue la marche, longue la bataille

- Le 17 octobre -

Les Droits de l’Homme, la dignité.

Pour des milliers de familles complètement démunies,

Sans toit, sans logement,

Pour ces familles, sans ressources

A qui on a retiré les enfants.

Longue la marche, longue la bataille,

Celle de la dignité à laquelle chacun a droit.

Pour un jour, faisons un pas de plus vers plus de justice,

Pour un jour, espérons que nos droits seront reconnus.

Des voix se font entendre,

Celles du Quart Monde.

Pourvu que ces voix ne restent pas sans écho.

C’est important de dire les choses clairement,

Important de participer,

De ne pas être exclus de tout.

Participer pour mieux se connaître,

Participer pour mieux se rencontrer,

Participer pour mieux écouter,

Mieux recevoir les autres.

Participer pour ne pas oublier les plus pauvres.

Participer pour mieux s’aimer.

Hélène Monier (Saint-Maur, France) : Ma responsabilité face à la misère

Quand je suis rentrée de vacances l’année dernière, Monsieur F., père de famille de 38 ans, mis à la rue depuis quatre ans lorsque ses enfants ont été placés et que sa femme l’a quitté, est venu me voir et m’a dit : « »Tu vas être triste. Henri a été trouvé mort un matin par terre. On n’a pas pu savoir où ils l’ont enterré. Il n’a eu personne pour le pleurer. Tu vois, pour moi ce sera pareil si tu n’es pas là. Déjà que partout où je vais, ils ne veulent pas me voir… »

Ce cri de M.F. se sentant inexistant au regard des autres – comme à chaque fois que le Quart Monde m’interpelle – m’incite à remonter aux sources de mes motivations. J’y retrouve le père Joseph Wresinski et les volontaires.

Avant de les rencontrer en 1969, j’avais une manière de penser, de vivre, dictée par l’éducation reçue de mon milieu. Approcher des personnes dans la pauvreté m’occasionnait une souffrance très forte dans laquelle je me débattais sans trouver d’issue. Car, si on m’a appris l’attention aux pauvres, on ne m’a jamais laissé à penser que leur situation découlait d’une injustice. Il y avait un ordre établi, selon une échelle de valeurs que la morale interdisait de remettre en cause, que la religion approuvait, qui faisait que c’était dans l’ordre des choses : il y aurait toujours des pauvres parmi nous.

Le père Joseph a été le premier à m’apprendre l’injustice, à me placer devant ma responsabilité face à elle, dans la mesure où je ne faisais rien pour la détruire. Mais en même temps, il me faisait prendre conscience que, si l’on utilise les dons qui sont en nous pour combattre la misère, elle n’était pas fatale ; on pouvait la faire reculer. Il m’a appris que pour avancer dans ce combat, il fallait également avancer dans de qui est le meilleur de nous-mêmes, ce qui nous grandit en humanité.

Mais je n’y serais pas parvenue sans l’exemple des volontaires. Le père Joseph le savait. Dès le départ, il m’a privilégiée, m’introduisant parmi eux d’emblée, au cœur du Mouvement.

Cette solidarité dans un même combat, ce partage des connaissances, cette réflexion commune, m’ont enfin permis de devenir moi-même et, au fur et à mesure de mon engagement, de prendre conscience combien mon existence pleine et entière dépendait de la possibilité que j’essayais d’offrir au plus exclu d’exister par lui-même, au même titre que moi, et de tenir mon rôle dans la société. C’est ce qui me permit, ce jour-là, d’entrer de plain-pied dans la détresse de M.F., mais aussi d’avancer au jour le jour avec ces familles isolées et ces personnes à la rue, avec ce questionnement sans cesse renouvelé :

Le Quart Monde me libère, mais se libère t-il avec moi ?

L’importance pour moi d’avoir été admise dans le Mouvement, je la vis aussi chaque fois que j’ouvre ma porte à un exclu de la rue. Ce geste me relie à tous les volontaires qui ont accepté de le reproduire en notre nom à tous aux quatre coins du monde, à tous les « alliés » qui le font avec moi. Il prend alors une dimension universelle, le monde est là avec nous, nous ne sommes pas seuls, lui et moi, face à l’injustice, au rejet. Ensemble, c’est sûr, on nous entendra.

Je suis heureuse d’être là avec vous, d’avoir pu vous dire, avec infiniment de respect, avec infiniment de reconnaissance, pourquoi, depuis 24 ans, vous êtes ma deuxième famille, mon second souffle. Alors, merci d’être là.

