Classe, race, pauvreté aux Etats-Unis

William Julius Wilson

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William Julius Wilson, « Classe, race, pauvreté aux Etats-Unis », Revue Quart Monde [Online], 161 | 1997/1, Online since 01 September 1997, connection on 28 September 2020. URL : https://www.revue-quartmonde.org/673

Aujourd’hui, le public et les hommes politiques aux Etats-Unis prennent des positions dures par rapport aux pauvres : ils proposent de supprimer le Welfare et remettent en cause les lois de discrimination positive. Dans ce contexte, l’auteur dont les propositions politiques sont prises au sérieux, apporte une nouvelle analyse et, fait remarquable, réussit à remettre la grande pauvreté à l’ordre du jour.

Revue Quart Monde : Comment la pauvreté et le travail ont-ils évolué dans les ghettos américains depuis les années cinquante ?

William Julius Wilson : En Amérique, les ghettos des centres-villes ont toujours été pauvres. La différence aujourd’hui par rapport à 1950 est le taux extrêmement élevé du chômage. En 1950 par exemple, la majorité des adultes vivant dans ces vieux quartiers était pauvre mais travaillait. Aujourd’hui, dans les villes, on parle de personnes pauvres et au chômage. J’utilise le terme de « nouvelle pauvreté urbaine » pour désigner les ghettos pauvres dans lesquels une majorité d’adultes n’a pas d’emploi - par adultes, je désigne ceux âgés de plus de seize ans et recensés. Prenons l’exemple des ghettos de Chicago qui connaissent un taux minimum de pauvreté de 40%. En 1990, seuls 37% des adultes vivant dans ces quartiers avaient un travail. Si l’on considère les trois quartiers, Douglas, Grand Boulevard et Washington Park, qui sont le cœur historique de la cité noire à Chicago - les premiers Noirs ayant quitté les exploitations du Sud pour migrer dans le Nord urbanisé s’y sont installés -, en 1950, la grande majorité des adultes y résidant avait un travail. Mais, dans les années quatre-vingt-dix, seuls 40% des adultes vivant à Douglas avaient un emploi. En 1990, un adulte sur trois à Washington Park travaillait régulièrement, et un sur quatre à Grand Boulevard. Si l’on considère les hommes - souvent, lorsque l’on pense au chômage, on pense à la population masculine de ces quartiers -, en 1950, 69% de ceux âgés de plus de quatorze ans vivant dans ces trois quartiers où règne une forte ségrégation, avaient un travail, dans les années soixante, 64% et, dans les années quatre-vingt, seuls 37% des plus âgés de seize ans avaient un emploi. Ce sont des quartiers qui ont donc connu une augmentation notable du chômage et qui aujourd’hui, pour la plupart, ne s’organisent plus autour du travail.

Revue Quart Monde : Comment expliquez-vous cette évolution ?

C’est comme si le racisme, en refusant des possibilités aux Noirs, les avait concentrés dans certains secteurs économiques comme l’industrie, aujourd’hui fortement affectés par les mutations de l’économie dans son ensemble. Les Noirs, représentés de façon disproportionnée dans l’industrie, ont été durement touchés par la « désindustrialisation » et par la restructuration économique. La ville de Chicago a perdu des milliers d’emplois dans le secteur industriel. La plupart de ces changements ont été provoqués par la relocalisation industrielle, le basculement de la production de biens vers la production de services et l’augmentation de l’automatisation.

Les Noirs, évincés de l’industrie, ont dû rechercher des emplois de service de faible niveau où ils étaient en compétition avec le nombre croissant d’immigrés et de femmes entrant sur le marché de l’emploi. Trop souvent, ils étaient perdants car les employeurs, lorsqu’ils avaient un surcroît de travail, ont eu tendance à se tourner en premier vers les immigrés et vers les femmes. Les Noirs, surtout les hommes, n’ont pas aussi bien réussi dans le secteur des services en expansion que les immigrants d’Amérique latine ou les femmes. Leurs chances étaient sérieusement réduites car ils appartiennent au groupe le moins prisé comme le montrent nos enquêtes auprès des employeurs.

