Henning Mankell. Sable mouvant. Fragments de ma vie

Éd. Seuil/Points, février 2017

Pascal Percq

p. 61-62

Bibliographical reference

Henning Mankell. Sable mouvant. Fragments de ma vie, Éd. Seuil/Points, février 2017, 7,80 €

References

Bibliographical reference

Pascal Percq, « Henning Mankell. Sable mouvant. Fragments de ma vie », Revue Quart Monde, 242 | 2017/2, 61-62.

Electronic reference

Pascal Percq, « Henning Mankell. Sable mouvant. Fragments de ma vie », Revue Quart Monde [Online], 242 | 2017/2, Online since 15 December 2017, connection on 19 October 2019. URL : https://www.revue-quartmonde.org/6880

Le dernier ouvrage de l’écrivain suédois Henning Mankell est pour lui une invitation à partager les émotions, les joies, les peurs, qui ont jalonné son existence, riche en rencontres.

L’auteur, dont la célébrité est venue sur le tard notamment quand il crée le personnage du célèbre policier Wallander, est aussi un homme de théâtre et un essayiste, un humaniste guetteur de parcelles d’humanité glanées ici et là au fil de ses voyages entre l’Afrique et l’Europe du Nord.

Au fil de ces pages, son regard est rarement neutre sur ce monde qui l’étonne et parfois - souvent même - l’indigne, dans ce qu’il recèle de violences à l’égard des plus faibles et d’inégalités insupportables.

Ainsi le bourlingueur dresse ce constat à propos de la liberté de choix : « Avoir la possibilité de choisir est un grand privilège. Pour la très grande majorité des habitants de la planète, la vie est fondamentalement une affaire de survie, dans des conditions dramatiques. Au cours des millénaires, très rares sont ceux qui ont pu se consacrer à autre chose que la survie. La moitié au moins de l’humanité, de nos jours, vit encore sans aucune possibilité de choix. »

Il poursuit : « Ceux qui vivent dans les marges extrêmes d’une société n’ont aucun choix. Se coucher dans la rue pour mourir n’est pas un choix. Se laisser mourir de faim n’est pas un choix. Nous avons aujourd’hui tous les moyens nécessaires pour éradiquer la misère absolue et hisser l’ensemble des êtres humains vivants au-dessus du seuil de malnutrition. Nous choisissons de ne pas le faire. C’est un choix que je ne peux considérer autrement que comme un acte criminel. Mais il n’existe pas de tribunal habilité à poursuivre à l’échelle globale, les criminels responsables du fait que la faim et la misère ne sont pas combattues à l’aide de toutes les ressources disponibles. Et qui nous entraînent tous à être complices et à avoir notre part de responsabilité dans ce choix. »

Pascal Percq

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