Rosal Cristobal (Manille, Philippines) : Solidaire des pauvres de par le monde, je témoigne

Je suis Mme Rosal Cristobal, de Hilum, Pandacan, Philippines. J’ai 9 enfants et 8 petits-enfants. Mon mari est mort de tuberculose quand ma plus jeune fille avait seulement 8 ans. Nous habitons dans une maison qui a plus de trous que de murs. Nos ruelles sont toujours inondées.

Comme beaucoup d’autres, mes enfants et mes gendres n’ont pas de travail permanent. C’est ma fille de 18 ans qui gagne la vie. Elle a un contrat de cinq mois. Elle gagne 88 pesos par jour.

Je n’aime pas parler de ma pauvreté. Si je le fais, c’est parce que nous sommes nombreux à être pauvres dans notre quartier, dans le pays et dans le monde.

Nos problèmes sont nombreux et graves, mais notre foi dans la vie est plus forte encore et nous ne perdons pas l’espoir.

Parfois, nous plions sous le poids et la dureté de la pauvreté, mais comme le bambou, nous nous efforçons toujours de nous remettre debout.

Pour moi, ceci est aussi le message de la dalle commémorative : partager l’espoir afin que le voisin qui est tout en bas puisse se relever.

Quand notre jeunesse n’a pas d’instruction, pas de travail sûr, pas de chez soi décent, c’est là que naissent la bagarre et les idées qui mènent sur de mauvais chemins.

C’est de là que nous venons. Nous ne voulons pas que nos enfants vivent les mêmes expériences.

Il faut que cela s’arrête ! Il faut que cela change ! Il nous faut un vrai travail et pas seulement la possibilité de vendre au milieu de la rue, ou de récupérer les ordures, ou encore de jouer pour de l’argent et tenter notre chance à la loterie.

Serrons-nous les coudes !

C’est bien ce que disait le père Joseph Wresinski quand il inaugurait la première dalle en 1987, à Paris :

« Nous ne voulons pas maudire

nous voulons aimer et prier, travailler et nous unir

pour que naisse une terre solidaire, une terre, notre terre,

où tout homme aurait mis le meilleur de lui-même

avant que de mourir. »

Shirley Russi (Genève, Suisse) : Apprendre à cohabiter

La misère , la pauvreté, ce n’est pas uniquement ne pas avoir beaucoup d’argent, ne pas savoir si on a toujours de quoi manger. C’est bien plus que ça, c’est tout un ensemble. Ce que je trouve injuste, c’est que tous les enfants n’aient pas droit à la même chose, qu’on construise des jeux pour les enfants riches et pas pour nos enfants dans les cités. Je ne parle pas que pour mes enfants mais pour tous les enfants.

Je sais qu’il y a des gens plus pauvres que moi, il suffit de regarder la télévision pour le voir. La misère, c’est des gens qui n’ont pas de logement, qui n’ont pas d’hôpital pour se soigner, comme en Afrique, ou pas d’école pour les enfants. L’école ici, c’est comme une course de vitesse où il faut travailler le plus vite possible. A l’école, il faudrait que les instituteurs prennent du temps avec les enfants qui ont le plus de mal pour leur expliquer les choses.

Ce que je voudrais, c’est pouvoir offrir à mes enfants tout ce dont ils ont besoin. Je rêve d’une maison où l’on pourrait vivre tranquille en famille parce que le plus dur, c’est de vivre avec les voisins qui me surveillent tout le temps, qui me font des remarques en permanence. Ils disent que mes chiens les gênent, alors ils veulent que je m’en débarrasse ; mais quand ils disent que mes enfants les gênent, alors est-ce qu’il faut que je les place, comme ça je n’embêterais personne ?

A ma voisine avec qui les relations ne sont pas faciles, je lui ais mis la lettre de Tapori2 dans sa boîte aux lettres...

Cathy Puppin : (Genève, Suisse)

J’ai le souvenir

d’un couloir peu éclairé

derrière la porte entrebâillée

Cindy m’a ouvert,

a appelé sa mère

« C’est la fille de la bibliothèque de rue

C’est pour acheter ton livre »

Derrière elle, une pile d’ouvrages,

sous plastique

en attente de lecteurs…

La silhouette de Madame T. surgit

de la pièce d’à côté. Elle me salue

« Tu as un instant ? J’aime bien ajouter

une dédicace à chaque personne

qui reçoit des poèmes ».

Nous voilà toutes les deux dans le couloir

Elle s’appuie sur la pile des livres,

pour signer celui que j’emporte.

Cette image m’est revenue aujourd’hui.