Cette combinaison de plusieurs facteurs - le déclin du système de production de masse qui a entraîné la disparition des emplois dans l’industrie, l’importance de plus en plus grande de la formation et de l’éducation (la formation et l’éducation sont aujourd’hui très élevées dans les emplois bien rémunérés du secteur des services), et la relocalisation de l’industrie - a affecté défavorablement les perspectives d’emploi dans les quartiers noirs des villes.

Revue Quart Monde : Vous avez parlé d’évolution dans la définition du ghetto, passant d’un ghetto de races vers un ghetto de classes. Pouvez-vous développer davantage ?

Outre les mutations économiques, il y a un autre facteur important qui a provoqué une augmentation du chômage. Après les années soixante et grâce à la lutte contre la ségrégation raciale, les Noirs des classes moyennes et ouvrière ont pu quitter les ghettos situés au cœur des cités pour la périphérie des villes et ont laissé derrière eux des quartiers à forte proportion de personnes pauvres ou sans emploi. Ces quartiers ont subi un dépeuplement aux conséquences préjudiciables. Ils connaissent aujourd’hui une concentration en masse de pauvreté et de chômage dont les effets sur la vie quotidienne sont majeurs et à ne pas négliger pour comprendre le comportement social des habitants, et notamment des enfants. En effet, quelles seront les conséquences pour ces derniers qui n’ont plus le travail comme repère ?

Revue Quart Monde : La question des plus défavorisés est une constante dans vos recherches, quitte à vous faire prendre des positions courageuses et difficiles. Est-ce là le fait d’un choix délibéré, d’un engagement personnel ? Pourquoi un tel engagement, et en quoi un tel engagement est-il nécessaire pour aborder un sujet tel que la grande pauvreté ?

C’est lié, je crois, à mon milieu. J’ai grandi dans la pauvreté, une pauvreté rurale et non urbaine. Mon père était mineur de charbon puis a travaillé dans les aciéries à Pittsburgh. Il est mort à trente-neuf ans, j’avais alors douze ans. Il a laissé ma mère qui était relativement jeune - elle avait trente-trois ans - avec six enfants. J’étais l’aîné. Nous étions pauvres. Nous survivions. Ma mère partageait son temps entre des ménages à domicile et le jardin où poussaient des légumes. Un temps, nous avons reçu l’aide sociale - appelée aujourd’hui « welfare ». Mais ce fut pour une courte période car ma mère a trouvé du travail. Elle faisait des ménages et cuisinait pour d’autres. Nous avions un verre de lait par semaine et je me souviens, enfant, avoir toujours eu faim. Comme j’ai grandi dans la pauvreté et que je sais la reconnaître, une fois devenu universitaire, j’ai eu un intérêt particulier pour la pauvreté, tout comme j’ai un intérêt particulier pour les questions de race car je suis noir. J’ai étudié les ghettos car il y a là une combinaison des deux questions de la pauvreté et du racisme. Mon intérêt particulier pour ces questions, mon désir d’essayer de les comprendre et de les décrire, au-delà de tout dogmatisme, prennent certainement racine dans mon expérience personnelle. C’est elle qui explique pourquoi tout au long de ma carrière j’ai persisté à m’attaquer à ces questions.

Je me souviens de la polémique en 1978 autour de mon livre The Declining Significance of Race, qui m’a ouvert les yeux. J’ai écrit ce livre pour attirer l’attention sur un sujet qui n’avait encore jamais été vraiment abordé : le fossé grandissant entre riches et pauvres dans la communauté noire. Je sentais que la révolution des droits civiques et les mesures très spécifiques ne correspondaient pas réellement au problème des Noirs pauvres, cette « under class ». Les programmes de mesures antidiscriminatoires en faveur des minorités bénéficiaient en premier lieu aux Noirs qui avaient eu éducation et formation. C’est bien car nous avons besoin de davantage de Noirs formés et diplômés mais ils ne répondaient pas à la situation critique des Noirs pauvres. Selon moi, on faisait trop peu cas du type de programmes nécessaires pour les sauver, comme le plein emploi. Les leaders noirs n’en parlaient pas vraiment.

