Solidaires pour des jours moins incertains.

Rédaction de la Revue Quart Monde

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Rédaction de la Revue Quart Monde, « Solidaires pour des jours moins incertains.  », Revue Quart Monde [Online], 195 | 2005/3, Online since 01 March 2005, connection on 21 September 2021. URL : https://www.revue-quartmonde.org/561

Canada.L’influence de la mère.

Une enquête effectuée par une chercheuse de l’université du Québec à Chicoutimi révèle que les jeunes issus de familles moins nanties sont souvent guidés par leur maman lorsqu’ils décident de s’inscrire pour des études post-secondaires. “ Dans toutes les entrevues que j’ai menées, la mère avait grandement influencé le parcours scolaire ” indique l’auteure de l’étude. (Journal de Montréal, 14 /05/05, cité par Pauvreté et droits humains, 05/05, revue de presse d’ATD Quart Monde, Montréal)

Canada. Les jeunes envahissent Montréal.

Les rues de Montréal ont été témoins de l’engagement des jeunes du Québec hier lors de la traditionnelle Marche 2/3. Selon les organisateurs de cette marche, la 35ème du genre, quelque 15 000 participants ont marché sur le thème Semer un avenir, ça marche ! Plusieurs étaient munis de banderoles à l’effigie des causes qui leur sont chères telles que la pauvreté, l’environnement, le commerce équitable. (Journal de Montréal, 14/05/05, cité par Pauvreté et droits humains, 05/05, revue de presse d’ATD Quart Monde, Montréal)

France. Epargne solidaire.

L’épargne solidaire gagne du terrain. Cette façon de donner de l’argent à des associations en leur versant les revenus d’un investissement financier a conquis 116 000 Français en 2003, selon le dernier bilan. C’est trois fois plus qu’un an auparavant. Les sommes récoltées atteignent 536 millions d’euros, prés du double de l’année précédente. (Faim Développement magazine, 05/05)

France. Pas de maux virtuels.

“ Le monde virtuel compte autant de problèmes que le monde réel”, reconnaît Pierre Bellanger, le PDG de Skyrock, véritablement architecte de cette cyberplanète pour ados. (...)

L’entreprise a mis en place un triple filtrage. L’ordinateur pointe d’office les pages contenant des mots clés comme nazi, naz, qui sont ensuite relues. L’équipe de surveillance vérifie également le contenu de blogs dénoncés par les internautes. En effet, 100 à 200 messages envoyés par des “cybercops” (des internautes vigilants) parviennent tous les jours à Skyblog. Enfin, les responsables se livrent à un examen méticuleux des photos et vignettes, pour éviter notamment toute image pédophile. Moins de 1% des blogs sont finalement épinglés. Au grand dam des policiers qui prônent un tri plus sévère et soulignent les dangers des sites les plus violents. (Le Figaro, web, 17/05/05)

France. La cité des 4000.

Bâtie par l’OPHLM de Paris dans les années 1960, la cité a grandi sous le signe de la brutalité. Brutalité envers une population à qui l’on offrait seulement un abri. Quatre mille logements, qui donnèrent son nom à ce quartier ainsi réduit à un simple numéro. Les pauvres s’entassèrent dans cet espace, le plus réduit possible. Certains d’entre eux, devenus un peu moins pauvres, ont fui ce microcosme gigantesque (...)

S’enfoncer dans la cité, c’est découvrir des femmes et des hommes, des jeunes et leurs aînés, attachants, blessés de l’image que l’on donne de leur cité, même si parfois eux-mêmes répercutent la mauvaise réputation. Des personnes qui, comme Annie, Omar, Djamal, Mohamed, Abdallah, Désirée, Linda, Milouda, Arfata ou Montgomery, ouvrent facilement leur porte et leur cœur à celles et ceux qui n’entendent pas stigmatiser leur lieu de vie. À chaque rencontre, une histoire émouvante, celle d’une personne qui veut s’en sortir malgré les fins de mois difficiles. La misère continue de sonner comme un coup de poing, en dépit de la rénovation de la cité, dans les années quatre-vingt, qui deviendra en 1984 le bien de l’OPHLM de La Courneuve. La misère jusqu’à la perte d’estime de soi. Avec le recul, cela frôle l’incompréhension. Comment a-t-on pu laisser faire, ne pas voir ce tiers-monde recréé sur place ? Sans délocalisation (... )

Se glisser dans la cité, c’est observer que, face à ce désastre humain, celles et ceux qui ne baissent pas les bras doivent assumer une réalité qui les submerge, les épuise parfois. Parmi eux, des élus municipaux, des militants associatifs ou simplement des habitants. (Le web de l’Humanité, 16/08/05)

Pays-Bas. Rendez-nous nos réfugiés !

Nous sommes à Marum, petite ville assoupie de 1500 habitants de la province de Groningue, dans le nord des Pays-Bas, et Janny vit en face du pré où se dressait il y a encore quelques mois un foyer de demandeurs d’asile. Ce banc elle l’avait installé elle-même devants sa maison pour que les habitants de Marum et les demandeurs d’asile puissent engager la conversation. “ Nous passions des heures avec eux, dit-elle. Les femmes apportaient toujours du thé. Ils me manquent beaucoup. ” Le banc est vide, tout comme le pré.(... ) Il y a un an, le foyer de Marum a fermé, comme beaucoup d’autres aux Pays-Bas, depuis que le gouvernement néerlandais applique fermement sa nouvelle loi très restrictive sur les conditions de l’asile politique. (...) Même si le foyer était à quelques kilomètres à l’extérieur du village, tout Marum se sentait concerné. Les demandeurs d’asile faisaient leurs courses au supermarché. Le club de foot en profitait aussi, de même que le bureau de poste, l’école primaire et même le temple protestant. (... ) Quand le foyer a ouvert, la population était extrêmement méfiante. On craignait que le calme ne soit troublé et que les fermes ne perdent de la valeur. (NRC Handelsblad, cité par Le courrier international, 23-29/06/05).

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