Avec celle de son  regard ému,

quand Tony jouait le rôle du loup dans l’histoire inventée par les enfants avec les marionnettes, pour faire un bout de voyage dans le bus.

Les yeux qui brillent d’émotions,

en observant son fils qui sourit

jusque dans son regard.

Tony et Cindy ont été retirés

à leur mère, la semaine dernière.

Madame T., où vas-tu puiser tes forces, à présent ?

Alwine de Vos van Steenwijk : Tiendrons-nous la promesse ?

Alwine de Vos van Steenwijk est Présidente du Mouvement international ATD Quart Monde.

Ce texte, traduit de l’anglais, est l'allocution en conclusion de la célébration à l’honneur des victimes de la misère, qui s’est tenue devant le siège de l’ONU, à New York, le lundi 18 octobre 1993.

La plupart des « Journées mondiales » des Nations Unies sont nées de la souffrance humaine. Des hommes, des femmes, des enfants souffrent d’une injustice, d’une privation, d’une crise telles que seul un effort conjugué de tous les peuples des Nations Unies peut y remédier.

Le 17 octobre n’est pas simplement une journée de plus dans cette perspective. C’est le jour où nous refusons que toutes les injustices, toutes les privations, toutes les crises, les violences et les humiliations unissent leurs forces destructives dans ce que nous avons appris à voir comme le cercle vicieux de la grande pauvreté. De cette pauvreté qui retient prisonniers des milliers de personnes, de père en fils, de mère en fille, faisant échouer leurs meilleurs efforts de se libérer.

Toutes les situations de privation doivent retenir notre attention constante. Mais toutes les formes de pauvreté ne sont pas une violation des droits de l’homme. C’est au-delà de certaines limites, au bout d’une trop longue et trop profonde misère, que l’absence de droits et de libertés civiles et politiques va de pair avec les droits économiques, sociaux et culturels.

C’est là que commence vraiment l’exclusion, quand la privation de tous les droits, et donc de tous les moyens de défense, empêche des populations entières de trouver le chemin du retour vers la communauté humaine.

Ce n’est pourtant pas de leur souffrance que nous témoignons aujourd’hui. C’est de leur vie, comme dit le père Joseph, de leur courage, de leur résistance. Qui peut mieux que les plus pauvres nous dire la valeur inaliénable de l’humanité, tout ce dont elle est vraiment capable ? Qui mieux qu’eux, qui sont si clairement condamnés à l’abandon, peut nous démontrer qu’aucun homme ne peut être dépouillé de sa qualité humaine unique.

« C’est de vos vies que je témoigne. »

Ce faisant, le père Joseph ne nous rappelait-il pas que les très pauvres nous  encouragent comme personne ne peut le faire, à continuer à croire en l’homme ? « Personne, disait le père Joseph, ne peut faire confiance aux très pauvres et ne pas faire confiance à ceux qui ont le pouvoir ». Et les très pauvres eux-mêmes, depuis des années, le disent aux volontaires d’ATD Quart Monde, dans tous les continents : « Que voulez-vous qu’on fasse, sinon leur pardonner ? Ils ne savent pas ce qu’ils nous font, ils ne nous voient pas, ils ne se rendent pas compte… »

Quelque part en Amérique centrale, trois garçons vivant au pied d’une montagne fumante le disaient à leur façon, lorsque leur plus jeune frère fut tué et enseveli sous une charge de déchets larguée par un camion d’éboueurs de la ville : « Sûrement, s’ils l’avaient vu, ils lui auraient tendu la main ? »

« S’ils l’avaient vu… »

Ce 17 octobre 1993, avec le Secrétaire général de l’ONU, aux côtés d’Elie Wiesel, qui de manière si convaincante nous montre ce qu’une souffrance infinie peut faire d’un homme, d’un peuple… Côte à côte, pouvons-nous faire et tenir cette promesse que, désormais, les peuples des Nations Unies verront et tendront la main ?

Notes

1 PNUD Programme des Nations unies pour le développement ; HCR Haut commissariat aux réfugiés

2 Tapori est un mouvement mondial d’enfants de tous les milieux qui agissent pour la paix et l’amitié. La « Lettre-Tapori » est leur journal de liaison.

Pour citer cet article Alwine A. de Vos van Steenwijk, Yvette Heidinger, Hélène Monier, Rosal Cristobal, Shirley Russi, Cathy Puppin et Boutros Boutros Ghali, « D’une même voix à travers le monde », Revue Quart Monde, Année 1993, L'espoir : vivre en humain, Dossier, mis à jour le : 07/10/2009,URL : https://www.revue-quartmonde.org:443/3324.