Mon livre voulait aussi proposer un projet politique plus large que simplement contre le racisme : certaines politiques sont appropriées pour les gens formés et diplômés, d’autres le sont davantage pour les pauvres. Son titre pouvait induire en erreur. Certains ont prétendu : « Wilson dit que le racisme a disparu en Amérique » Je n’ai jamais dit cela ! Par « moindre poids de la race », je voulais dire que la classe sociale était devenue plus importante que la race dans la détermination des chances de chacun dans la vie. Autrefois, les Noirs des classes moyennes ou élevées n’avaient pas l’assurance que leurs enfants vivraient dans l’aisance car la race était le facteur déterminant dans la société. Tout a changé au début des années soixante. Au sein des communautés noires, des ressources économiques ont pu s’accumuler et une structure de classes s’est développée, comme cela s’est toujours fait dans la communauté blanche. Trop peu y ont fait attention. Cela a eu des conséquences sur notre façon d’aborder les problèmes de race entre les différentes parties de la population. Les tensions et les problèmes raciaux ont basculé de l’ordre économique vers l’ordre social et politique. A cause des mutations économiques et à cause des changements politiques, la compétition raciale dans le travail était moindre qu’auparavant. Les Noirs soit occupaient des postes de bas niveau que personne ne désirait réellement, soit étaient dans le secteur économique en pleine expansion. Les travailleurs diplômés et formés avaient des possibilités telles qu’il n’y avait pas non plus de compétition de « races » au niveau le plus élevé. On trouve des tensions raciales dans le domaine social ou politique, comme les ramassages scolaires, les écoles, le contrôle politique des villes, les zones résidentielles.

Revue Quart Monde : Nous avons été frappés par la description que vous donnez du phénomène des centres-villes 1 - certains déménagent, d’autres restent derrière, et ceux qui restent connaissent davantage de difficultés qu’avant...

En effet, si dans un quartier particulier en centre-ville vivent des travailleurs et des représentants des classes moyennes, lors d’une récession économique, certains sont capables de soutenir les institutions du quartier car ils ont des ressources économiques. Le chômage de longue durée qui frappe certains n’a pas d’effets trop dévastateurs. Mais, lorsque ces gens partent, vous perdez ce « tampon social » efficace en période de stagnation ou de récession. Les quartiers souffrent davantage car ils n’ont plus de ressources économiques.

Revue Quart Monde : Dans la dernière partie de When work Disappears, vous faites de grandes propositions politiques. En particulier, vous parlez beaucoup de l’importance des politiques à « large cible » qui seraient politiquement acceptables. Comment concevoir ces politiques - nous ne voulons pas séparer les pauvres et les mettre dans une boîte dans laquelle ils seraient encore plus isolés - afin que les plus pauvres en profitent réellement ?

Une des choses que je demande est que tous les élèves atteignent un certain niveau défini nationalement. Définir un tel niveau permettrait de voir quelles écoles ne parviennent pas à l’atteindre, ce qui aiderait à leur porter une attention particulière et des ressources supplémentaires pour qu’elles y parviennent. Ce serait une politique générale mais qui, de manière évidente, profiterait disproportionnellement aux franges les plus démunies de la société.

Nous voulons remettre l’Amérique au travail et créer un marché de plein emploi. Pour y parvenir, il nous faut créer des emplois dans le secteur public. Qui va essentiellement en bénéficier ? Non pas ceux qui ont un travail dans le secteur privé qui paie davantage mais les Noirs au chômage. Nous ne créons pas des emplois dans le secteur public pour les Noirs car cela ne sera pas politiquement soutenu. Mais nous avons des emplois dans le secteur public pour tout Américain qui a besoin d’un travail et qui ne peut en trouver dans le secteur privé. Nous reconnaissons que notre économie, même si elle semble forte à certaines périodes, peut facilement entrer en récession. Les gens ont besoin de travailler. C’est donc une garantie d’emploi pour tous. Qui sont ceux qui ne trouvent pas dans le secteur privé ? Les pauvres et les Noirs. C’est là encore une politique générale qui profite nécessairement aux plus défavorisés.

Autre exemple : le système d’assurances santé. Jusqu’à présent, des centaines de milliers d’Américains ne sont absolument pas couverts. Ceux qui reçoivent le « welfare » ont une couverture médicale, Medicaid. Arrivés en fin de droits, ils ne bénéficient plus de Medicaid, ils ne reçoivent plus d’allocations pour les enfants, ils sont totalement « sur la touche ». Un programme national de sécurité sociale ne bénéficierait pas à des personnes comme moi car je suis couvert par une assurance et je peux continuer avec ce système privé. La majorité des centaines de milliers d’Américains sans couverture sont issus des minorités ethniques. Alors ils pourraient bénéficier d’un système national de sécurité sociale similaire à celui de France et d’autres pays européens. Pour atteindre un tel résultat, il faut un large soutien politique. Ce soutien ne sera pas obtenu si les gens identifient le système national de sécurité sociale avec une certaine frange de la population.

Voilà à quoi je pense quand je parle de ces programmes pour large public. Mais je reconnais que c’est davantage un idéal. Je ne veux pas être catégorique et dire que nous ne devons pas mener de politiques spécifiques car ces dernières, dans certaines conditions, seront efficaces. Mais, ce n’est vrai que dans des situations de crise qui touchent le grand public américain.

Revue Quart Monde : Nous sommes très frappés par vos études comparant l’Europe et les USA. Comment, selon vous, les pensées américaine et européenne peuvent-elle se renforcer l’une et l’autre ?

Tout d’abord, je crois que les USA peuvent apprendre de l’Europe sur l’importance des droits sociaux. Les gens ici comprendraient alors que chacun a droit à un travail, droit à une éducation correcte, droit à une assistance médicale. On ne le souligne pas assez aux USA. L’accent est davantage mis sur les droits civiques et politiques et pas assez sur les droits sociaux. L’attitude européenne montre aux Américains leur retard dans ce domaine.

L’accent mis par l’Europe sur les politiques générales prouve que ces dernières sont davantage soutenues par le public qu’un grand nombre des nôtres trop spécifiques. En général, les pauvres sont mieux lotis en Europe car ils sont couverts par un vaste filet de protections qui répond aussi à des inquiétudes et des besoins de la classe moyenne. Mais les politiques générales ont aussi leurs limites car elles ne garantissent pas toujours de toucher tout le monde. Par exemple, aux Etats-Unis, si nous nous lançons dans un programme de création d’emplois via des mesures générales - nous voulons donner du travail à quiconque qui en veut - certaines franges de la population sans emploi depuis si longtemps, même si elles le désirent, ne seront pas prêtes. Ces groupes, du fait de leur expérience unique, devront être pris en main par des services spéciaux. Ma collègue, Theda Skocpol2, parle de cibler au sein de la généralité : la politique est générale mais, dans son application, il faut parfois cibler un public particulier afin d’être en accord avec son but universel.

Nous l’avons beaucoup fait aux USA. L’Europe peut apprendre des Etats-Unis à cibler des politiques. Je crois qu’elle ne peut pas perpétuer de façon réaliste son système de protection quasi totale. Par exemple, l’indemnité chômage est telle qu’aujourd’hui, les chômeurs au Danemark n’acceptent pas les emplois peu payés. Pourquoi le feraient-ils ? Même réticence en France de la part de ceux qui reçoivent des indemnités. Le chômage demeure élevé, ce qui n’est pas sain pour le pays.

Les Etats-Unis doivent apprendre de l’Europe pour améliorer sa couverture sociale et je pense que l’Europe doit se tourner vers les Etats-Unis afin de convaincre les gens à accepter des emplois peu payés au lieu de rester sans travail. La France va devoir s’inspirer des exemples américains, mais non les plus extrêmes, et réfléchir aux façons dont on peut convaincre les gens d’occuper ces emplois et diminuer en même temps le chômage. Il ne faut pas aller aussi loin que les Etats-Unis qui refusent aux personnes certaines couvertures sociales de base indispensables pour les maintenir hors de la pauvreté. L’Europe et les Etats-Unis doivent atteindre un palier commun où aucun homme, aucune femme, aucun enfant ne vive dans une pauvreté abjecte. Pour cela, des personnes doivent en Europe accepter les emplois mal payés. Je déteste dire que nous devons inciter les gens à prendre ces emplois peu rémunérés mais c’est mieux que de ne pas travailler.

Revue Quart Monde : Vous avez beaucoup parlé du rôle des citoyens dans votre précédent livre où vous comparez l’Europe et les Etats-Unis3 ? Comment voyez-vous le rôle des citoyens très pauvres et de tous les autres citoyens dans ce domaine ?

De façon idéale, en tant que citoyens, nous devrions tous être concernés par la pauvreté et la souffrance humaine dans la société. Nous ne devrions pas adopter cette attitude égoïste « Je ne suis pas pauvre, alors je ne vais pas m’en soucier » Il devrait y avoir un engagement pour mettre fin à la misère et je crois que les citoyens devraient être fiers de vivre dans une société où tout homme, toute femme, tout enfant, vit dans la décence et le confort. Les gens devraient tous poursuivre ce but commun, être très fiers de participer à cette recherche et de vivre dans une société qui poursuit une telle finalité. C’est à mes yeux une vraie valeur. Il y a beaucoup de débat sur les valeurs, les valeurs familiales par exemple, qu’il faudrait défendre4. Dans ce débat sur les valeurs, il nous faut mettre en avant que la lutte pour que tout homme, toute femme, tout enfant ait une vie décente est une valeur essentielle pour une société.

1 Aux USA, les centres-villes sont pauvres et les banlieues aisées, c’est le contraire de la France. En France, on n’ose pas parler de pauvreté et on

2 Professeur en sociologie et en sciences politiques, Université de Harvard.

3 Professeur Wilson est coéditeur de Pauvreté, inégalité et avenir de la politique sociale : les pays de l’Ouest dans le nouvel ordre mondial.

4 Beaucoup de discours aux USA affirment que si les gens sont pauvres, c’est parce qu’ils ont perdu leurs valeurs familiales.

1 Aux USA, les centres-villes sont pauvres et les banlieues aisées, c’est le contraire de la France. En France, on n’ose pas parler de pauvreté et on dit « banlieue », de même aux USA, lorsqu’on dit « centre-ville », tout le monde comprend qu’on parle de quartiers pauvres.

2 Professeur en sociologie et en sciences politiques, Université de Harvard.

3 Professeur Wilson est coéditeur de Pauvreté, inégalité et avenir de la politique sociale : les pays de l’Ouest dans le nouvel ordre mondial.

4 Beaucoup de discours aux USA affirment que si les gens sont pauvres, c’est parce qu’ils ont perdu leurs valeurs familiales.

William Julius Wilson

William Julius Wilson est professeur (Malcom Wiener) en politique sociale à l’école John F. Kennedy, université d’Harvard. Pendant l’année universitaire 1989-1990, il était titulaire de la chaire d’études de la fondation franco-américaine à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales à Paris. Le professeur Wilson a enseigné à l’université de Chicago (1972-1996) et à l’université du Massachusetts à Amherst (1965-1971). Parmi ses nombreuses publications, citons : When Work Disappears : The World of the New Urban Poor, New York, Alfred A. Knopf, 1996 ; The Truly Disadvantaged : The Inner City, the Underclass, and Public Policy. Chicago, University of Chicago Press, 1987; and The Declining Significance of Race: Blacks and Changing American Institutions, 2nd Edition. Chicago, University of Chicago Press, 1980. Le professeur Wilson est membre du comité consultatif du Mouvement ATD Quart Monde/USA. (Propos recueillis par Bruno et Geneviève Tardieu et Carl Egner)

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